Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)
Laurens Sylvain
EHESS
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EAN :9782713227691
Certains savants considèrent que la science s'arrête aux portes des laboratoires. D'autres passent leur temps à promouvoir auprès des citoyens L'"esprit scientifiques, estimant que la science n'est pas seulement une profession mais le pilier d'un espace public reposant sur la vérité. C'est à ces derniers que s'intéresse ce livre, qui cherche à rendre compte des conditions sociales et intellectuelles de l'engagement public des savants en faveur de la science et du rationalisme. En effet, même si les organisations rationalistes décrites dans cet ouvrage dépassent rarement le millier d'adhérents, elles constituent pour les sciences sociales un objet qui permet de poser des questions inversement plus larges que celles que leur taille ou leur relative confidentialité pourraient laisser supposer. Elles donnent à voir comment, et par quels processus, la "vérités ou la"défense de la sciences peuvent être durablement érigées en argument politique et mobilisées dans l'espace public par les amateurs de science ou par les savants eux-mêmes, d'une manière différente de génération en génération, des combats anticléricaux des années 1930 jusqu'aux débats sur le principe de précaution au début du XXIe siècle.
Nombre de pages
244
Date de parution
14/03/2019
Poids
362g
Largeur
140mm
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EAN
9782713227691
Titre
Militer pour la science. Les mouvements rationalistes en France (1930-2005)
Auteur
Laurens Sylvain
Editeur
EHESS
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140
Poids
362
Date de parution
20190314
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De l'indépendance algérienne à l'accession au pouvoir de François Mitterrand, cet ouvrage revient sur une séquence historique fondamentale pour comprendre l'actualité des débats publics autour de l'immigration. Pour ce faire, il propose au lecteur d'adopter le temps d'un livre le point de vue de ces hauts fonctionnaires qui n'ont pas eu nécessairement à " croiser " des travailleurs étrangers pour prescrire un cadre législatif, refuser le financement de logements sociaux, signer des accords de circulation avec des pays d'émigration, ou même couper au montage une émission télévisée sur le racisme pouvant potentiellement " choquer ", selon eux, un public français... Cette enquête s'attache à décrire la contribution de ces " grands commis " mais aussi de ces fonctionnaires plus anonymes à des décisions qui ont marqué tout à la fois l'histoire des politiques d'immigration et l'histoire du militantisme de solidarité en faveur des travailleurs étrangers : circulaires Marcellin-Fontanet de 1972, suspension de l'immigration de 1974, regroupement familial de 1975, lois du retour (Bonnet-Stoléru) de 1977-1979... S'inscrivant dans une perspective socio-historique, cet ouvrage entend ainsi porter au jour comment ce qui se joue dans le champ du pouvoir peut avoir des effets sur ceux qui, à l'autre extrémité de l'échiquier social, se voient assignés à l'arbitraire du droit des étrangers et à des discours potentiellement stigmatisants.
Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l'inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : "En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c'est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c'est ça, la droite c'est ça et les socialistes c'est ça. Tu lis les amendements, tu vois d'où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l'idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire." A partir d'archives inédites et d'observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu'entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne. Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l'administration communautaire les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu'entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés.
Je n'en appelle pas à porter attention aux "frémissements d'en bas" avec une sorte de romance, de nostalgie. Nous avons besoin d'une nouvelle façon de penser les classes, laissant derrière nous cette vision d'une opposition entre des blocs homogènes qui se font face comme des armées. Maintenant que nous n'avons plus les garanties offertes par ces structures immuables proposées par le marxisme, l'étude des sentiments de classe doit être construite empiriquement depuis le bas. Ceci afin de comprendre comment il est possible pour des individus d'affronter de façon imaginative le fait de ne devoir qu'à leur force de travail de ne pas tomber dans une forme de déchéance. C'est à ce prix que l'on comprendra comment ce qui s'apparente à une solution dans un lieu social peut être un problème dans un autre.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.