
Les fins de l'homme. A partir du travail de Jacques Derrida
Ce colloque, le premier des quatre que le Centre culturel international de Cerisy a consacrés au travail de Jacques Derrida, a réuni d'éminentes personnalités comme Sylviane Agacinski, Mikkel Borch-Jacobsen, Luc Ferry, Rodolphe Gasché, Werner Hamacher, Denis Hollier, Luce Irigaray, Denis Kambouchner, Sarah Kofman, Philippe Lacoue-Labarthe, Roger Laporte, Jean-François Lyotard, Louis Marin, Jean-Luc Nancy, Alain Renaut et Jean-Michel Rey. Il a permis, selon des conférences, des séminaires et des discussions ici largement retranscrites, que soit abordé et souvent approfondi un grand nombre de thèmes autour de la question des "fins de l'homme", lancés ou relancés par le grand philosophe aujourd'hui disparu. Réunissant l'ensemble des travaux de cette décade à laquelle Jacques Derrida a pris une part majeure, notamment avec sa longue et passionnante contribution "D'un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie", ce volume constituera un apport capital pour quiconque souhaite voir éclaircie une pensée qui ne cesse de gagner en retentissement.
| EAN | 9782705687519 |
|---|---|
| Titre | Les fins de l'homme. A partir du travail de Jacques Derrida |
| Auteur | Lacoue-Labarthe Philippe ; Nancy Jean-Luc |
| Editeur | HERMANN |
| Largeur | 152 |
| Poids | 1026 |
| Date de parution | 20130923 |
| Nombre de pages | 695,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Poétique de l'histoire
Lacoue-Labarthe PhilippeCe bref essai est consacré à Rousseau, à la pensée de Rousseau. Il ne s'agit pas d'une énième version d'un chapitre obligé de l'Histoire de la philosophie, mais d'une interrogation - philosophique - sur la possibilité même du concept d'histoire. Trois hypothèses le sous-tendent : 1. La pensée de Rousseau est le lieu, reconnu depuis longtemps (et à juste titre), où s'"invente" la philosophie de l'histoire, telle que, à partir de Kant, son premier grand lecteur, l'Idéalisme allemand - le seul digne, aujourd'hui, d'être reconnu comme notre tradition philosophique - en formalisera la logique et la loi sous le nom et le concept de "dialectique spéculative". Mais cette évidence, à même les textes, n'en est une que si l'on saisit d'où procède cette "invention" : soit de la position nouvelle et de l'entière réélaboration de la question de l'origine (de l'humanité comme telle). A suivre d'aussi près que possible le travail auquel se livre Rousseau, on peut apercevoir que ce qui s'invente là, au titre de l'origine, ce n'est rien de moins qu'une pensée du transcendantal, c'est-à-dire de la négativité : de la condition (limitée, restrictive) de la possibilité elle-même. C'est parce que l'homme n'est rien d'animal ni de naturel qu'il est, par excellence, un être technique, au sens le plus général du terme. 2. Dans les pages du second Discours (ou de l'Essai sur l'origine des langues) où Rousseau tente de décrire l'origine elle-même, c'est-à-dire l'indescriptible, on ne peut qu'être frappé par la récurrence obstinée d'une métaphorique théâtrale : la nature et les animaux formant pour l'homme (à venir) déjà un "spectacle" ; l'"homme", dépourvu de toute qualité naturelle (instinct) et de toute propriété, est capable précisément pour cette raison de se les approprier toutes, de les simuler et de les assimiler : de les imiter en effet (ce qui est, venue lointainement de Platon, la définition même du comédien, tel qu'il apparaîtra au coeur de la polémique entre Rousseau et le Diderot du Paradoxe) ; les deux seules facultés ou potentialités que Rousseau reconnaisse à l'"homme" sont la pitié et l'amour de soi (la forme native de la crainte), toutes deux fondées sur l'identification : le pouvoir de se mettre à la place de l'autre, soit les deux affects que, depuis Aristote, on s'accorde à désigner comme les affects tragiques par excellence, ceux que la tragédie a pour fonction de purifier ou de purger. Rousseau penserait donc l'origine comme une sorte de Scène primitive, et la survenue de l'homme comme l'effet d'une katharsis ; et permettrait, du même coup, de repenser, sur une base proprement socio-politique, la théorie aristotélicienne de la tragédie. 3. Si l'on se rapporte, de là, aux textes que Rousseau a consacrés à la poétique du théâtre (la Lettre à d'Alembert sur les spectacles, en particulier), malgré l'apparence toute platonicienne de la condamnation, la doublant en quelque sorte ou la tramant secrètement, on voit se réorganiser, dans la discussion d'Aristote ou de son interprétation par les Poétiques issues de la Renaissance italienne, une théorie radicalement nouvelle de la tragédie attique, pensée comme indemne du "théâtre" au sens moderne, et de la Grèce en général - l'invention d'une "autre Grèce" que celle transmise par l'hellénisme tardif et Rome -, indispensable à la compréhension de ce que Rousseau rêve comme la future Fête civique, "relève" ou "purification" de la Scène. Rousseau, autrement dit, n'invente pas seulement ladite "philosophie de l'histoire" et l'onto-techno-logique qui la soutient jusqu'à présent - disons : le transcendantalisme dialectique. Cette invention elle-même est surdéterminée par une refonte de la problématique de la théâtralité et de la (re)présentation en général. Ce n'est pas un hasard si, dans sa réhabilitation émerveillée - et "spectaculaire" - de la tragédie attique, qui n'était pas encore "du théâtre", Rousseau, qui pourtant préférait Sparte, opère le premier renversement du platonisme et lègue à sa postérité philosophique - de Schelling à Benjamin, au moins, et, malgré lui, à Heidegger, qui ne voudra rien en savoir (avec les conséquences que l'on sait) - ce qui est plus qu'un nouvel "objet philosophique", mais le modèle du philosopher en effet : le fait énigmatique du théâtre tragique. Comme quoi c'est toujours une Poétique qui soutient notre manière de faire de la philosophie.ÉPUISÉVOIR PRODUIT27,00 € -

