Peu d'années après la guerre, Maria, une jeune Polonaise, erre dans un Paris écrasé par la chaleur de l'été. Sa famille a été exterminée sous l'occupation allemande en Pologne. Le monde a depuis retrouvé la paix, mais Maria y vit désormais en étrangère dans un lieu peuplé d'ombres où les morts autant sinon plus que les vivants ont droit de cité. Les préoccupations et les valeurs humaines sont devenues incompréhensibles pour Maria. Tout vaut et rien ne vaut. Un vieux monsieur, Michel Carron, rencontre de hasard, s'attache à elle et la décide à le suivre dans le Midi. Mais là-bas son compagnon lui signifie que la tendresse et l'amitié ne sauraient lui suffire. Une lutte sournoise s'engage entre eux ; le désir du vieil homme est exacerbé par les dérobades de Maria. Maria, elle, tentera de ressusciter auprès d'un groupe d'enfants l'intégrité et l'enchantement de sa propre enfance. Le suicide d'une fillette incite Maria à aller, elle aussi, à sa façon " jusqu'au bout ". Elle cède au vieil homme, puis se retranche dans une existence léthargique, dans un dénuement moral où elle espère trouver la paix. Mais l'arrivée soudaine de la femme de son vieil amant rompt de nouveau l'équilibre. Maria doit partir et affronter la réalité du monde, tenter de vivre peut-être, encore seule. Ce livre sobre, fort et tragique, est le second ouvrage d'Anna Langfus dont on n'a pas oublié Le Sel et le Soufre, prix Charles Veillon 1961.
Nombre de pages
244
Date de parution
05/09/1962
Poids
330g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070237210
Titre
Les bagages de sable
Auteur
Langfus Anna
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
330
Date de parution
19620905
Nombre de pages
244,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Peu d'années après la guerre, Maria, une jeune Polonaise, erre dans Paris. Sa famille a été exterminée, et, depuis, les préoccupations humaines lui sont devenues incompréhensibles. Pour elle, tout vaut et rien ne vaut. Elle suit dans le Midi un vieux monsieur, Michel Carron, qui s'est attaché à elle. Mais arrivés là-bas, son ami lui signifie que la tendresse et l'amitié ne sauraient lui suffire. Une lutte sournoise s'engage entre eux. Maria tente de ressusciter l'enchantement de sa propre enfance auprès d'un groupe d'enfants. Le suicide d'une fillette l'incite à aller, elle aussi à sa façon, "jusqu'au bout". elle cède au vieil homme. Mais l'arrivée soudaine de la femme de son amant rompt de nouveau l'équilibre. Maria doit partir et affronter la réalité du monde, tenter de vivre peut-être, encore seule.Prix Goncourt.
Une jeune femme qui n'a jamais connu que le petit monde calme, confortable, fait de douceur de vivre et de tendresse mutuelle, que lui ont aménagé ses parents, puis son mari, se voit soudain jetée dans la réalité de la guerre, en Pologne, sous l'occupation allemande. Cette réalité prend pour elle son aspect le plus monstrueux : celui de la persécution des Juifs. Jusque dans le ghetto de Varsovie, où l'on meurt à tous les coins de rue, elle essaie encore de se retrancher derrière l'amour des siens et de se couper du monde extérieur. Mais la séparation vient, puis la mort. Ses parents meurent, ensuite son mari. Et ce sont les caves de la Gestapo, la prison d'où la tire la débâcle allemande. Elle recherche la mort comme une délivrance, mais se voit condamnée à vivre. Seule. Ce livre décrit subjectivement un destin particulier mêlé à des événements qui ont concerné des millions d'hommes. Il n'est pas dans les intentions de l'auteur d'en tirer une morale ou une philosophie. Au contraire, son héroïne vit égoïstement ses malheurs. Elle ne les projette jamais dans la généralité ; elle les maintient à son propre niveau, lutte, se débat pour sauver ceux qui lui sont chers, pour survivre, pour mourir, sans se poser de questions sur le bien et le mal. Sa dignité vient de la façon instinctive, et comme confidentielle, avec laquelle elle assume certaines valeurs humaines. C'est un livre sans objectivité. Mais c'est aussi un document admirable sur l'homme et, certainement, un grand livre.
En 1945, dans les ruines de Berlin occupé par les troupes russes et polonaises, erre un homme. Si la guerre est finie, elle ne l'est pas pour lui. Avec les jours de paix s'entrouvre devant Michael un vide vertigineux et il se sent incapable de vivre. Sans cesse, son esprit retourne à cette nuit où sa femme et sa fille ont été massacrées par les Allemands tandis qu'il s'enfuyait par la fenêtre. Et le monde s'en est trouvé définitivement obscurci. Soudain, devant ses yeux, sur une place déserte, il croit voir sa fille, Barbara, qui saute à la corde. L'illusion est brève : ce n'est qu'une petite Allemande du même âge et qui lui ressemble vaguement. Mais il obéit à sa première impulsion et enlève la fillette. Puis il se joint à un convoi de réfugiés qui se dirige vers la France. A Paris, Michael ne comprend plus très bien les raisons qui l'ont poussé à s'emparer d'une enfant qu'il hait parce qu'elle est allemande et dont la présence l'irrite. Néanmoins, il la fait passer pour sa fille, lui impose le nom de Barbara et ne cesse de poursuivre à travers elle l'image de la petite morte. L'enfant, terrorisée, oppose une résistance passive. Cependant, une évolution s'amorce dans les rapports établis entre ces deux êtres également solitaires et perdus. À la suite d'un accident, entre l'enfant blessée et l'homme, la tendresse et la confiance viennent supplanter la haine et la peur. Michael commence à croire qu'il pourrait se dégager du passé et prendre une place dans ce monde. Il a trouvé du travail, il songe à se remarier. Mais les ombres au milieu desquelles il a vécu reviennent toujours s'interposer entre lui et cette petite étrangère qu'il s'est mis à aimer. Et, finalement, il ramènera l'enfant en Allemagne. Ce sera son dernier voyage.
Une jeune femme juive, qui n'a jamais connu que le petit monde calme, confortable, que lui ont aménagé ses parents puis son mari, se voit soudain jetée dans la réalité de la guerre, en Pologne, sous l'occupation allemande. Ses parents meurent, ensuite son mari. Et ce sont les caves de la Gestapo. Libérée, elle recherche la mort, mais se voit condamnée à vivre. Seule. Ce livre décrit un destin particulier mêlé à des événements qui ont concerné des millions d'hommes. Il n'est pas dans les intentions de l'auteur d'en tirer une morale ou une philosophie. Mais c'est un document admirable sur l'homme.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.