Un événement politique majeur vient de se produire en Europe : la victoire de la coalition de la gauche radicale Syriza, aux élections législatives du 25 janvier 2015, en Grèce. Il s'agit d'une première contre-attaque politique contre l'Europe de la finance et du néolibéralisme. Le peuple grec, en votant massivement pour Syriza et d'autres partis également opposés aux politiques antidémocratiques et d'austérité imposés par la Troïka et l'Union européenne, a ouvert des possibles réels en vue d'une rupture de gauche, radicale et internationaliste, en Europe. Après cinq ans de "thérapie de choc" austéritaire en Grèce, le gouvernement conduit par Alexis Tsipras cherche à mettre en oeuvre un programme de lutte contre la pauvreté, la fraude fiscale et la corruption, pour la justice sociale, la défense de l'environnement, le droit des travailleurs et des migrants, suscitant un soutien massif du peuple grec et un soutien international d'une ampleur inégalée ces dernières décennies. Face à ce mouvement démocratique et anti-austéritaire, l'Union européenne et la Troïka (BCE, FMI, Commission européenne) font front commun. Il s'agit d'empêcher la remise en cause de la cage d'acier de l'austérité et la mise en oeuvre du programme de rupture choisi par le peuple grec mais aussi d'éviter à tout prix qu'en Espagne et en Irlande demain, en Allemagne et en France peut-être après-demain, des forces sociales et politiques alternatives au néolibéralisme - et au fascisme - ne changent la donne en Europe. Ce livre d'entretiens avec Stathis Kouvelakis - membre du Comité central de Syriza, philosophe, analyste et acteur des récentes évolutions politiques de la gauche en Grèce et en France - donne les clés pour comprendre cette aventure politique qui constitue déjà une référence majeure pour toutes les gauches et qui fera date dans l'histoire de l'Europe. Il est composé de trois entretiens successifs : en janvier 2015, juste avant les élections et la victoire de Syriza ; en février 2015, après un mois d'exercice du pouvoir et au moment du premier bras de fer entre la Grèce et l'Union européenne ; en juin 2015, lors des réunions préalables à une échéance décisive au coeur de cette confrontation. Il raconte et explique, en détail et de manière vivante, la situation sociale et politique en Grèce ; l'histoire, la composition et l'ascension de Syriza ; son programme et les raisons de son succès ; les premières mesures et les batailles du gouvernement mais aussi ses difficultés et ses faiblesses ; les enjeux de la négociation et de la confrontation avec la BCE, l'Eurogroup et l'Union européenne. Cet ouvrage éclaire également les nouvelles questions et les enseignements stratégiques de cette situation inédite pour la France et pour l'avenir de l'Europe. "Il n'y a pas d'alternative" ? Autour des enjeux de la dette publique grecque et européenne, des "réformes structurelles" pour dépasser la crise de 2008, du renouvellement des pratiques politiques de la gauche radicale, se joue une confrontation politique de cruciale importance : l'avenir de l'Europe sera-t-il toujours celui du néolibéralisme et de l'accroissement des inégalités, à nouveau celui de l'extrême-droite et de la haine ou bien enfin celui d'une politique de gauche renouvelée, capable de répondre de manière juste et radicale aux défis du temps présent ...
Qu'en est-il, aujourd'hui, de la Théorie critique ? Cet ouvrage propose une plongée dans les séquences cruciales de sa formation, en retraçant la trajectoire intellectuelle de trois de ses représentants majeurs : Max Horkheimer, Jürgen Habermas et Axel Honneth. Née en tant que réponse à une défaite de portée historique, celle de la gauche face au nazisme, la Théorie critique s'est disloquée de l'intérieur. Horkheimer, confronté à l'isolement de l'exil et au délitement des fronts antifascistes, rompt avec le matérialisme historique et se réoriente vers une philosophie négative de l'histoire. Si le passage aux générations suivantes de l'"Ecole de Francfort" permet un renouvellement, il correspond aussi à une adaptation de la critique à l'ordre existant. Chez Habermas, la critique vise à élargir un espace public régi par les règles de la raison, en faisant fi des contradictions des rapports sociaux ; avec Honneth, la critique devient une thérapeutique du social ayant pour objectif de réparer un monde que l'on a renoncé à transformer. Ainsi, d'une génération à l'autre, la Théorie critique a tourné le dos à l'analyse du potentiel régressif inhérent à la modernité capitaliste. C'est avec ce projet initial que le présent nous oblige à renouer.
