Pour Artur Cleine, l'été commence plutôt bien: il conduit un cabriolet sport dans le centre de l'Espagne, Pénélope lui glisse une main sous la chemise et, sur la banquette arrière, un attaché-case déborde de billets de banque - oui, l'été commence bien.Seulement cet argent, c'est à César Reyes qu'ils viennent de le voler; et puis c'est aussi à lui que Pénélope est mariée. César Reyes est le patron d'Artur Cleine et, comme tous les patrons, il n'est pas du genre à aimer partager: il va sans doute vouloir reprendre ce qui lui appartient, femme et argent - finalement, pour Artur Cleine, l'été a peut-être bien commencé, mais rien ne dit que ça va durer.D'autant que, maintenant qu'il s'arrête faire le plein de carburant, il devrait avoir à l'esprit qu'il ne faut jamais laisser une femme seule dans une voiture contenant autant d'argent liquide, jamais - en tout cas, pas Pénélope.Décidément, en ce qui le concerne, l'été risque de finir beaucoup moins bien qu'il n'a commencé. Encore qu'il y ait Solange.
Date de parution
27/08/1997
Poids
245g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707316028
Titre
Liquider
Auteur
Laurent Eric
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
245
Date de parution
19970827
Nombre de pages
0,00 €
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Éric Laurent entraîne le lecteur dans les coulisses du pouvoir, à Washington, Pékin, mais aussi Paris, en Arabie Saoudite, et au c ur de Wall Street. Il est l auteur de nombreux best-sellers dont La Guerre des Bush, La Face cachée du 11-Septembre, ou encore La Face cachée du pétrole.
Eric Laurent est psychanalyste, psychologue et docteur de 3e cycle en psychanalyse, membre de l'Ecole de la Cause freudienne (ECF) et ancien président de l'Association mondiale de psychanalyse (AMP). Il enseigne à la Section clinique du département de psychanalyse de Paris VIII et a notamment publié Lost in cognition. Psychanalyse et sciences cognitives (Cécile Defaut, 2008).
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.