Heidegger. La politique du poème
Lacoue-Labarthe PhilippeLorsqu'il prend quelque distance vis-à-vis de "la politique", c'est-à-dire lorsqu'il démissionne avec éclat du Rectorat où il avait été élu à la faveur de la révolution national-socialiste (Fribourg, 1934), Heidegger reprend son enseignement; et consacre son premier cours, pour la première fois dans sa carrière, à l'interprétation de Hôlderlin: d'une oeuvre de poésie, donc. Le geste, ostentatoire, répond explicitement et délibérément, il le dit, à l'exigence du "Politique, au sens le plus haut du terme". Les poèmes qu'il choisit de commenter sont au reste, sans le moindre hasard, les Hymnes de Hôlderlin, "La Germanie" et "Le Rhin". Ce qui ne laisse aucun doute sur sa préoccupation fondamentalement "nationale". L'orientation stratégique de cet enseignement, que confirmera dans les années suivantes la longue "explication" avec Nietzsche, est parfaitement nette: contre le nietzschéisme brutal et dévoyé qui sous-tend l'idéologie nazie, Heidegger entend mettre au jour ce qu'il appelle "la vérité et la grandeur interne du Mouvement". Il s'agit tout à la fois de vérifier et de rectifier le national-socialisme, non de le contester dans ce qui le justifie au départ. En somme, le discours de Heidegger se veut radicalement révolutionnaire. Il est tout entier dirigé contre une révolution en train de s'affaisser ou de sombrer dans la confusion. Sous cet angle, Hôlderlin - et Hôlderlin seul - est la Figure authentique et le véritable "Guide" du peuple allemand en souci de son existence comme peuple. Dans son Poème, c'est-à-dire aussi bien dans sa Pensée, pour peu qu'on s'applique à l'écouter et à s'acquitter d'une injuste dette à son égard (le silence et l'oubli où on l'a maintenu durant plus d'un siècle, après qu'on l'ait contraint au "refuge" de la folie), il y va secrètement du destin "historial" de l'Allemagne, voire de l'Occident tout entier. À la lecture attentive, à l'interprétation la plus rigoureuse de déceler un tel enjeu. Cette exégèse de Hölderlin, Heidegger la reprendra à maintes reprises dans les dix années suivantes: nouveaux cours, conférences, essais. (Sa célébrité en France est d'ailleurs due pour une part à la traduction, dès 1938, de son essai: "Hôlderlin et l'essence de la poésie".) Et il ne cessera d'y revenir après la guerre, on peut dire: jusqu'à sa mort, moyennant il est vrai un infléchissement très net, une atténuation de la virulence politique initiale au profit d'une prédication d'allure apparemment plus "religieuse" (un mot qu'au demeurant Heidegger a toujours récusé) ou "messianique", portant l'accent sur l'espoir d'une nouvelle expérience du sacré ou sur l'attente d'un dieu à venir. Mais, pour autant, la surdétermination politique de cette "prédication" ne disparaîtra pas: seul le motif purement "national" passera au second plan. Hôlderlin restera toujours le poète de la poésie pour être d'abord le poète des Allemands (puis des Occidentaux), au même titre, mais plus secrètement, plus profondément, plus difficilement, qu'Homère fut l'"instituteur de la Grèce". On tente, dans les essais rassemblés ici, de décrypter cette poétique éminemment politique, - et, en général, occultée comme telle. On découvre, au fil de la lecture, et grâce à une confrontation précise avec l'interprétation de Benjamin, que ce que cherche à déceler Heidegger au titre de l'essence de la poésie ou de la "poésie pensante", du rapport entre Poésie et Pensée, ce n'est pas autre chose en vérité qu'une "nouvelle mythologie" (une mythologie pour le temps à venir), c'est-à-dire une configuration "spirituelle" capable d'ouvrir la possibilité d'un sacré, sans quoi nulle existence proprement "historiale" n'est possible. Là où Benjamin, que Heidegger ne pouvait pas avoir lu initialement (et dont il ne fit pas grand cas lors de la publication, en 1955, des écrits posthumes), montrait comment c'est la "démythologisation" et la déconstruction du modèle antique qui avaient été pour Hôlderlin la condition de possibilité d'une poésie absolument inédite, Heidegger suit pour ainsi dire le trajo inverse: c'est le rapport - un certain rapport - de Hôlderlin aux Grecs qui retient d'abord sont attention, pour autant qu'il recèle une pensée de l'Histoire à venir; et, dans le Poème, c'est bien ce qu'il faut se résigner à nommer le Mythème qui fait l'objet de son obstination herméneutique ou de ce qu'on peut considérer comme son exégèse forcenée. Hôlderlin, en somme, n'est que le prétexte de l'élaboration philosophico mythologique, c'est-à-dire aussi "politique", de Heidegger lui-même. Dans ce volume, on s'arrête au bord de la question "religieuse", ainsi réouverte sous l'autorité de la préoccupation politique. Il y faudra, prochainement, une autre analyse.ÉPUISÉVOIR PRODUIT29,00 €
Du même éditeur
-

