Lilla et Nena, deux sexagénaires qui ont passé toute leur vie dans le giron maternel, voient leur existence changer le jour où leur singe Tombo, « souvenir sacré » de leur frère mort, est accusé de manger les hosties et boire le vin sacré du couvent voisin. Après une véritable enquête policière, Nena découvre, horrifiée, que son singe est bel et bien le coupable, allant jusqu à compisser dans l autel! Se sentant trahie, elle prononce la sentence: « Il doit mourir ». Elle fait alors appel à Monseigneur Tostini qui la confirme dans sa décision: pour lui aussi Tombo a « souillé le Christ ». Ce qui n est pas l avis du jeune prêtre, Don Alessio, arrivé au cours de la discussion. Pour lui le singe est innocent, du moins « il n est pas coupable », « le péché ce sont les hommes qui l ont inventé ». Le débat s engage alors entre les deux ecclésiastiques sur l indulgence à accorder à l animal, puis dérive très vite vers des thèmes graves, voire existentiels tels que la culpabilité le l homme, la foi ou la liberté. Malgré la défense du jeune prêtre, Tombo sera exécuté avec une épingle à chapeau par ses maîtresses qui, tout en le caressant, devront s y reprendre à plusieurs fois.Cette histoire tragi-comique sert de prétexte à Tommaso Landolfi pour dénoncer l emprise de l Eglise et des valeurs conservatrices que ses représentants ne cessent de défendre. Pour mieux la ridiculiser, et non sans humour, il n hésite pas à déplacer le problème autour de la moralité non pas d un être humain, mais d un singe, faisant de celui-ci le véritable héros de cette histoire. Biographie de l'auteur Tommaso Landolfi (1908-1979) est né à Pico (Latium), où il a passé la plus grande partie de sa vie, dans la demeure familiale. Nourri de littérature romantique, italienne mais aussi allemande et russe, il traduisit Mérimée, Gogol ou encore Pouchkine. Ironiste dévoré d angoisse, tour à tour passionné et glacial, il se définissait lui-même comme « un rat de bibliothèque et un pilier de tripots ». Caustique, brillant, ricanant parfois et tendu comme une corde de violon, mobilisant d autre part les ressources d une immense culture avec laquelle il jouait savamment, Landolfi a bâti une uvre qu André Pieyre de Mandiargues considérait comme « la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque ». Quatre de ses ouvrages sont parus aux éditions Allia: L Epée (1995), Rien va (1995), Des mois (1996), Les Labrènes (1997).
Date de parution
20/03/2009
Poids
106g
Largeur
102mm
Plus d'informations
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EAN
9782844853028
Titre
LES DEUX VIEILLES FILLES
Auteur
LANDOLFI TOMMASO
Editeur
ALLIA
Largeur
102
Poids
106
Date de parution
20090320
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Résumé : Giovancarlo est un bon jeune homme quelque peu hoffmanesque et quelque peu poète qui fait ses études à la ville. Un soir, pendant les vacances qu'il passe dans un petit bourg de montagne, il va rendre visite à son oncle et à ses cousins, et, pendant qu'il est là à bavarder de choses et d'autres avec eux, une belle jeune fille fait soudain son entrée. Tout en elle est séduisant - la pâleur de son visage, ses cheveux splendides, son éblouissante poitrine - et comme notre étudiant suit avec satisfaction la ligne de ses cuisses fuselées et de ses jambes parfaites, voici que, là où il s'attendait à découvrir une fine cheville, un joli pied, il voit... deux sabots fourchus de chèvre. Mais peut-être Giovancarlo a-t-il seulement été le jouet d'une hallucination et Gouroue - ainsi se nomme l'adolescente - n'est-elle pas une véragne, c'est-à-dire une de ces filles de la lune, qui, avec leurs soeurs, se livrent parfois, la nuit, dans la montagne, à d'étranges sabbats. Comment, sans leur faire perdre leur charme magique, résumer les amours de Giovancarlo et de Gouroue ? Le roman de Tommaso Landolfi - est-ce seulement par antiphrase qu'il s'intitule modestement "Scènes de la vie de province" ? - ressuscite les prestiges des meilleurs romantiques et il a sa place à côté d'oeuvres qui attestent la renaissance d'un fantastique à l'image des Achim d'Arnim et des Jean-Paul.
