Micro-crédit et lien social en Tunisie. La solidarité instituée
Laroussi Houda ; Signoles Pierre
KARTHALA
24,99 €
Epuisé
EAN :9782811101978
Le micro-crédit est souvent présenté comme un outil de développement local ou de lutte contre la pauvreté. Cet ouvrage l'aborde dans ses capacités à construire du lien social. A partir d'enquêtes menées dans la banlieue ouest de Tunis, il propose une radioscopie sociologique argumentée, des deux principaux dispositifs existant sur le marché tunisien. L'auteure explore d'abord la diversité des politiques publiques tunisiennes d'appui au micro-crédit et à la micro-entreprise. De multiples acteurs s'y relaient: fonds financiers, offices nationaux, bureau de l'emploi, organismes de formation et d'insertion, programme de développement urbain, banque de solidarité (BTS). Elle montre que cette superposition d'interventions s'inscrit dans les orientations de l'Etat pour le développement local et régional, la territorialisation et la planification urbaine, ainsi que la "gouvernance" du social. Le lecteur découvrira ensuite le micro-crédit solidaire octroyé par l'ONG Enda inter-arabe dans les quartiers défavorisés. Une action de proximité et de développement social local y est menée par l'apprentissage des groupes solidaires et de la gestion participative. Ce pacte social local est bâti, au quotidien, dans l'accompagnement et le suivi des populations engagées dans l'artisanat, les petits métiers et la création d'activités. L'ouvrage insiste sur la complémentarité de ces deux formes de lien social. Il montre que les solidarités construites en dehors de l'Etat l'aident à mener à bien sa politique de l'emploi pour les plus pauvres. Il montre aussi comment les bénéficiaires "jouent" de tactiques, du formel à l'informel, entre les deux programmes financiers proposés par l'Etat et par l'ONG. Il illustre les effets du micro-crédit sur la valorisation des femmes par l'insertion professionnelle, l'émancipation familiale, sociale et politique, et la construction identitaire. Par delà le cas tunisien, l'auteure répond à des questions que se pose tout chercheur, praticien, voire utilisateur de crédit: le micro-crédit réactive-t-il les solidarités? Assure-t-il une réelle transition vers l'emploi? Ses actions atteignent-elles les plus pauvres ou les classes moyennes? Maintient-il la dépendance des nationaux face aux ONG? Lorsqu'il est l'objet des politiques publiques, ne se transforme-t-il pas en une sorte de subvention et d'assistanat, voire de "don" dispensé aux plus démunis par l'Etat protecteur...
Nombre de pages
304
Date de parution
01/04/2009
Poids
520g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811101978
Auteur
Laroussi Houda ; Signoles Pierre
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20090401
Nombre de pages
304,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Cet ouvrage dresse une cartographie des principaux conflits sociaux et locaux qui fracturent aujourd'hui la société tunisienne. Ces conflits traduisent tant la perte de crédibilité due à la défaillance des institutions nationales que la montée en puissance des corporatismes, face à la difficile inclusion des jeunes dans une société civile qui construit de nouveaux repères. Ils traduisent aussi, depuis 2011, les tensions qui touchent aux frontières tunisiennes et aux mouvements de populations. Ils affectent enfin de nombreux départs du pays : de la fuite des compétences aux émigrations illégales. L'auteure, sur la base d'enquêtes de terrain, ébauche des propositions de réponses, de modes alternatifs ou des pistes de sortie de crises.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.