Idéologie : le mot a beaucoup servi. Forgé en 1796 par Destutt de Tracy, philosophe français, il a traversé les frontières - académiques, nationales - et connu des fortunes diverses. C'est cependant à travers la marque que lui a donnée la tradition marxiste qu'il fut le plus utilisé au XXe siècle. En revenant sur ses aventures philosophiques et sociologiques, de Destutt à Althusser en passant par Durkheim, Adorno, Arendt et d'autres, ce livre permet de comprendre la complexité et la subtilité du concept. Ni pure illusion, ni moteur de l'histoire, l'idéologie accompagne toute pratique et toute connaissance du réel. Ainsi, « la mort des idéologies » ne serait-elle pas elle-même une idéologie, la pire des idéologies ? Enfin, Jérôme Alexandre Nielsberg et Arnaud Spire, tous deux philosophes et journalistes, montrent que, si l'idéologie libérale sert bien au maintien du capitalisme, informant nos rapports sociaux, notre économie, nos normes juridiques, jusqu'à nos loisirs, elle est ainsi aussi un « état réel » du monde.
Guerres et luttes: ces deux mots qualifient le quotidien de millions de femmes et d'hommes en ce début de XXIè siècle. Mais peut-on définir plus précisément ces conflits et ces luttes? Quelles sont leurs conditions économiques, sociales et militaires? Présentent-ils une cohérence structurelle ou systémique? Quelle est la place mais aussi la fonction d'États-nations tels les États-Unis ou les pays d'Europe? Ce travail collectif s'appuie sur une grille théorique commune, le matérialisme marxien. Il montre "qu'il est encore et toujours possible de réfléchir le monde, quelle que soit la complexification des données dont nous disposons à ce sujet.". S'inspirant de l'actualité des débats, cette réflexion collective souhaite contribuer ainsi à l'élaboration d'actions concrètes. Les textes sont regroupés en trois parties: Globalisation militaire (N. Chomsky, G. Achcar, P. Gilardi, J. Bellamy Foster...) - Internationalisation du nouvel ordre (S. Amin, G. Duménil, D. Lévy M. Chemillier-Gendreau...) - Extension de la lutte des classes (M. Vakaloulis, S. Amin, M. Verret, D. Kergoat). Une introduction de J.-A. Nielsberg et une synthèse de J. Bidet complètent cet essai. Biographie de l'auteur Après des études de philosophie et psychologie, Jérôme-Alexandre Nielsberg s'est tourné vers le journalisme. Il travaille à la rubrique "Idées" de L'Humanité et dirige la rubrique "Savoirs" des Lettres françaises.
Depuis 15 ans, les livres de Bernard Friot (vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires) jouent un rôle moteur pour remettre le communisme à l'ordre du jour. Pourtant, nombreux sont les lecteurs à éprouver des difficultés pour entrer dans son système, tant les renversements qu'il suggère sont révolutionnaires : il manquait jusqu'alors un manuel pour introduire à sa pensée. Voyage illustré dans le communisme de Friot, ce livre éclaire, dans un propos pédagogique et documenté, ses principes théoriques, ses institutions et ses perspectives pour poursuivre les déjà-là communistes. Il passe en revue les principales objections qui lui sont faites et offre des pistes pour approfondir ces débats.
Alors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif de chercheur.es syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c'est possible et analyse les manières dont s'y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l'autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l'émancipation et de la défense du vivant.
Le care ou le souci des autres est une zone de conflits, de tiraillements et de dominations. Celle, notamment, du travail salarié des professionnels du soin et de l'assistance, constitué essentiellement d'un salariat féminin subalterne, surexploité et stigmatisé par son "manque de qualification", et parfois sa couleur de peau ; celle, aussi, du travail domestique toujours inégalement distribué. Or on ne pourra jamais évacuer complètement le "sale boulot", il est urgent de penser une transformation politique du travail et de la société en plaçant le care au centre de la réflexion sur le travail. Cet ouvrage défend une position singulière, sensible et forte, au sein des débats contemporains autour du care et propose de changer de regard sur le travail, sur le soin et sur la société. C'est cette position que, d'entrée de jeu, la préface de cette nouvelle édition renforce en répondant et en désarmant avec brio les polémiques sur le care, polémiques parfois induites par la précédente édition, publiée en 2013. Ce qui conduit l'auteure à mettre la focale sur ce qu'est vraiment la "perspective du care" et à montrer l'inédit de cette posture théorique.