Vive la malbouffe, à bas le bio !

Labbé Christophe ; Porquet Jean-Luc ; Recasens Oli
HOEBEKE
16,00 €
Épuisé
EAN : 9782842304669

Qu'il est énervant, ce discours convenu contre la malbouffe, selon lequel nos assiettes seraient envahies d'aliments trafiqués, bas de gamme et mauvais pour la santé! Ainsi, les industriels de l'agro-alimentaire achèteraient 70% des produits frais issus de notre agriculture dans le seul but de les transformer en mauvaise bouffe uniquement destinée à s'attaquer à nos papilles, à nos artères et à notre porte-monnaie? Nous, le peuple dont le monde entier envie la haute gastronomie? Qui peut croire pareilles sornettes!Tirons brièvement les leçons du scandale des lasagnes au cheval, qui a marqué le début de l'année 2013. On s'en souvient peut-être: la fameuse viande de cheval qui est allée farcir les lasagnes n'y a pas atterri toute seule. La société française Comigel, qui les a fabriquées dans son usine du Luxembourg, a commencé par passer commande à la maison Spanghero. Laquelle s'est adressée à un trader chypriote, qui a recouru aux services d'un trader néerlandais, lequel a passé un ordre d'achat de viande en Roumanie. Issue de deux abattoirs roumains, la bidoche, un mélange désossé et congelé de muscles et de tissus graisseux, joliment appelée «minerai», fut ensuite acheminée à Castelnaudary, siège de Spanghero, puis réexpédiée au Luxembourg, où Comigel, champion français du plat surgelé, l'a hachée menu et en a fourré des montagnes de lasagnes. Lesquelles furent ensuite exportées dans l'Europe entière, déboulant dans les rayons des hypermarchés sous des tas de marques et d'emballages différents. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, surtout quand faire compliqué rapporte beaucoup d'argent?Car, au fond, ce qu'a révélé cette affaire de lasagnes farcies au canasson, c'est que F agroalimentaire n'obéit plus qu'à une seule logique: dégager le maximum de profits, de manière que les fonds d'investissement, qui ont pris le contrôle de notre assiette, puissent se gaver. À force de serrer les coûts pour satisfaire les financiers, grâce à des circuits complexes dans lesquels des tas d'intermédiaires se sucrent au passage, ceux qui se trouvent en bout de chaîne sont quasiment obligés de tricher pour survivre. L'une des grandes règles du jeu consiste donc à s'affranchir des règles. Les lasagnes au cheval n'ont-elles pas prouvé que malgré les différentes agences européennes et nationales de veille sur les aliments, malgré les escouades de douaniers, d'enquêteurs sanitaires, de contrôleurs vétérinaires et d'inspecteurs des fraudes, malgré les normes et les étiquettes, une tromperie d'une simplicité enfantine était possible, et durable, et ce à l'échelle d'un continent? N'ont-elles pas montré que les grands discours sur la traçabilité et la transparence n'étaient qu'enfumage?La malbouffe ne résulte donc pas d'une quelconque malveillance dont serait coupable notre industrie agroalimentaire, mais d'un simple calcul: elle coûte bien moins cher à concocter que la bonne bouffe! Au lieu de la maudire, applaudissons-la: elle nous vient de ce souci de compétitivité et d'ingéniosité financière qui fait la fierté de nos sociétés avancées.Et grâce à la crise, l'avenir lui appartient sans conteste: comme nos porte-monnaie sont de plus en plus vides, les industriels vont nous proposer des produits les moins chers possible, et donc serrer les coûts le plus possible. Attendons-nous donc à d'autres affaires aussi distrayantes que celle des lasagnes truquées... Et à une exploration systématique de toutes les niches de rentabilité, comme le bio, que les industriels de la bouffe ont longtemps méprisé, mais dont ils sont en train de s'apercevoir qu'il peut rapporter gros: ils ont donc déjà commencé à mettre la main sur une partie de la filière, et à lui imposer leurs lois. Et au fond, il faudrait être mauvais joueur pour s'en plaindre. Car la malbouffe met de la fantaisie, du suspense et de la gaité dans nos vies: désormais, comme dit l'autre, à table on ne se dit plus «bon appétit» mais «bonne chance». Ce qui est quand même plus rigolo...

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Nombre de pages 190
Date de parution 12/04/2013
Poids 383g
Largeur 147mm
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EAN 9782842304669
Titre Vive la malbouffe, à bas le bio !
Auteur Labbé Christophe ; Porquet Jean-Luc ; Recasens Oli
Editeur HOEBEKE
Largeur 147
Poids 383
Date de parution 20130412
Nombre de pages 190,00 €

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