Concernant l'Université, les essais abondent. Faut-il sélectionner, professionnaliser ? Là-dessus, tout est dit. Ce qu'on n'a pas décrit, en revanche, c'est l'expérience étudiante des jeunes Français d'aujourd'hui. Sociologues, Didier Lapeyronnie et Jean-Louis Marie ont parcouru le terrain de long en large, collectant la parole des uns et des autres, dans les instituts prestigieux comme sur les campus de banlieue. Rude voyage. Malgré la diversité des filières et des disciplines, un discours s'impose, obsédant : les étudiants subissent une condition dont le sens leur échappe, au sein d'une Université dont ils n'attendent plus grand-chose, si ce n'est un diplôme utile sur le marché du travail. La "massification" explique en partie le blues des campus. La France s'est toujours refusée à concevoir et promouvoir de véritables universités, les gouvernements s'en sont peu ou prou désintéressés. En dépit d'initiatives courageuses, les facultés n'ont pu faire face à la demande d'éducation supérieure. Et les étudiants les plus démunis sont les premières victimes de la décomposition générale. Ils ne protestent pas en militant, comme naguère. Ils protestent en juxtaposant, vaille que vaille, leur personnalité et leurs études, rêvant de lieux de vie qui seraient aussi des lieux d'éducation et d'instruction. Une enquête-choc. Un tableau sans complaisance mais pas sans espoir.
Nombre de pages
265
Date de parution
08/04/1992
Poids
330g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782020137188
Titre
Campus blues. Les étudiants face à leurs études
ISBN
2020137186
Auteur
Lapeyronnie Didier ; Marie Jean-Louis
Editeur
SEUIL
Largeur
145
Poids
330
Date de parution
19920408
Nombre de pages
265,00 €
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Ni assimilé ni étranger, l'habitant du ghetto vit dans un entre-deux, un espace particulier qui n'est pas totalement hors de la société mais qui n'en fait pas partie non plus. Il a le sentiment que la société dont il partage les valeurs l'empêche d'avancer comme de revenir en arrière. Le ghetto urbain est à la fois une cage et un cocon. Les habitants qui y sont relégués ont élaboré en ses murs un mode de vie particulier, un contre-monde qui les protège collectivement de la société extérieure mais qui constitue un handicap pour chacun. Ensemble, ils travaillent à la fabrication d'un univers auquel individuellement ils tentent d'échapper. Renforcement de la ségrégation urbaine et de la discrimination raciale, accroissement considérable du chômage et de la pauvreté, organisation sociale spécifique aux quartiers ségrégés, rupture de la communication entre les sexes et usage endémique de la violence: le ghetto est bel et bien devenu une réalité française. Didier Lapeyronnie en fait l'indiscutable démonstration.
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