La victoire de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2007 signifie-t-elle la fin de la résistance de la société française aux politiques néolibérales ? Pourquoi les luttes sociales qui, durant deux décennies, ont remis en cause la contre-réforme libérale, et déstabilisé le système politique, n'ont-elles pas connu d'autre issue ? Cet ouvrage met en lumière les ressorts profonds de cette évolution, en plaçant au centre de l'analyse l'expérience de la mobilisation populaire, et ses effets sur les bouleversements des rapports sociaux et politiques. La crise que traverse actuellement la France est en réalité le signe d'une effervescence sociale qui n'a pas trouvé d'expression politique. En en dressant un tableau d'ensemble, cet essai aborde sous un angle neuf la question des perspectives de la gauche antilibérale. . . Stathis Kouvelakis enseigne la philosophie politique au King's College de l'université de Londres. Membre de la rédaction de Contretemps, il est notamment l'auteur de Philosophie et révolution, De Kant à Marx (PUF, 2003).
Kouvélakis Stathis ; Jameson Fredric ; Budgen Seba
Comment, par quels chemins Karl Marx, jeune philosophe et publiciste allemand émigré à Paris au début des années 1840, est-il devenu le célèbre penseur de la révolution communiste ? Il faut se garder, explique Kouvélakis, d'y voir un point d'aboutissement miraculeusement inscrit à l'avance dans l'histoire. L'émergence de la pensée de Marx a lieu dans un moment intellectuel et politique particulier, celui du Vormärz, nom que donnent les Allemands à la période qui s'écoule entre les révolutions de 1830 et de 1848 - où l'influence dominante est celle des jeunes hégéliens dont Marx et Engels font partie avant de les combattre. Le point fort du livre est de montrer que la révolution théorique initiée par Marx s'enracine dans l'idée de "réalisation de la philosophie" qui hante la pensée allemande depuis qu'avec Kant et Hegel elle se mesure à l'événement fondateur de la Révolution française. Elle prend son essor dans un chassé-croisé qui voit le cheminement de Marx rencontrer celui de figures intellectuelles majeures du Vormärz : Heinrich Heine, Moses Hess et Ludwig Feuerbach. Pour comprendre Marx on ne peut pas se limiter à une exégèse infinie de ses textes : l'événement Marx survient dans une conjoncture - celle de l'imminence d'une vague de bouleversements sociaux et politiques - qui lui restitue sa double dimension de nécessité interne et de contingence sans en diminuer l'immense portée. C'est aussi en cela qu'il reste profondément actuel.
Depuis 15 ans, les livres de Bernard Friot (vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires) jouent un rôle moteur pour remettre le communisme à l'ordre du jour. Pourtant, nombreux sont les lecteurs à éprouver des difficultés pour entrer dans son système, tant les renversements qu'il suggère sont révolutionnaires : il manquait jusqu'alors un manuel pour introduire à sa pensée. Voyage illustré dans le communisme de Friot, ce livre éclaire, dans un propos pédagogique et documenté, ses principes théoriques, ses institutions et ses perspectives pour poursuivre les déjà-là communistes. Il passe en revue les principales objections qui lui sont faites et offre des pistes pour approfondir ces débats.
Alors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif de chercheur.es syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c'est possible et analyse les manières dont s'y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l'autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l'émancipation et de la défense du vivant.
