Voici la première biographie consacrée à Robert Buron (1910-1973) dont la personnalité a marqué la IVe et la Ve République et dont le souvenir est associé à de grandes dates de leur histoire, telles 1954 et !e gouvernement de Mendès France ou 1962 et les accords d'Evian. Cet économiste engagé tôt en politique n'a jamais caché ses convictions, même si celles-ci dérangeaient. Passant progressivement de la démocratie-chrétienne au socialisme, son anticonformisme a pu dérouter, mais son action s'est toujours attachée à la défense de la dignité et de l'épanouissement de l'homme. Un christianisme exigeant ne l'empêcha nullement de distinguer foi et engagement dans la vie de la cité, au service de tous. Européen convaincu, Robert Buron a, également, une vision mondialiste, s'intéressant particulièrement au Tiers-Monde dont il mesure sur place les problèmes. Il s'en fait un ardent défenseur au nom de la solidarité, notamment dans le cadre de ses fonctions à l'O.C.D.E. Par "goût de la vie" cet optimiste impénitent est aussi un réaliste qui mesure les limites de l'action politique classique. Il chercha par de nouvelles voies, notamment avec le mouvement Objectif 72, à ne pas se laisser enfermer par le court terme, se livrant à une réflexion prospective qui dépasse les clivages traditionnels. Marcel Launay, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Nantes, présente le portrait de cet humaniste en politique. Outre les extraits des écrits de Robert Buron, deux témoignages éclairent une personnalité aux multiples facettes. Pierre Pflimlin, ancien Ministre, Président du Conseil en 1958 puis Maire de Strasbourg et Président du Parlement Européen, évoque son collègue et ami du M.R.P., lucide et généreux. Jean Offredo, journaliste, collaborateur de la première heure d'Objectif 72, apporte un éclairage complémentaire sur l'homme de gauche, désintéressé, toujours prêt à se remettre.
Nombre de pages
214
Date de parution
01/04/1993
Poids
270g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012766
Titre
Robert Buron
Auteur
Launay Marcel
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
270
Date de parution
19930401
Nombre de pages
214,00 €
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Le prêtre joue au collège le même rôle qu'au régiment, on le supporte", écrit Emile Zola en 1877. Et dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Ernest Renan rend hommage à ses maîtres du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. C'est que, dans la France des XIXe et XXe siècles, le prêtre-professeur constitue une figure importante pour l'Eglise et la société. Il fait partie des visages familiers du catholicisme de l'époque et marquera plusieurs générations. A travers cette évocation vivante, Marcel Launay décrit ce ministère oublié aujourd'hui, qui sera touché de plein fouet par la déchristianisation. Cette contribution à l'histoire du catholicisme contemporain nous plonge dans un monde disparu et croise la question scolaire, le rapport à la culture et le lien de l'Eglise aux élites et à la société.
L'histoire de l'Europe a été marquée durant tout le XXe siècle par des déchirements et des conflits. Mais, parallèlement, la volonté de paix et d'union n'a jamais totalement disparu chez les intellectuels, les politiques ou les religieux. Le thème de la " maison commune " a été à ce propos exprimé de diverses manières, avec un renouveau particulièrement perceptible depuis la chute du communisme. Dans cette perspective, il apparaît que l'Église catholique, par la voix de ses responsables ou l'action de certains de ses mouvements, s'est toujours intéressée non seulement à la défense de la paix et des droits de l'homme sur le continent, mais a encouragé de diverses façons le retour à l'unité, non sans encourir les critiques ou les incompréhensions. De même, l'appel à la restauration de l'identité chrétienne de l'Europe, non sans ambiguïté, a été au cœur du discours pontifical. C'est cette attitude face aux défis européens tout au long du siècle, jusqu'au synode des évêques de 1991, que cet ouvrage retrace dans ses grandes étapes.
Dans l'aventure des femmes missionnaires au XIXe siècle, la Nantaise Hélène de Chappotin, en religion Mère Marie de la Passion (1839-1904), se distingue par son audace, son originalité et sa liberté. Après avoir envisagé la vie contemplative, elle se retrouve en Inde, à vingt-huit ans, provinciale des S'urs réparatrices. En 1877, elle fonde, après bien des tribulations, un nouvel institut missionnaire. Il se rattache à la grande famille franciscaine et se place immédiatement sous la tutelle du Saint-Siège. Il prend le nom de " Franciscaines missionnaires de Marie ". Hélène de Chappotin voit ses s'urs essaimer au Sri Lanka et en Chine, en Tunisie et au Congo, au Canada et au Chili... Partout les Franciscaines missionnaires de Marie inventent de nouvelles formes d'apostolat, préparent le mouvement de l'inculturation et servent les plus pauvres dans l'esprit de saint François d'Assise. A la mort de Hélène de Chappotin, la congrégation comptait déjà près de trois mille membres sur quatre continents.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.