Que deviennent les histoires d'amour ?
Droit Roger-Pol ; Atlan Monique ; Masquelier FrédéL'amour se raconte, s'éprouve, se rêve, s'étiole. Il fait hurler de joie ou de douleur, pousse à agir ou foudroie, transporte ou désespère. Mais peut-il être l'objet d'un savoir ? Ne pourrait-il être approché que par des récits, et non des concepts, par la littérature et la poésie, et non par la philosophie ? Ce qui est sûr, c'est que l'amour fait des histoires... que les philosophes ont longtemps négligées, n'y voyant que les marques de l'émotivité, de la passion, de la déraison. Pourtant, ces histoires sont riches d'enseignements. Comment naissent, vivent et meurent les histoires d'amour ? Du roman au cinéma, les récits d'aujourd'hui sont-ils comparables à ceux de jadis ? Aime-t-on de la même manière qu'autrefois, alors que semblent s'installer la peur de l'engagement et la défiance envers le sentiment amoureux ? Les philosophes et experts ici rassemblés nous invitent à envisager le lien amoureux comme une transformation sans cesse en devenir, tissu sans fin d'histoires humaines. Avec les textes de : Boris Cyrulnik, Vincent Delecroix, Frédérique Ildefonse, Sophie Galabru, Olivia Gazalé, Christian Godin, Francis WolffEN STOCKCOMMANDER15,05 € -

Dans l'atelier de Virginia Woolf
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer DanielCet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.EN STOCKCOMMANDER22,10 € -

