Un temps de crise grave peut devenir un moment de grande espérance. Nous savons aujourd'hui que la civilisation du logos sous laquelle l'Occident vit depuis près de deux mille ans, dans une dialectique constante entre philosophie et christianisme, arrive à un point à la fois d'accomplissement et d'épuisement. Elle avait d'abord donné sa confiance à des explications englobantes. Celles-ci ont trouvé, dans l'Antiquité, leur forme quasi idéale : le logos avait pris alors un tour mystique et débouchait vers un Au-delà de tout, qui n'a laissé indifférent ni l'islam ni le christianisme. Dans la modernité, il s'était organisé de manière parfaitement immanente (Spinoza) ou soigneusement historique (Hegel, Marx). À présent, il continue son chemin, mais devant l'épuisement des idées et des constructions qui lui donnaient corps et sens, il ne conserve que son armature essentiellement mathématique, dépouillée de toute réalité, sinon celle du nombre ? ce que, dans notre langage actuel, nous appelons le « virtuel ». Nous pouvons recueillir aujourd'hui l'efficacité de ces pensées et pratiques pénétrées de la dynamique du Tout et du Rien. Mais, au point où nous en sommes actuellement, il y a une vraie menace que le Tout bascule vraiment dans le Rien et que nous allions à la catastrophe éthique, humaine, cosmique. Il a manqué sans doute à cette civilisation le respect du Quelque chose : ni tout, ni rien, mais substance, action, relation. Ici Aristote, dans l'Antiquité, et Thomas d'Aquin, au seuil de la modernité, peuvent venir à notre secours et nous aider à retrouver notre épaisseur d'homme, à ne pas fuir le jeu étrange en nous de la matière pénétrée de ce que nous appelons esprit, qui à la fois lui est immanent et la dépasse, à restituer par là un humanisme et une approche non aliénante du divin. Il y a sans doute là un motif d'espérance. Mais ce grand motif d'espérance réside surtout dans le tournant anthropologique contemporain : nous comprenons aujourd'hui que l'homme n'existe pas en réalité sans son frère qui lui parle. À la lumière de cette conversation essentielle, on doit pouvoir définir un humanisme et une politique une perspective s'ouvre aussi pour réinterpréter la religion et particulièrement le christianisme. À l'horizon apparaissent le symbole, la relation, la mort et la résurrection, l'amour.--A deep crisis can also be a time of hope. Today we know that the civilisation of logos, present in the West for almost two thousand years in constant dialectic between philosophy and Christianity, is arriving at a point of accomplishment and exhaustion. At the outset, it put its trust in global explanations. In Antiquity, they found their ideal form: the logos took a turn toward the mystic, a Beyond everything that left neither Christianity nor Islam indifferent. In modernity, it was organised in a perfectly immanent (Spinoza) or carefully historical (Hegel, Marx) manner. Today it moves on, but given the exhaustion of ideas and constructions that gave it body and meaning, all that remains is its essentially mathematical armature, stripped of all reality, except that of the number - which, in today's language, we call ?virtual'. Today we can assemble the efficacy of those thoughts and practices penetrated with the dynamic of All or Nothingness. But from where we are standing now, there is a real threat that the All will tumble into the Nothingness and we will head for an ethical, human and cosmic catastrophe. This civilisation probably lacked respect for Something: not all, not nothing, but substance, action, relation. Here Aristotle in Antiquity, and Thomas Aquinas at the threshold of modernity, can come to our assistance and help us not to flee the strange phenomenon of matter penetrated by what we call spirit, which is both immanent to and beyond it, but to find our substance as men and restore a humanism and a non-alienating approach to the divine. Here undoubtedly lies a pattern of hope. But today, this great pattern resides above all in an anthropological tendency: today we understand that man doesn't exist without his brother, who speaks to him. In the light of this essential conversation, we must succeed in defining a humanism and a policy a prospect opens to reinterpret religion and Christianity in particular. On the horizon, the symbol appears the relation, death and resurrection, love.
Ce livre propose une histoire raisonnée de la théologie catholique et un exposé critique de ses phases successives. Il permet de comprendre les enjeux religieux et culturels de la théologie.