Le care ou le souci des autres est une zone de conflits, de tiraillements et de dominations. Celle, notamment, du travail salarié des professionnels du soin et de l'assistance, constitué essentiellement d'un salariat féminin subalterne, surexploité et stigmatisé par son "manque de qualification", et parfois sa couleur de peau ; celle, aussi, du travail domestique toujours inégalement distribué. Or on ne pourra jamais évacuer complètement le "sale boulot", il est urgent de penser une transformation politique du travail et de la société en plaçant le care au centre de la réflexion sur le travail. Cet ouvrage défend une position singulière, sensible et forte, au sein des débats contemporains autour du care et propose de changer de regard sur le travail, sur le soin et sur la société. C'est cette position que, d'entrée de jeu, la préface de cette nouvelle édition renforce en répondant et en désarmant avec brio les polémiques sur le care, polémiques parfois induites par la précédente édition, publiée en 2013. Ce qui conduit l'auteure à mettre la focale sur ce qu'est vraiment la "perspective du care" et à montrer l'inédit de cette posture théorique.
Packer George ; Dobenesque Etienne ; Busnel Franço
Tammy Thomas est en colère : la fermeture des usines, le chômage de masse, le déclin de sa ville natale? La jeune femme n'en veut plus. Pourtant, elle y croit : Jay-Z et Oprah Winfrey y sont bien arrivés, non ? Sauf qu'avec 7,30 dollars de l'heure, pour une mère de famille, il n'est pas question de rêver, mais de survivre. George Packer donne la parole à Tammy et à tant d'autres grands perdants du rêve américain. Il nous fait entendre les voix silencieuses d'une Amérique en crise. Né en 1960, George Packer est un journaliste, écrivain et dramaturge américain. L'Amérique défaite a reçu le National Book Award en 2013. « Le grand roman américain de ces trois dernières décennies. Sauf que tout est vrai. » Le Point « Tout le génie du magnifique livre de George Packer consiste à raconter la ruine d'un pays et de ses idéaux à hauteur d'homme. » Le Monde Préface inédite de François Busnel Traduit de l'anglais (États-Unis) par Étienne Dobenesque
La révolution est une chanson d'amour qui nous invite à danser sur les ruines de l'Ancien Monde. " Alors que des milliers de personnes se noient en Méditerranée, cherchant à atteindre l'Europe pour y trouver refuge, une femme capitaine décide de prendre la mer avec son équipage. Elle refuse d'accepter que l'Union européenne ait décidé de laisser les gens mourir en toute connaissance de cause. Mais quand leurs opérations de sauvetage sont sabotées, elle comprend qu'elle va devoir se battre pour sa liberté et affronter un pouvoir politique qui est prêt à trahir ses valeurs. Son seul espoir : la rébellion. Un roman engagé pour éveiller les consciences.
La collection " Araborama ", créée par l'Institut du monde arabe et le Seuil, rassemble journalistes, intellectuels, écrivains, artistes et illustrateurs pour explorer ses réalités présentes, sa pluralité et son histoire. "D'où vient que le mot "arabe" sonne désuet ou étrangement déplacé ? Peut-on (encore) dire de quelqu'un qu'il est un Arabe ? Comme catégorisation d'un peuple, ce mot a été chargé d'antonymes, d'usages essentialistes et, bien sûr, racistes. Arabe, c'est un terme qui en français ne voyage pas seul. Vous me direz : Aucun mot ne voyage seul. Pourtant, si on pense aux expressions françaises qui contiennent le mot "arabe", à ses évocations littéraires, à ses résonances dans l'actualité, il devient difficile d'user de ce terme innocemment, de se l'approprier. Quant au monde arabe, notre conscience - bienvenue - de la complexité des espaces et de leurs histoires différenciées nous enjoint à le mettre au pluriel. Aujourd'hui, il y a des mondes arabes, que l'on peut séparer et caractériser, et que parfois tout sépare. Mais le monde arabe, au singulier, ne serait plus qu'une fiction que l'on laisserait à quelques nostalgiques. Nous avons souhaité explorer ici l'ensemble de ses transformations, de ses identifications changeantes, sous différents angles et au travers d'écritures et de formes variées. Le tableau qui en résulte est foisonnant et coloré. Il n'offre pas de réponses définitives, seulement des jalons pour la suite". Extraits de l'introduction de Leyla Dakhli.