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La tombe du divin plongeur
Lanzmann Claude
FOLIO
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EAN :9782070456772
Extrait LE CURÉ D'URUFFE ET LA RAISON D'ÉGLISE Après avoir assassiné une de ses paroissiennes, enceinte de ses oeuvres et proche d'accoucher, Guy Desnoyers, curé de la paroisse d'Uruffe en Lorraine, l'avait éventrée avant d'énucléer le foetus puis de lui administrer les sacrements. Ce fait divers unique secoua profondément la France de la seconde moitié du XXe siècle. J'ai assisté au procès d'assises du curé d'Uruffe, qui se tint à Nancy en janvier 1958. Quelqu'un cria au fond de la salle. Il y eut d'autres cris, une houle de surprise, des bousculades. Le président Facq ne releva même pas la tête, il continua de lire, à grande allure, les attendus du verdict. Il fallait en finir. Aux quatre questions qui leur étaient posées - le double crime, l'infanticide et la préméditation - les jurés et la Cour avaient répondu «oui» à la majorité. À la majorité également, il y avait lieu de reconnaître à l'accusé des circonstances atténuantes. Justice était faite : on escamota le curé d'Uruffe et les sept jurés lorrains qui venaient de le condamner aux travaux forcés à perpétuité. Les jurés furent rendus à la liberté par une porte dérobée du Palais de Justice. Et le curé avait depuis longtemps regagné sa prison qu'un fourgon cellulaire-piège, défendu ostensiblement par un triple cordon de police, mobilisait encore la foule sur la place du Palais. Cette foule, dans sa majorité, était plus surprise qu'indignée : tombées du ciel aux termes d'une parodie de jugement, les circonstances atténuantes intervenaient à point pour sauver la tête du prêtre, mais comme le deus ex machina de la pièce, elles n'avaient aucun rapport avec ce qui s'était dit dans le prétoire. Ces circonstances qui «atténuaient» le crime de l'abbé Desnoyers - et elles existaient - n'avaient été évoquées par personne, à aucun moment de ce procès pudique : ni par l'accusé, ni par les témoins, ni par l'accusation, ni par la Cour, à peine par la défense - et d'une très curieuse façon, sur laquelle nous reviendrons. C'est qu'il eût fallu accorder au moins que ce crime de prêtre avait un sens, et pour cela l'inscrire dans l'histoire totale d'une vie, se résoudre en définitive à comprendre totalitairement ce prêtre et son crime. Cela s'appelle juger et c'est ce qu'on n'a voulu à aucun prix. Le curé d'Uruffe, en dix heures de débats conduits au pas de charge par un président soucieux avant tout d'éviter que les vraies questions soient posées, n'a pas été jugé : le verdict d'indulgence, dans ces conditions, était scandaleux parce que injuste. Et la mort, aussi bien, eût été injuste. Pourtant, puisqu'on avait fait l'économie du véritable procès, puisqu'on avait décidé de ne pas comprendre, elle apparaissait comme la seule sanction logique. Rien n'excusait ce crime : il restait, après les débats, merveilleusement opaque, mais clair et connu en toutes ses circonstances matérielles. C'est la règle d'or de tous les procès de type répressif : celui de Nancy -jusqu'au verdict exclusivement - fut à cet égard une perfection. Il fallait donc en tirer la conséquence, punir, infliger la mort comme peine. La spectaculaire crise cardiaque de l'avocat général Parisot, qui, trois jours plus tard, dans cette même salle des assises de Meurthe-et-Moselle, refusa de requérir la peine de mort contre le deuxième assassin de la session, n'a pas d'autre sens : ce coeur d'airain supportait sans trembler les aubes blêmes de la guillotine, il n'a pas résisté à un scandale logique, celui d'une justice répressive qui refuse la répression. (...) --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Il n'est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut pas s'expliquer. Nous avons lu, après la guerre, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d'extermination ; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd'hui l'extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n'avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l'affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, dans notre coeur, notre chair. Elle devient la nôtre. Ni fiction ni documentaire, Shoah réussit cette re-création du passé avec une étonnante économie de moyens : des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et, par-delà les mots, d'exprimer l'indicible par des visages. [...]. La construction de Claude Lanzmann n'obéit pas à un ordre chronologique, je dirais - si on peut employer ce mot à propos d'un tel sujet - que c'est une construction poétique.Jamais je n'aurais imaginé une pareille alliance de l'horreur et de la beauté. Certes, l'une ne sert pas à masquer l'autre, il ne s'agit pas d'esthétisme : au contraire, elle la met en lumière avec tant d'invention et de rigueur que nous avons conscience de contempler une grande oeuvre. Un pur chef-d'oeuvre.
Résumé : Le Dernier des injustes, qui a son origine dans le film du même nom, est le plus extraordinaire témoignage sur la genèse de la "solution finale". Il permet de comprendre jour après jour, quelquefois heure par heure, comment les nazis passent en deux ans de l'expulsion impitoyable des juifs d'Autriche, de Tchécoslovaquie et d'Allemagne, à la mort de masse dans les chambres à gaz. Benjamin Murmelstein est le personnage central de ce livre, témoin capital qui assista à tout, avant de devenir Président du Conseil Juif du ghetto de Theresienstadt, créé par Eichmann pour faire croire au monde à la vie heureuse que voulait Hitler pour les juifs qu'il allait assassiner. Rabbin de la communauté juive de Vienne, d'une mémoire et d'une intelligence hors normes, d'une immense culture, d'un caractère d'acier, d'une lucidité et d'une clairvoyance inouïes, jusqu'à deviner et déjouer les mesures atroces projetés par les nazis, Murmelstein dresse un portrait extraordinaire d'Eichmann, qu'il dut fréquenter pendant sept ans : pas du tout l'homme de la "banalité du mal", comme l'a prétendu Hannah Arendt, mais un antisémite d'une cruauté sans frein, voleur et corrompu jusqu'à la moelle. En même temps, Murmelstein se livre à une critique féroce du procès d'Eichmann à Jérusalem, mal préparé, bâclé, où on refusa de le convoquer et de l'entendre. Contraint par la force de coopérer avec les nazis, Murmelstein ne fut en rien un "collaborateur", même si des détenus de Theresienstadt voulurent le faire passer pour tel. Jugé à sa demande par la justice tchèque, il fut acquitté de toutes les calomnies portées contre lui. Avec sa femme et son fils, il s'exila à Rome, sans avoir jamais connu Israël. A sa mort, en 1989, le rabbin de Rome refusa de l'inhumer et de dire pour lui le kaddish, la prière des morts.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Trois destinées. Trois cultures. Trois combats. Trois femmes qui se battent avec volonté, courage et fierté pour acquérir leur place dans la société malgré les discréminations et les traditions. Un premier roman fort sur trois destins liés comme les trois brins d'une tresse...