Comme l'indique son titre, ce livre aspire à être un parcours accessible à tout lecteur intéressé à connaître les questions importantes de la théologie d'aujourd'hui et qui souhaiterait réfléchir lui-même sur la fondation d'une espérance et d'un engagement. Ghislain Lafont retrace d'abord un itinéraire à travers les aventures de la formulation de la foi chrétienne, depuis la première annonce de l'Evangile jusqu'à la modernité. Au cours de l'histoire, en effet, le christianisme a croisé les interrogations des hommes et leurs représentations culturelles, et c'est dans cette confrontation qu'il s'est précisé, qu'il a transformé la manière de se dire. La récapitulation ici esquissée débouche alors sur une proposition contemporaine d'expression de la pensée chrétienne. Promenade en théologie aborde les enjeux et les questions du monde d'aujourd'hui: ceux de la liberté humaine confrontée aux désirs les plus profonds de l'humanité et à sa finitude. L'auteur invite à penser notre temps, notre espace et notre vie avec les catégories de la tragédie - où l'amour de communion se livre, au risque de la souffrance et de la mort, pour donner place à l'autre - et du drame - où la mort et la souffrance tournent à l'hécatombe, quand le prix de cette communion est refusé. Finalement, cette pérégrination théologique se veut une ouverture sur l'Espérance Biographie: Ghislain Lafont est moine bénédictin de l'abbaye de la Pierre-qui-Vire. Il y a enseigné la théologie ainsi qu'à Rome, à l'Athénée Saint-Anselme et à l'Université grégorienne. Il a été l'invité de plusieurs facultés de théologie à l'étranger. Il a publié divers livres parmi lesquels Dieu, le Temps et l'Etre (Ed du Cerf, 1986), Histoire théologique de l'Eglise catholique (Ed du Cerf, 1994) ou encore La Sagesse et la Prophétie (Ed du Cerf, 1999)
L'évangile de saint Marc s'adresse à ceux qui, à l'exemple de saint Paul, ont le désir de " Le connaître, Lui, la puissance de sa Résurrection et la communion effective à ses souffrances " (Ph III, 12). Il présente la vie, la parole, les actes et les souffrances de Jésus selon une progression qui dévoile peu à peu les aspects de son visage : un pauvre Galiléen, un prédicateur, guérisseur, exorciste comme on n'en avait jamais vu, le Messie de Dieu capable de donner la vie, le Serviteur souffrant rejeté de tous. Mais le Nom qui sous-tend tous les autres est le nom de Fils, et celui-ci, paradoxalement, apparaît dans toute sa lumière et toute sa gloire au moment où Jésus expire sur la Croix. À ce moment, le Nom est prononcé par un païen, symbole des hommes de tous les temps, tous les espaces, toutes les cultures, à qui il sera donné de le reconnaître : " Vraiment, cet homme était Fils de Dieu " (XV, 38). " Ghislain Lafont
L'évangile selon saint Matthieu n'est pas destiné à nourrir une curiosité. Il invite le lecteur à se laisser séduire par la personne qu'il présente et par les paroles qu'il rapporte. Il voudrait cette séduction si forte qu'elle conduise à tout quitter pour suivre Jésus et trouver auprès de lui le salut et le bonheur. Celui qui, séduit par le Christ, entre dans sa communauté par le Baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, trouve aussi dans l'évangile de saint Matthieu les règles de la vie selon le Royaume, " un joug facile à porter et un fardeau léger ", pour peu qu'il demeure à l'école de Jésus. " Bienheureux celui qui aborde la lecture de saint Matthieu avec l'humble désir de se laisser à nouveau pénétrer par cet enseignement de béatitudes et cet exemple d'humilité et de force. Il goûtera la joie du Royaume et répandra la bonne odeur du Christ. " " Ghislain Lafont.
A la croisée de l'histoire religieuse, de l'innovation technologique et des Humanités numériques, ce volume monumental retrace une aventure intellectuelle et humaine hors du commun : celle d' "Informatique et Bible" à l'abbaye bénédictine de Maredsous, de 1968 à 2018. Dans un format exceptionnel et sur près de 800 pages abondamment documentées, l'ouvrage rassemble témoignages, archives, analyses et textes fondateurs autour d'une expérience pionnière qui marquera durablement l'histoire de l'informatique appliquée aux textes. Bien avant l'essor du numérique contemporain, des moines bénédictins visionnaires développèrent, avec le soutien d'IBM-Belgium et d'un vaste réseau international de chercheurs, des outils novateurs pour l'étude, l'édition et la diffusion des textes bibliques et scientifiques. Des premières concordances bibliques informatisées aux bases de données textuelles multilingues, des cartes perforées au Minitel, voici racontée l'aventure d'une véritable "conversion" de la culture alphabétique vers la culture numérique. Structuré en quatre grandes parties complémentaires - chronique historique, notices encyclopédiques, textes majeurs et inventaire patrimonial - ce livre constitue à la fois une somme documentaire, une mémoire vivante et un outil de référence. Le lecteur y découvre les grandes réalisations qui firent la renommée de Maredsous : la Table Pastorale de la Bible (1974), les premières concordances analytiques françaises, le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible publié simultanément sous forme imprimée et numérique dès 1987, ainsi qu'un demi-siècle de réflexions sur les mutations culturelles engendrées par les technologies de l'information. Notamment porté par le Fr. Robert-Ferdinand Poswick, osb, cet ouvrage s'impose déjà comme une contribution majeure à l'histoire des Humanités numériques européennes. Comme l'écrit Pierre Mounier-Kuhn : "Il aura sa place dans toutes les bibliothèques et bibliographies d'Humanités numériques".
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Un document pour accompagner les adultes au sacrement du baptême. Une proposition d'itinéraire en plusieurs rencontres, qui peut élargie aux recommençants.