Klein Etienne ; Bompied Jean-Pierre ; Hochart Patr
DESCARTES ET CI
14,00 €
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EAN :9782844463661
L'incommensurable, l'inouï et la vraie vie Présentation L'incommensurable, l'inouï, la vraie vie sont les titres d'ouvrages de François Jullien. Ce sont trois concepts qui forment un triangle isocèle dont l'incommensurable et l'inouï sont les deux angles de base et la vraie vie le sommet. L'incommensurable dit la fêlure qui se découvre en beaucoup de points de notre expérience : tout n'y est pas bord-à-bord ou de plain-pied. Comme dans les nombres incommensurables, un hiatus y subsiste qu'on peut vouloir boucher mais qui ne se réduit pas. L?incommensurable dit simplement que cela n'entre pas dans la commune mesure que constitue l'ordre des nombres. Ainsi entre le plaisir et la jouissance, qu'on dit pourtant synonymes : le premier laisse mesurer sa satisfaction, l'autre a versé dans l'oubli de toute satisfaction. Il y a de l'incommensurable également entre la relation sociale et la relation intime : on fait un saut irrésorbable de l'une à l'autre. Parce qu'elle est irréductible, cette fêlure d'incommensurable ouvre un infini dans l'expérience. L?infini n'est donc pas seulement aux extrémités de l'expérience (l'infiniment grand ou l'infiniment petit), comme on se le représente d'ordinaire. Il se découvre au c'ur de l'expérience un infini irréductible qu'on ne peut éliminer : notre existence est traversée de ces fêlures d'infini. Ces ressources d'incommensurable sont à détecter, mais à garder comme des ruptures, sans vouloir les boucher par autre chose, par du Sens et de l'idéologie. En regard de l?incommensurable, l'inouï dit, non la fêlure, mais le débordement de notre expérience. L?inouï est ce qui reste à la lisière et que d'ordinaire on n'entend pas. Car l'expérience ne devient « expérience » qu'en se rangeant dans des cadres déjà constitués : elle laisse donc échapper ce qui n'y trouve pas d'emblée sa place et qui par-là demeure « in-ou?. Cet inouï n'est pas pour autant l'extraordinaire ou l'exceptionnel avec lesquels on le confond, car il peut être au contraire le plus ordinaire. L?inouï, autrement dit, est plutôt l'autre nom du « réel », mais du réel auquel on n'accède pas parce qu'on ne peut le ranger dans l'expérience balisée ; et c'est pourquoi on le projette par commodité à l'extrémité de notre expérience et qu'on en fait de l? « extraordinaire » ou de l? « insolite », comme le fait dans sa définition le dictionnaire pour nous en débarrasser. Que l'inouï puisse être le plus ordinaire, se vérifie d'ailleurs le plus simplement : vivre est de tout le plus inouï. Nous ne cessons de vivre, mais sans nous rendre compte de l'inouï de vivre, parce que vivre ne se laisse pas enfermer dans les cadres et les cases de notre expérience. Aussi faut-il fêler ces cadres figés de notre expérience pour pouvoir en déborder et commencer d'en entendre l'inouï. Tel est donc l?inintégrable qui relie l'incommensurable et l'inouï et les instaure en vis-à-vis. C'est pourquoi aussi, fêlure et débordement allant de pair, il faut fêler notre langage ordinaire pour le faire déborder dans sa capacité de dire, comme notre vie dans sa capacité d'exister, et pouvoir y dire l'inouï ? ce que fait la poésie. Comme l'in-commensurable, comme l'in-ouï, la « vraie vie » est également un concept à entendre en creux, de façon négative ou plutôt nég-active, même s'il s'affirme en plénitude. Car le concept de vraie vie n'énonce pas quelque vérité sur la vie ni n'indexe la vie sur une vérité, mais fait ressortir ce qui est l'opposé de la « non-vie », de la vie qui « ne vit pas », de la vie qui n'est pas « une vie », qui n'est au fond qu'une apparence de vie. Sa logique n'est pas celle de la fêlure comme l'incommensurable ou du débordement comme l'inouï, mais elle est celle du dé-couvrement : retirer ce qui masque la capacité de la vie à vivre et qui l'étiole. La vraie vie, autrement dit, se révèle quand s'y dégage ce qui recouvre l'expérience de la vie au point qu'on n'en perçoit plus ni l'incommensurable ni l'inouï. C'est pourquoi le concept de vraie vie est l'aboutissement des deux autres comme à leur départ, à la fois leur horizon et leur condition. Auteurs Jean-Pierre Bompied, enseignant de philosophie, a publié récemment Penser par écart, le chantier conceptuel de François Jullien, Descartes& Ce, 2019. Linda Branco, artiste (art souterrain et art collaboratif), anime l'association Décoïncidences Pascal David, philosophe, a publié de nombreux ouvrages, Penser la Chine, interroger la philosophie avec François Jullien, Hermann, 2016 Alain Douchevsky, philosophe, collabore à la revue Approches Patrick Hochart enseigne la philosophie à l'UniversitéParisVII-Paris Diderot Étienne Klein, physicien, philosophe des sciences, a publié de nombreux ouvrages et récemment Le goût du vrai, Gallimard, 2020 François L'Yvonnet, philosophe, éditeur (Éditions de l'Herne), a publié récemment François Jullien, une aventure qui a dérangé la philosophie, Grasset, 2020 François Jullien, philosophe, a commencé son travail en Chine avant de déployer sa puissance conceptuelle et sa singularité dans de multiples domaines. Il est l'un des penseurs contemporains les plus traduits dans le monde.
