Le Reste de nos âmes. Poèmes de la maison du silence
Laupin Patrick
RUMEUR LIBRE
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EAN :9782355772955
J'ai beau passer au crible ma défaillance, impossible de décrire sa courbe ou son crâne. Rien ou presque, l'éclat considéré c'est le triste sort des frères mortels du langage. LE CONTENU. Recueil de poèmes. A tout moment, un livre, même écrit avec la plus scrupuleuse honnêteté, peut désormais être tenu pour du vent, nul et non avenu, car le fait de lire et d'écrire est devenu de la petite monnaie. Ce grand balancement de vers réguliers, de Racine à Baudelaire, qui me hante jusqu'au souffle de la lettre, ne pourrait intéresser aujourd'hui, tout au mieux, que des obscurs et des sans grade. Soudain c'est la disparition de ce style altier, racé, souple, aérien, venté, élégant, derrière le mur borné des indifférences. C'est l'éternel enfant perdu dans le brouillard. Pourtant de la poésie il est donné une part loyale à chacun dès sa naissance. Qui l'ignore la renie. Qui l'excède la blasphème. Que devient la conscience de mots ? Etrange sentiment terrifiant que tout ça ne vaut plus rien. Que tout ça ne compte plus.
Nombre de pages
206
Date de parution
15/04/2026
Poids
250g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782355772955
ISBN
2355772959
Auteur
Laupin Patrick
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Date de parution
20260415
Nombre de pages
206,00 €
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J'aurais aimé pourtant encore la rue Paul Sysley et la gare de l'Est les voies de triage désaffectées l'entrepôt à ciel ouvert sous les garages d'arbres le lierre sous la varangue, désastre musical l'odeur de mazout et le cri rauque de la micheline à midi dans le tremblé très seul du lilas mais il est tard tout est détruit les trains ne partent plus le mal d'un siècle divague comme une éternité jetée à quai dans le soir inépuisable qui ne sait plus où poser ses pas
Il devint impossible au petit matin de retrouver la saveur preste et aérienne des pavés luisants lavés à grande eau par l'aurore, les lilas mouillés au long des quais, les vols de pigeons urbi et orbi froissés en papier précieux sur le kiosque à journaux de la place vénitienne, le gris marbré du dôme en miroir sous les colonnades torses de leurs ailes. Les boulevards ouverts pour l'éternité. Le prix du café venait de doubler. On ne s'attablait plus aux terrasses pour écouter et regarder dans la halte et le repos du moment. On consommait.
Pourtant parfois quelque chose demeure dans ce qui tombe / quelque chose reste de ce qui se perdLE CONTENU. 12 Pas (De 1 à 12) suivis de Pour ne pas finir V I ICe quelque chose flottait sur les décombres, toujours se dérobant, quelque chose comme l'indéfinissable beauté au-delà des ruines d'un sacré profane qui comblait fugitivement la réalité. Un au-delà de tout, inexprimable qui tenait aux quatre coins du ciel, de la terre, des hommes absents et du grand ciel vide Cet esprit du lieu comme une buée musicale, un air coloré que je respirais.Je suis resté là longtemps. Assis et comme égaré.
Je vais à la fenêtre, avec un sac plastique, je ne sais plus, ce que je devais y mettre, alors je le tends, au ciel, vide, ou plein, ça dépend des jours".