Rome brûle. Néron et l'incendie qui a mis fin à une dynastie
Barrett Anthony A.L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses L'image de l'empereur Néron, jouant de la lyre au moment où Rome brûlait à ses pieds, a été immortalisée par le cinéma hollywoodien et a durablement imprégné l'imaginaire collectif. Or, beaucoup de ce que l'on croit savoir sur cette grande catastrophe historique est faux. Rome brûle relate comment l'incendie de 64 a détruit une bonne partie de la ville et plongé sa population dans la panique. L'ouvrage décrit également comment le feu a détruit l'image dorée de l'empereur Néron, et provoqué une crise financière qui a durablement influé sur l'économie romaine. Ce livre recenseen outre les récentes découvertes archéologiques qui permettent de mieux comprendre cet événement, et sa postérité dans la littérature, l'opéra ou le cinéma. S'appuyant sur une riche documentation, à la fois littéraire et archéologique, le professeur Anthony Barrett montre comment le grand incendie de Rome provoqua la chute de Néron et la fin de la dynastie julio-claudienne, et fut un point de bascule dans l'histoire romaine.EN STOCKCOMMANDER25,10 € -

Parlons-nous chien ou pensent-ils humains ? La communication entre hommes et chiens décryptée par le
Giraud Anne-LiseIl ne leur manque que la parole, entend-on souvent dire à propos des chiens. En effet, pourquoi après 35 000 ans de cohabitation, d'amitié, de services rendus, ne nous parlent-ils toujours pas ? Comment la parole est-elle venue à l'homme, et qu'en comprennent nos compagnons les chiens ? Qu'échangeons-nous vraiment avec eux ? Pourquoi leur parlons-nous sur un ton stupide ? Quelles limitations les empêchent de nous répondre ou tout simplement de nous dire ce qu'ils pensent de nous ? A ces questions, parfois naïves, les neurosciences - humaines et animales - fournissent des éléments sérieux de réponse. Et une expérience inédite vient bousculer notre conviction que seul l'humain peut utiliser le langage pour communiquer, et interroger le sens même de l'existence. Alors ? Pensent-ils humains ?EN STOCKCOMMANDER15,05 €
De la même catégorie
-

La confiance en soi. Une philosophie
Pépin CharlesCultivez les bons liensEntraînez-vousÉcoutez-vousÉmerveillez-vousDécidezMettez la main à la pâtePassez à l'acteAdmirezRestez fidèle à votre désirFaites confiance au mystèreEn puisant dans les textes des philosophes et des sages, dans les travaux des psychanalystes et des psychologues, mais aussi dans l'expérience de grands sportifs, d'artistes ou d'anonymes, ce livre éclaire le mystère de la confiance en soi. Et nous montre le chemin pour avoir davantage confiance en nous.EN STOCKCOMMANDER8,10 € -

Vivre avec son passé
Pépin CharlesRésumé : Comment faire de notre passé une force d'avenir ? Enfance, éducation, souvenirs heureux ou traumatiques : notre passé ne passe pas. Il est toujours présent. Il nous appartient alors d'établir une relation apaisée et féconde avec notre mémoire. Celle-ci n'est pas, comme on le pense souvent, un stock de données. Les neurosciences nous apprennent, au contraire, que la mémoire est dynamique, mouvante. Nos souvenirs ne sont pas figés, ils s'apparentent à une partition à interpréter. Notre rapport au passé doit être repensé. En convoquant sciences cognitives, nouvelles thérapies, sagesses antiques et classiques de la philosophie, de la littérature ou du cinéma, Charles Pépin nous montre que nous pouvons entretenir un rapport libre, créatif, avec notre héritage. Notre bonheur dépend de notre capacité à bien vivre avec notre passé. Cet essai lumineux nous donne les clés pour y parvenir.EN STOCKCOMMANDER9,90 € -

Une semaine de philosophie. Les bases de la philo en 7 jours
Pépin CharlesPenser, c'est exister au plus haut niveau d'existence possible". C'est dans cette élévation de la pensée que nous entraîne Charles Pépin. Ce petit livre introductif s'adresse aux lycéens, à leurs parents, mais aussi à tous ceux qui s'interrogent sur le sens de leur vie. A travers sept sujets de dissertation, l'auteur nous propose une découverte de la philosophie en sept jours. Un programme savoureux et une réflexion originale portée par des exemples tirés de l'actualité. Une invitation à s'engager et à penser par soi-même pendant un peu plus d'une semaine...EN STOCKCOMMANDER5,90 €



