Gyula Krúdy (1878-1933), l'un des mythes de la littérature hongroise, fut un provincial, descendant de la petite noblesse, dont une bonne partie de la vie s'écoula pourtant à Pest. Il suscita par son apparence seule une foison de légendes : celle du joueur, du Prince de la Nuit, du "conquérant" et du séducteur désabusé.... Par ruse ou par désintérêt réel, Krúdy observa toujours une distance amicale par rapport au milieu littéraire de son époque dont certains représentants comme Ady ou Kosztolányi le tinrent pourtant en leur plus haute estime. Tout en ayant connu la gloire auprès du public, il mourut dans un dénuement total et un oubli révoltant. De son oeuvre abondante, qui classe Krúdy parmi les plus importants novateurs comparé tour à tour à Proust, à Virginia Woolf et à Giraudoux, "Domaines Danubiens" vous présente le premier roman traduit en français. Remplie de ce spleen centre-européen spécifique, l'autobiographie rêvée de Krúdy qui veut immortaliser la province hongroise s'intitule "N.N.", nomen nescio, enfant illégitime comme le fut l'auteur lui-même.
Nombre de pages
139
Date de parution
03/05/2000
Poids
224g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782858024995
Titre
N.N.
Auteur
Krudy Gyula
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
224
Date de parution
20000503
Nombre de pages
139,00 €
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Fin du XIXe siècle, Budapest plongée dans la brume de l'hiver. Que vient chercher Szomjas, le vieil homme nostalgique, en revenant sur les lieux de sa jeunesse aux Sept Hiboux ? Pourquoi Jozsias, l'écrivain de trente ans en quête de notoriété, doit-il affronter tant d'obstacles dans ses projets littéraires et dans sa vie amoureuse ? Que peuvent bien se dire ces deux personnages ? Krudy nous fait revivre cette "fin de siècle" où se heurtent les générations et leurs idéaux. Krudy, avec l'oeil d'un cinéaste, nous offre des tableaux d'hiver envoûtants, propices au rêve et aux visions. Guidé par le désir d'aventure, il nous conduit dans les rues aux noms imagés, donne vie à leurs quartiers, révèle les odeurs, dévoile ses mets préférés. Tel le Danube "en marche", le roman nous réserve des surprises. Le courant d'abord léger, malicieux, nous entraîne peu à peu dans les profondeurs de l'âme, les contradictions des personnages complexes et attachants, la tragédie, mais aussi l'amour passionné omniprésent. Les femmes - Leonora, Zsofia, Aldaska, vrais ressorts de ses héros, "mènent le monde". Pour être classique, Sept Hiboux n'en est pas moins un roman très actuel et visionnaire. Krudy, profondément hongrois, poète, nous livre ici une oeuvre d'intérêt universel.
J'ignore quelle sorte d'énergumène est le lecteur français d'aujourd'hui, et comment (...) il peut juger un écrivain hongrois tel que Gyula Krudy. Parmi les mille romans qui paraissent chaque année en France, le livre d'un auteur hongrois fait figure d'une goutte d'eau dans la mer. Même si cette goutte est en réalité un océan. Quand il entend le nom de Krudy, le lecteur hongrois ressent une drôle d'impression, comme si on évoquait devant lui un vieux prince mystérieux, au royaume illimité, et au pouvoir inexistant. Pour le lecteur hongrois, Krudy est une institution, un univers, une bibliothèque individuelle. Krudy est infiniment vaste. Sa production littéraire fut surhumaine, ses connaissances en gastronomie, sur les petites auberges, sur le fonctionnement de l'âme humaine étaient inépuisables, sa vie fut, elle aussi, très intense, riche d'aventures et de légendes ; dans son enfance - selon ses dires -, il faillit mourir noyé sous la glace qui venait de rompre, et fut sauvé par un peintre en céramique ; après cela, il se crut invincible. Il remporta plusieurs duels, et avouera, plus tard, qu'en réalité il ne savait pas se battre. Il vécut cinquante-cinq années, de 1878 à 1933, et fut peut-être l'écrivain hongrois le plus productif ; c'est pourtant criblé de dettes, pourchassé par ses créanciers, qu'il mourut un matin radieux de mai. Laszto Darvasi.