Parmi le grand nombre de "racconti" dont Tommaso Landolfi est l'auteur, ceux qui composent ce volume offrent au lecteur les diverses facettes d'une oeuvre qu'André Pieyre de Mandiargues, qui présente le choix, tient pour "la plus originale et la plus séduisante de la littérature italienne de notre époque". Si on a pu inscrire l'oeuvre de Landolfi dans la catégorie du fantastique, il s'en faut de beaucoup que ses récits s'en tiennent tous aux lois du genre. Ils ont, pour la plupart, une autre dimension. Les Deux Vieilles Filles, par exemple, où l'on voit un singe - "le seul mâle de la maison" - condamné et mis à mort pour s'être introduit, la nuit, dans un couvent et y avoir "dit" la messe, est un récit singulièrement réaliste, même si une sorte d'esprit démoniaque bouleverse le réel. Et des textes comme le Dialogue sur les grands systèmes ou La mélotechnique à la portée de tous, eux, relèvent moins du fantastique proprement dit que de ce que l'on pourrait appeler l'"hypothèse scientifique", chère aussi bien à Borges qu'à Calvino. En revanche, dans les récits plus franchement fantastiques, comme La Mer des Blattes, Cancroregina, ou La femme de Gogol, c'est Landolfi lui-même qui s'avance masqué pour mieux dire sa propre vérité, et qui, ce faisant, se tourmente et se déchire à la manière de Dostoïevski - lequel, sans nul doute, lui a communiqué, comme autrefois à Kafka, ses obsessions extrêmes, et le vertige des abysses intimes...
Ce recueil est formé de trois histoires d'amour. Un condamné à mort, qui a tué une très jeune fille muette, attend son exécution et se demande s'il n'est pas innocent. A la suite d'une partie de strip-poker, la fière Gisa finit par avouer publiquement son amour. Un homme mûr, cassé par son mariage et sa vie médiocre, abandonne sa femme, mais n'arrive même plus à en aimer une autre. Trois histoires marquées par une angoisse sans pitié.
Dans un pays occupé où s'affrontent deux formidables armées étrangères, l'une se retirant lentement devant l'autre, le narrateur mène depuis des mois une vie clandestine, fuyant la mêlée. Doublement traqué, il finit, épuisé, par trouver refuge dans une solitaire demeure dont il doit forcer les portes. Le seul occupant en est un vieillard qui le reçoit pistolet à la main, flanqué de deux molosses, et qui l'hébergera à contrec?ur, sur sa promesse de repartir au plus vite. Les jours passent cependant. Le narrateur s'inscruste. Une curiosité passionnée s'est emparée de lui. Le comportement énigmatique du vieillard, la labyrinthique demeure, un fascinant portrait de femme accroché au mur de la plus grande pièce, des bruits nocturnes qui ne peuvent s'expliquer que par la présence d'une autre personne dans la maison - présence qu'il sent irrésistiblement devoir être féminine -, tout le pousse à tenter de percer un mystère où sa propre vie se trouve désormais engagée. De ce livre, André Pieyre de Mandiargues, signalant sa parenté avec l'admirable Olalla de Stevenson, a pu dire qu'il était «l'un des livres les plus subtilement romantiques qui ait été produit par notre époque».
Race prolifique", les imbéciles, du fait même de leur nombre, assurent la survie de l'espèce. Ils sont aussi source de divertissement et autorisent la plus grande paresse. Leur domination, vu la masse qu'ils représentent, permet l'oisiveté. Car si tous les hommes étaient intelligents, que d'efforts il faudrait déployer. Qui plus est, sans imbécile, pas de génie. En effet, l'imbécile accepte volontiers des tâches, voire des responsabilités, dont l'homme intelligent ne voudrait pour rien au monde. Raison pour laquelle les puissants en sont souvent doté, d'imbécillité. L'imbécile a ceci de dangereux qu'il se mêle de tout et volontiers d'art et de littérature, quand ce n'est pas de politique. C'est que les imbéciles sont partout et prolifèrent. Mais ce peut aussi être un avantage.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".