1988. Alban Taübner, un jeune photographe allemand, est entraîné malgré lui dans un chapitre de l'histoire de la musique, celui du passage du chant polyphonique à l'opéra. Passage douloureux, cruel, crapuleux, enthousiasmant, comme sont les époques traversées par cette héroïne picaresque que devient ici la musique. 1530. Dans une Italie morcelée avec ses petits tyrans locaux et un État romain dominant, où chaque nouveau pape dicte sa loi en matière d'esthétique, Castiglio, l'alchimiste, exerce son art sur ce que la musique a d'alchimique. Après avoir écouté les sons humains extrêmes ou quotidiens, il compose vingt-six mélodies. Son disciple meurt sur un bûcher de l'Inquisition. Quelques notations des mélodies pourrissent dans un monastère. Jusqu'à ce que... Leur puissance est trop forte. Les voici qui resurgissent par bribes. Mais quelles bribes ! Dans le Sabbato sancto de Gesualdo, le prince napolitain, assassin de sa femme et de l'amant de celle-ci ; dans la Messe du pape Marcel de Palestrina, dans le Miserere d'Allegri, cette musique secrète à neuf voix de la chapelle Sixtine que le jeune Mozart, subjugué, nota en une seule nuit ! À propos de ce roman foisonnant et ingénieux, la critique allemande a évoqué Le Nom de la Rose d'Umberto Ecco. Né en 1964, l'auteur vit à Munich. Il a publié quatre romans dont Le Caniche noir de la Diva (Points), des pièces de théâtre et un livret d'opéra.
Nombre de pages
840
Date de parution
16/03/2001
Poids
945g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782020428026
Titre
Mélodies ou Suppléments à une époque mercurique
ISBN
2020428024
Auteur
Krausser Helmut
Editeur
SEUIL
Largeur
145
Poids
945
Date de parution
20010316
Nombre de pages
840,00 €
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En 1944, dans l'abri où sa famille est venue se réfugier Alexander, enfant, rencontre une certaine Sofie. Tout les sépare: Alexander est le fils du propriétaire de l'usine d'armement, Sofie une fille d'ouvrier. Pourtant il s'éprend d'elle. Devant le fait, la fillette, sombre et désinvolte, lui propose un marché: 50 marks en échange d'un baiser. Puis elle s'évapore. Des années plus tard. Alexander décide de la retrouver et entame une longue partie de cache-cache avec cette femme avide de liberté mais si fragile. Mordant, cinématographique, Eros est également un très grand roman sur la frontière si fine entre l'amour, la passion et la désillusion, une anatomie de l'obsession et, l'air de rien, d'un XXe siècle désastreux. Biographie de l'auteur Né en 1964, Helmut Krausser réside à Berlin.
Si, en nous, le sale cochon prend souvent le pas sur le noble et sage éléphant qui sommeille, pas de quoi en faire un drame : un roman, alors ? Hagen, la vingtaine, pas un rond, pas trop sentimental, traîne sa dégaine et sa lucidité dans le Munich d'aujourd'hui : descendre des bières avec les potes marginaux du kiosque ; raffoler des livres rares, mais les chiper pour les revendre ; toucher au sublime en faisant hurler les décibels avec son groupe de rock, ou regarder tout brûler au son de la 2e symphonie de Malher ; soupirer après Silke, la bien-aimée, mais " jouer au sexe " avec Val, la bourgeoise trentenaire déjantée... Avec la gouaille et le mordant du langage de la rue, un jeune romancier allemand écrit ici le manuel du bonheur underground. Parce que l'amour perdure - même si tout passe, y compris les éléphants...
C'est la première fois que Cora reçoit, sur le divan de son cabinet, un patient que le fantôme de la Callas régale de concerts improvisés. Bientôt, Nagy lui avoue qu'il est le diable et qu'il a partagé la vie de la Diva, caché dans l'un des deux caniches qui ne la quittaient jamais (le noir bien entendu). Et comme le diable est aussi séduisant que manipulateur, notre psychanalyste, envoûtée par le récit de cette " intimité " avec la grande Maria, tombe, malgré son expérience, dans le piège de la fascination amoureuse. Jouant subtilement de la culpabilité et du mensonge, du mythe et de la passion, ce roman, riche en rebondissements, est aussi un vibrant hommage à Maria Callas.
A vingt-sept ans, Hagen se retrouve à la rue. Il rejoint ce qu'il nomme sa " famille " : marginaux, SDF, alcooliques, un univers que Krausser décrit de l'intérieur avec une sensibilité non dénuée de sarcasmes. La descente aux enfers du héros est cependant éclairée par sa rencontre avec Judith, une fugueuse de 16 ans dont il est follement amoureux. En contrepoint, fil d'Ariane ténu entre passé et présent, est retracée l'enfance du " garçon ", le milieu étriqué où il grandi, la mesquinerie de la famille, ses dégoûts, ses peurs. Et puis, il y a les rencontres avec Hérode, le mystérieux tueur d'enfants, philosophe nihiliste, une sorte d'alter ego peut-être, la part la plus sombre de lui-même. Le thème du dédoublement est récurrent chez l'auteur. comme l'est son esthétique de la crasse, de l'envers des villes, la seule beauté anti-kitsch dans ce siècle grandiose.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...