La mort de Pierre Bérégovoy. Vingt ans de questions sans réponses
Labarrière Dominique
TABLE RONDE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782710370307
Il arrive que le temps qui passe apporte des réponses aux questions, éclaire les zones d'ombre. En va-t-il ainsi pour la fin de Pierre Bérégovoy, découvert mortellement blessé par balle, on s'en souvient, le 1er mai 1993, sur la berge d'un canal aux portes de Nevers? Les années ont-elles apporté des réponses satisfaisantes aux interrogations troublantes qui, dès l'origine, pesaient sur ce drame?Poser les vraies questions, exposer les contradictions, explorer les approximations, voilà ce qui fonde, aujourd'hui comme hier, la légitimité - et donc la nécessité - de ce travail d'analyse. Une démocratie se voulant exemplaire ne saurait faire l'économie de la vérité sur de telles affaires, ni se complaire dans les certitudes fabriquées.Il ne s'agit pas ici d'élucubrer, de brandir le spectre de quelque complot ourdi par des forces aussi obscures qu'improbables. Il s'agit au contraire, en une démarche certes de moindre ambition mais sans doute de plus grande rigueur, de «mettre en examen» les éléments concrets de l'affaire.Le dossier, rien que le dossier, telle est la matière du présent essai.Au fil des années écoulées, des éléments nouveaux ont émergé. Le carnet a fait une réapparition surprenante; l'existence et le contenu de certaines lettres de Pierre Bérégovoy ont été révélés; des témoins et acteurs de cet événement sont sortis de leur silence; une approche différente de la problématique de l'arme s'est profilée; des déclarations, des écrits de personnalités, des articles, des émissions de télévision et de radio, des ouvrages ont vu le jour.Ces apports successifs à la connaissance des faits ont rendu indispensable de remettre, selon la formule consacrée, l'ouvrage sur le métier. Une autre raison est que le souvenir de ce 1er mai 1993 reste très présent dans les mémoires. Certains événements, portant en eux une puissance tragique qui dépasse de beaucoup le commun des drames, s'inscrivent durablement dans les esprits, et peut-être aussi dans les coeurs. Tel est le cas pour la mort de Pierre Bérégovoy, non seulement en raison de la part d'ombre qu'elle recèle, mais parce qu'elle a saisi de stupeur les populations du fait de sa brutalité et de la violence du sentiment d'injustice qu'elle a suscité. Au-delà des sensibilités politiques des uns et des autres, chacun s'est persuadé sans peine que, s'il était un acteur parmi le microcosme politique de l'époque qui ne méritait pas de payer un aussi lourd tribut, c'était bien celui-là, le petit homme de Nevers, parvenu à force de volonté aux plus hautes fonctions de l'État, épargné par la fange des scandales à répétition d'une fin de règne.Nombre de personnes ont été littéralement sidérées en apprenant le drame. Beaucoup d'entre elles se rappellent avec une précision étonnante ce qu'elles faisaient et où elles se trouvaient lorsque la nouvelle est tombée. Elles en parlent encore aujourd'hui. Souvent avec émotion. Toujours avec scepticisme. Plus encore, il ne nous est jamais arrivé, en vingt ans, d'entendre quiconque - de gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs - évoquer Pierre Bérégovoy et sa mémoire autrement que sous le sceau du respect. Ne serait-ce que pour cette belle raison, chercher à comprendre nous est un devoir.
Qui n'a jamais entendu parler des Templiers, cet ordre militaire et religieux, tellement novateur dans la société médiévale ? Nous pourrions considérer que tout a déjà été dit, et pourtant... Malgré la qualité des recherches effectuées par les historiens, beaucoup de zones d'ombre demeurent autour de sa création et de son histoire. Une chose est certaine, la dimension politique est bel et bien présente d'emblée, facilitant grandement la reconnaissance officielle de l'ordre. Officialisation assortie de privilèges considérables qui devaient rapidement provoquer les plus vives jalousies et les plus violentes critiques. En peu de temps, l'ordre est devenu puissant. Très puissant. Riche. Très riche. Mais tant de puissance et de richesses devaient à terme se retourner contre l'ordre même. Au terme d'une procédure de plusieurs années, chef d'oeuvre de rouerie et de cynisme, en 1312, lors du concile de Vienne, le pape décrète la suppression de l'ordre. Deux années plus tard, en 1314, son dernier grand maître, Jacques de Molay, périt sur le bûcher à Paris sur ordre du roi de France. De cela, Maurice Druon a tiré une fresque passionnante, incroyablement romanesque, une fiction pleine d'invention Mais qu'en est-il de la réalité?
Le mari, la femme, la maîtresse: trio classique du Boulevard. Mais ici le vaudeville est étrangement vénéneux. Contre sa déréliction, l'épouse légitime a très tôt rendu les armes et elle a laissé grandir une liane carnivore qui grignote patiemment sa conscience. Quand le mari découvrira que la femme cotoyée pendant dix ans et abandonnée par ennui nourrissait un imaginaire si fertile qu'il a rompu ses amarres, il lui reviendra dans un étonnant geste d'amour. Construit sur une progression douce mais inexorable, le roman de Dominique Labarrière est la description inquiétante et glacée d'un naufrage mental.
