Les intellectuels face à l'affaire Dreyfus alors et aujourd'hui. Perception et impact de l'affaire e
Koren Roselyne
L'HARMATTAN
31,50 €
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EAN :9782738460257
Si l'on peut, à juste titre, avoir le sentiment que tout, ou presque tout, a été dit sur "l'Affaire", il n'en est pas de même quant à la perception et à l'impact de l'événement sur l'opinion publique internationale. Une équipe de chercheurs d'Israel a cherché à problématiser la question de la réception de l'Affaire à l'époque du procès dans l'un de ses traits distinctifs essentiels : l'inauguration de la modernité. Il a semblé aux auteurs que le temps était venu de confronter les représentations françaises de l'Affaire à celles de récepteurs étrangers et de poser sur le destin d'un juif français et sur la France le regard de quelques chercheurs juifs israéliens.
Nombre de pages
352
Date de parution
03/05/2000
Poids
420g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738460257
Titre
Les intellectuels face à l'affaire Dreyfus alors et aujourd'hui. Perception et impact de l'affaire e
ISBN
2738460259
Auteur
Koren Roselyne
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
420
Date de parution
20000503
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
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Distinguant soigneusement les faits des commentaires inspirés par les faits, la plupart des journalistes sont convaincus d'être quittes avec la déontologie. Techniciens de l'événement, Ils se persuadent de n'être que les serviteurs Impartiaux, "objectifs", de l'actualité. Il se trouve cependant que la langue dans laquelle Ils écrivent n'est pas "objective", mais sélective : véhicule involontaire de valeurs, elle ne permet pas de dissocier si facilement information et jugement. Les moyens rhétoriques que la presse met en oeuvre pour séduire le chaland sont-Ils conformes aux buts éthiques dont elle se réclame pour légitimer son entreprise d'information ? Peut-on dire, seulement dire, sans chercher à persuader, inciter à agir ? La question mérite d'être posée, surtout lorsqu'on volt comment un discours apparemment dégagé de toute pression au nom du "devoir d'irrespect" en vient à priver le lecteur de sa propre liberté de pensée.
Perelman figure aux côtés d'Austin, Chomsky, Jakobson, Hjelmslev et Saussure dans le numéro hors-série de la revue française Sciences Humaines consacré au langage, mais la plupart des chercheurs qui se réclament de son oeuvre la citent pour des raisons techniques et non pour sa proposition de construire une éthique du discours. La compétence argumentative et l'engagement énonciatif ne sont plus aujourd'hui au programme des sciences du langage. C'est pour lutter contre cet oubli ou cet abandon relatifs que les auteurs de l'ouvrage - J.-M. Adam, R. Amossy, E. Danblon, M. Dominicy, C. Kerbrat-Orecchioni, R. Koren, C. Plantin, G.-E. Sarfati - souhaitent rappeler la nécessité - de resocialiser les sciences du langage, - de remettre en cause le rôle du tiers analyste, en l'occurrence linguiste, - de confronter à l'oeuvre de Perelman les courants actuels de la pragmatique et les nouvelles rhétoriques intégrées dans la sémantique formelle, l'analyse du discours et la linguistique textuelle. Il s'agit ici de repenser les enjeux sociaux des représentations du langage et d'analyser les mises en mots de l'opinion tant du sujet parlant que du chercheur qui l'écoute.
Les articles réunis dans ce volume explorent les interactions d'instances singulières et collectives dans un corpus de discours construisant une identité collective (celle d'un groupe, d'un mouvement, d'un parti, etc.). Refusant la vision dichotomique qui sépare les notions de singulier et de collectif, ainsi que les dimensions de l'individuel et du social. le volume souligne et analyse à dessein leur interdépendance foncière. L'observation des dispositifs énonciatifs et des enjeux argumentatifs de la construction des identités singulières et collectives porte sur des genres discursifs variés, du discours institutionnel, plutôt normé et prévisible, jusqu'à des genres moins contraignants issus de la société civile (chartes de mouvements associatifs, récits, guides touristiques. sketchs comiques, tracts, pétitions, correspondance privée, etc.). L'analyse mobilise et réinterroge ainsi plusieurs notions clés de la rhétorique, de l'argumentation et de l'analyse du discours, telles que l'ethos (individuel et collectif), l'auditoire réel ou imaginaire, le point de vue, le stéréotype, le genre et la mémoire discursive collective, la temporalité dans l'argumentation (références au "précédent" ou aux exemples historiques, mais aussi à une identité présente, éphémère et transitoire). Les articles révèlent enfin l'importance d'un couple notionnel inédit, formé par un "je initiateur", fondateur d'une collectivité encore inexistante, et par un "locuteur collectif", porte-parole d'une collectivité déjà existante. Du singulier au collectif explore donc quelques-uns des constituants fondamentaux de l'énonciation : la prise de parole individuelle du sujet ou l'intersubjectivité et la co-énonciation, la "sur" ou la "sous-énonciation", l'attribution et l'analyse d'un trait énonciatif spécifique, la responsabilité individuelle et/ou collective liant l'énonciation à l'action.