A l'automne 2018 au coeur de la ville d'Arras, prenait vie une utopie solidaire sous la forme d'un restaurant éphémère appelée Le Grand RECHO. A l'initiative d'une association agissant pour l'inclusion des exilés à travers la cuisine - Le RECHO -, et du maire d'Arras, ce projet collaboratif fit le pari ambitieux de réunir tous les acteurs d'un territoire autour de la question de l'accueil. Pendant 10 jours, ce lieu réunit des communautés qui n'auraient jamais eu l'opportunité de se rencontrer. Chefs étoilés ou non, exilés, associations, artistes, étudiants, bénévoles... Plus de 3000 personnes ont fait battre le coeur d'un véritable festival de la cuisine solidaire, avec plus de 300 personnes par jour nourris de la même envie de se rencontrer par la cuisine. Albanais, Géorgiens, Erythréens, Somaliens, Syriens, Soudanais, Lybiens, Indonésiens, Irakiens, sont venus mélanger leurs savoir-faire et leurs recettes, raconter leur pays à travers la cuisine, avec des hommes et des femmes d'Arras, de Paris et d'ailleurs. Ensemble avec une quinzaine de chefs et cheffes engagés (Alessandra Montagne, Mohamed El Khaldy, Amandine Chaignot, Florent Ladeyn, Sonia Ezgulian, Gabriel Asseman, Michel Troisgros, Luc Legendre, Manon Fleury, Edouard Loubet, Virginie Dufour, et Olivier Roellinger) ils ont ri, cuisiné, dansé, chanté, raconté, se sont mis à table ensemble et ont inventé la plus belle des recettes, celle de la fraternité.
Nombre de pages
192
Date de parution
22/10/2020
Poids
1 102g
Largeur
250mm
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EAN
9782352553502
Titre
Le grand recho. Histoire(s) d'une cuisine fraternelle
Si l'arbre de mon enfance a été le saule pleureur, celui de ma vie d'adulte est, avec certitude, le cacaoyer. Originaire de la forêt amazonienne, quelque part aux frontières du Brésil, de la Colombie et du Pérou, il porte, à maturité, des fruits d'or, les cabosses. Directement accrochées au tronc et aux branches, elles lui donnent une allure singulière et inoubliable. Dans la cabosse, les précieuses graines sont emmaillotées dans une délicieuse pulpe blanche, sucrée et acidulée. C'est seulement après fermentation et séchage qu'elles deviennent les fèves de cacao. Réduites en poudre, les fèves s'utilisent comme une épice nouvelle, notamment dans les plats salés. Elles ajoutent aux recettes sucrées des notes subtiles et intenses à la fois. Utilisées sous forme d'éclats, elles apportent un supplément de textures : granuleuses, authentiques et croustillantes.
Tiges croquantes ou bulbe ventru, graines, racines, fleurs ou fanes proches de l'aneth : tout dans le fenouil est bon à prendre, que celui-ci soit sauvage ou cultivé. La gracieuse silhouette du fenouil sauvage triomphe au bord des rivages et des champs. Son parfum puissant de bonbon d'antan rappelle la Méditerranée, la cuisine du Sud, le maquis et la mer. Ses tiges rameuses, surmontées d'ombelles garnies de fleurettes jaunâtres en guise de mini-feux d'artifice, se dressent au bord des chemins ou au milieu de la garrigue et des rocailles. Il invite à la récolte et excite l'appétit. Et puisque la cuisine est aussi parfois une histoire de sorcellerie, sachez que le fenouil était autrefois répertorié dans les livres de magie pour son pouvoir d'éloignement des esprits maléfiques. Un bouquet de fenouil sauvage suspendu au plafond protégerait même la maison des fantômes...
C'est une histoire qui remonte à l'enfance, chez nous on tue le cochon à Noël. C'est le grand jour! Papa Vivie, mon grand-père, et Maman Flavie, ma grand-mère, se lèvent les premiers, sortent le matériel et tous les ingrédients nécessaires aux différentes préparations. Le cochon crie. Monsieur Isidore est donc là, monsieur Isidore est bien là armé de son couteau, fort comme un b?uf, il faut bien ça pour tuer le cochon. Dans la cour, les réchauds à charbon volent la vedette à la gazinière qui reste drapée de sa froide modernité dans la cuisine. "Tout va avoir le goût du vrai", dit mon grand-père qui ne jure que par son réchaud à charbon. Dans le cochon tout est bon. J'aime cet animal qui s'offre tout entier de la tête aux pieds, j'aime cet animal qui s'abandonne du museau à la queue pour le plaisir de nos papilles.
Je suis née à Gênes. Écrire sur le pesto, est pour moi un peu comme entreprendre un voyage sentimental, affirmer mes origines à travers une simple recette dont l'ingrédient principal embaume toute la Ligurie. Cette invitation à écrire un titre dans la collection "Dix façons de préparer" sur le pesto tombe à pic ! Nous vivons une période de l'histoire où le pesto se définit, se fait estimer de tous, il revendique ses racines, s'invente des défenseurs, des êtres humains pour le personnifier. Monsieur pesto est en marche, fier et fort, le basilic droit et l'huile figée, il court sa place au patrimoine de l'Unesco !