L'un a façonné la carte du monde, le second réinventé la ville, le troisième réhabilité notre patrimoine architectural ? tous ont révolutionné les codes de leur temps. Ils ont en commun d'être français et d'avoir conduit leur oeuvre à la même époque, entre 1830 et 1880. En quelques décennies, ils ont bâti, transformé, aménagé plus que cela n'avait été fait au cours des deux ou trois siècles précédents. Ces hommes, ces aventuriers au sens le plus noble du terme, s'illustrent à un moment singulier de notre histoire. Ils sont les personnalités exceptionnelles autant qu'emblématiques d'une société marquée par une foi en l'avenir, une vitalité, un dynamisme comme la France en a rarement connu. En ce sens aussi, leurs parcours, si atypiques et passionnants, relèvent bel et bien de l'épopée.
Nouvelle édition en 20164e de couverture : «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par c?ur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Jean Anouilh.Notes Biographiques : Grand dramaturge, Jean Anouilh est né à Bordeaux en 1910 et mort à Lausanne en 1987. Issu d'un milieu très modeste, fils d'un tailleur et d'une violoniste, il se passionne très tôt pour le théâtre. Un soir de 1928, émerveillé par la représentation de "Siegfried" de Jean Giraudoux, il décide de se consacrer à l'écriture théâtrale. Il devient le secrétaire de Louis Jouvet qui dirige la Comédie des Champs-Elysées et interrrompt ses études de droit. Son ?uvre est très abondante (quarante-cinq pièces dont une trentaine ont été montées et interprétées par les plus grands comédiens), passant du romantisme à un réalisme inquiétant ou mythique, du pessimisme à la fantaisie. Citons "Le voyageur sans bagage", "Leocadia", "L'Hermine", "Antigone", "Colombe", "L'alouette", "Ornifle", "L'invitation au château", "Le bal des voleurs".
Résumé : "Adjugé, vendu ! " C'est en ces termesqu'Alice, la fille du colonel Herbert Browne-Lacey, songe à son avenir le jour où Leslie Mount lui passe la bague au doigt. Si cet engagement précipité a le mérite de l'éloigner de l'autorité paternelle, Alice comprend, trop tard, que l'homme qui partagera désormais sa vie n'est pas si différent de son père. C'est seulement une fois Alice partie que May, sa belle-mère, commence à prendre au sérieux les mises en garde de ses propres enfants, Oliver et Elizabeth, contre le colonel qu'elle a épousé en secondes noces et avec qui elle se retrouve désormais en tête à tête dans un austère manoir en rase campagne. Car Elizabeth, malgré ses remords à l'idée d'abandonner sa mère, a elle aussi mis les voiles, pour suivre son frère qui mène une vie de bohème dans le Swinging London. Après des débuts mal assurés en tant que cuisinière à domicile, elle rencontre le grand amour. Voyages luxueux et villas en bord de mer, cette idylle a tout du rêve... A ce portrait mordant d'une famille anglaise des années soixante, Elizabeth Jane Howard confère une tension palpable et explore, à travers le destin de ces trois femmes, le caractère incertain des relations amoureuses.
Résumé : Dans la maison qu'il a lui-même construite au coeur du Dorset, aux côtés de Wessex, son chien fidèle, et de Florence Dudgale, sa secrétaire et épouse en secondes noces, Thomas Hardy entre dans l'hiver de sa vie. A quatre-vingt-quatre ans, l'auteur de Jude l'Obscur pense en avoir fini avec la passion quand une adaptation de Tess d'Urberville est montée au village. La jeune Gertrude Bugler, qui tient le rôle-titre, le charme et le fascine par son talent et sa fraîcheur. Sous le regard amer de son épouse qui souffre de la pesante atmosphère d'une maison isolée et encerclée d'arbres, Hardy vit son ultime amour. Christopher Nicholson esquisse un portrait tantôt mélancolique, tantôt désopilant, mais toujours saisissant, d'un couple vieillissant, et met en lumière les interactions entre la vie et l'oeuvre de l'un des plus grands auteurs britanniques.
Lorsque George Allenby se retrouve chargé de la création d'un lac sur le domaine d'un imposant manoir irlandais, il a la ferme intention d'en venir à bout aussi vite que possible puis de retourner à Belfast. Officier durant la Grande Guerre, Allenby se débat encore avec ses souvenirs des tranchées, hanté par tout ce qu'il aurait pu faire différemment. Près d'un siècle plus tard, Alex et Ellie préparent leur mariage sans regarder à la dépense. La cérémonie se tiendra dans un pavillon tout juste rénové, offrant une vue sur le lac aménagé après-guerre. Comme Allenby avant lui, Alex est hanté par les décisions qu'il a prises dans le passé. A l'approche du mariage, il se trouve à un tournant : dire la vérité libérerait sa conscience, mais pourrait aussi lui faire perdre tout ce à quoi il tient, à commencer par Ellie. Dans cet émouvant récit d'amour et de trahison, David Park révèle toutes les brèches par lesquelles le passé s'infiltre dans le présent, tantôt destructeur et redoutable, tantôt porteur d'espoir et de beauté fragile.
Tout commence par un mail d'alerte, en février 2022, quelques mois avant le drame qui coûtera la vie à une fillette dans une crèche privée à Lyon. Deux ans et demi d'investigations, 200 témoins, des lanceurs d'alerte qui risquent leur vie professionnelle, des documents explosifs démontrant l'enfer du décor. Ce récit saisissant révèle les secrets de People&Baby, le "premier gestionnaire indépendant français de crèches". Un groupe qui pèserait 1 milliard d'euros. Mais un ogre peut en cacher bien d'autres : un secteur qui fait bloc, des mairies complices, le sommet de l'Etat impliqué...
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.