La Servante de Degrelle, une lecture salutaire, est un récit poignant qui éclaire comme nul autre les nombreuses "zones grises" dont fut émaillée la Seconde Guerre mondiale. Alors que le conflit fait rage, à Rhode-Saint- Genèse, Hannah Nadel, une jeune fille juive, entre au service de la soeur de Léon Degrelle en tant que servante, et échappe ainsi à la déportation. Cette jeune fille, aujourd'hui disparue, Simone Korkus a eu la chance de la rencontrer et de longuement l'interroger afin de comprendre comment elle avait ainsi pu survivre aux affres de la guerre. Ce livre retrace tout d'abord l'histoire des parents d'Hannah, des juifs d'origine polonaise qui émigrent à Gelsenkirchen, puis à Charleroi, avant de rejoindre Bruxelles où la famille déménage à de nombreuses reprises. Lorsque la guerre éclate, Hannah est âgée de 15 ans. Comme toute adolescente, elle tombe amoureuse et semble vivre le conflit avec une certaine insouciance. Jusqu'à ce jour où elle et sa famille échappent de peu à une rafle, ce qui la décide à aller se présenter chez les Cornet, en tant que jeune fille au pair. Simone Korkus rapporte alors la voix des enfants Cornet, dont les parents n'ont jamais avoué qu'ils avaient sauvé des juifs ni même abordé les conséquences que la guerre avait eues sur leur propre famille. Car madame Cornet était la soeur du "beau Léon", et on imagine sans peine combien l'après-guerre dut la marquer à jamais.
Gaya Dewaele, trente ans et célibataire, dirige une société qui produit de fabuleux spectacles à Villers-la-Ville. Traumatisée par un accident de la route qui lui a valu nombre de séjours à l'hôpital, elle fuit toute intimité, tout contact physique. Solitaire et farouche, elle consacre son énergie au travail, dévorée par l'ambition et le souci de perfection. Gaya traverse les ruines magiques de Villers comme elle traverse la vie, sans rien en voir, sans rien en retirer. La découverte inopinée d'un anneau d'or puis d'un souterrain oublié vont bouleverser son existence et éveiller sa sensualité. Un conte moderne surprenant, où Cendrillon n'est pas celle que l'on croit...
Rêver. Il est tellement important de rêver. Le train laisse derrière lui un délicat parfum associé au voyage. Quel homme n'a pas caché un petit train dans les méandres de son enfance ? Du premier train électrique aux errances ferroviaires, des magnifiques photos dans les revues spécialisées aux livres, affiches... Tout nous lie, peu ou prou, à la magie du rail. En vérité, nous sommes envoûtés par ce moyen de transport que le monde du jouet s'est accaparé dès sa naissance et que ni l'automobile ni l'avion n'ont détrôné. Le train nous propose des siècles d'inventivité, de paysages découverts comme des trésors et de progrès qui défilent sous nos yeux et dans notre mémoire, de gare en gare, de montagne en montagne, par monts et vallées. En cela, il est unique. Il sait nous abriter en son sein et nous bercer au rythme de ses longs rails qui portent si loin. Du grand prototype, magnifique, à sa miniaturisation qui nous permet de voyager autour de notre chambre, le train a conquis le coeur de bien des générations. Réjouissons-nous. Ami, prends garde qu'un jour, un train ne te fasse plus rêver." Dans ce Beau-Livre, avec la collaboration du photographe Eric de Ville, Alain van den Abeele partage sa passion pour le train miniature. Des origines à aujourd'hui, l'auteur passe en revue l'histoire de la célèbre marque Marklin. Cet ouvrage, coloré et instructif, est illustré de nombreuses photos inédites.
C'est en 2011 que le projet "Avoir 20 ans en 2015" , imaginé par Wajdi Mouawad, prend son essor. Après un processus de sélection rigoureux, cinquante jeunes sont choisis pour vivre une expérience humaine, artistique et philosophique exceptionnelle.
Si, à 40 ans, je ne décroche pas une place récurrente dans le domaine de l'humour au sein d'un média belge, quel qu'il soit, j'arrête le métier !"? Et c'est le 1er septembre 2010, le jour même de ses 40 ans, que Jérôme de Warzée distille sa première chronique sur les ondes de Viva Cité dans son émission Un cactus dans le Waterzooi. Un destin qui n'aura donc tenu qu'à un fil, fil sur lequel il tente l'équilibre, chaque matin, entre écriture polysémique, second degré, sarcasmes, jeux de mots, et vérités (enfin presque) Ce livre est un florilège de ses meilleures chroniques radiophoniques. Regroupées par thèmes, elles proposent un regard cynique et irrévérencieux sur l'actualité belge et internationale et se savourent sans modération.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?
Un document exceptionnel Le 6 août 1945, à 8 h 15 du matin, une gigantesque boule de feu est apparue 500 mètres au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima. Avec le bombardement nucléaire déclenché par les États-Unis, " le feu du plus atroce génie humain s'abattait sur une population d'enfants, de femmes, de vieillards et d'hommes innocents ", selon les mots de l'écrivain Bernard Clavel. Keiji Nakazawa habitait avec sa famille à un peu plus d'un kilomètre du centre-ville, dans un quartier où les maisons coexistaient encore avec les champs et les potagers. Keiji avait 6 ans. Il a échappé à la mort. Soixante-quinze ans après la tragédie, son témoignage, dans sa nudité même, est glaçant de vérité. L'auteur nous fait littéralement voir, à travers ses yeux d'enfant puis sa mémoire d'adulte, l'horreur qu'a vécue la population de cette ville martyre. L'apocalypse nucléaire à Hiroshima a tué, selon les sources, entre 140 000 et 200 000 personnes, le 6 août 1945 et dans les années qui suivirent. Cette édition comprend un texte de Bernard Clavel, " La Peur et la Honte ".
Comment une nation se relève-t-elle de ses propres crimes ? Enfant, Gitta Sereny assista au congrès de Nuremberg et fut témoin des persécutions antisémites. Journaliste, elle rencontra des enfants volés du Lebensborn, de jeunes Allemands affrontant les fautes de leurs parents et des personnalités comme Albert Speer, Leni Riefenstahl ou Kurt Waldheim... Soixante ans d'enquête journalistique et d'expériences personnelles - une somme d'une ampleur unique sur une génération qui commit ou accepta le pire.
Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire et docteur des universités Paris I et TU Berlin, Johann Chapoutot est maître de conférences à l'université de Grenoble et membre de l'Institut universitaire de France.