Nombre de pages
120
Date de parution
18/01/2023
Poids
177g
Largeur
133mm
Plus d'informations
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EAN
9782844463661
Titre
L'incommensurable, l'inouï, la vraie vie
Auteur
Klein Etienne ; Bompied Jean-Pierre ; Hochart Patr
Editeur
DESCARTES ET CI
Largeur
133
Poids
177
Date de parution
20230118
Nombre de pages
120,00 €
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«?Faisons-nous face à la dictature du progrès??Jusqu'où doit-on oeuvrer, individuellement et collecti¬vement, à faire progrès, à produire du progrès, à être en progrès?? L'adverbe est de lieu, il est aussi de direction, de périmètre, d'espace. Et, bien sûr, de sens. Ce postulat, ce qui l'interroge est légion. Le devenir de l'humanité passe par une approche d'un progrès utile, résultant d'un grandissement intérieur personnel ¬partagé collec¬tivement. Ce grandissement, c'est-à-dire cette appréhension d'un ''sens'' et d'une responsabilité revivifiés, convoque chacun. C'est à ce questionnement intime qu'invite ici Étienne Klein.?» Denis Lafay«?Un stimulant dialogue.?» Yann Verdo, Les ÉchosÉtienne Klein, auteur de nombreux ouvrages, est physicien, docteur en philosophie des sciences.4e de couverture : «?Faisons-nous face à la dictature du progrès??Jusqu'où doit-on oeuvrer, individuellement et collecti¬vement, à faire progrès, à produire du progrès, à être en progrès?? L'adverbe est de lieu, il est aussi de direction, de périmètre, d'espace. Et, bien sûr, de sens. Ce postulat, ce qui l'interroge est légion. Le devenir de l'humanité passe par une approche d'un progrès utile, résultant d'un grandissement intérieur personnel ¬partagé collec¬tivement. Ce grandissement, c'est-à-dire cette appréhension d'un ''sens'' et d'une responsabilité revivifiés, convoque chacun. C'est à ce questionnement intime qu'invite ici Étienne Klein.?» Denis Lafay«?Un stimulant dialogue.?» Yann Verdo, Les ÉchosÉtienne Klein, auteur de nombreux ouvrages, est physicien, docteur en philosophie des sciences.
L'air du temps, en accusant la science de n'être qu'un récit parmi d'autres, l'invite à davantage de modestie. On la prie de bien vouloir gentiment "rentrer dans le rang" en acceptant de se mettre sous la coupe de l'opinion". Etienne Klein La philosophie des Lumières défendait l'idée que la souveraineté d'un peuple libre se heurte à une limite, celle de la vérité, sur laquelle elle ne saurait avoir de prise : les "vérités scientifiques", en particulier, ne relèvent pas d'un vote. La crise sanitaire a toutefois montré avec éclat que nous n'avons guère retenu la leçon, révélant l'ambivalence de notre rapport à la science et le peu de crédit que nous accordons à la rationalité qu'il lui revient d'établir. Lorsque, d'un côté, l'inculture prend le pouvoir, que, de l'autre, l'argument d'autorité écrase tout sur son passage, lorsque la crédibilité de la recherche ploie sous la force de l'événement et de l'opinion, comment garder le goût du vrai - celui de découvrir, d'apprendre, de comprendre ? Quand prendrons-nous enfin sereinement acte de nos connaissances, ne serait-ce que pour mieux vivre dans cette nature dont rien d'absolu ne nous sépare ...
Que peut raconter un physicien chaque jeudi, à 7h17, sur l'antenne de France Culture ? L'actualité ne déborde pas de nouvelles renversantes en provenance des laboratoires et les chercheurs ne découvrent pas l'équivalent du boson de Higgs tous les quatre matins. Certes. Mais Etienne Klein a un art bien à lui d'observer la réalité qui nous entoure. Il taquine nos façons de parler ("inverser la courbe du chômage"), explique une loi physique célèbre et pourtant méconnue ("E = mc2"), défait des vulgates ("tout est relatif"), éclaire des concepts subtils ("quand ça change, qu'est-ce qui change ? "), partage un sourire ("le paradoxe du chat beurré"), nous donne quelques tuyaux ("comment connaître l'âge et la pointure de pied d'une personne sans les lui demander ? "). Chaque chronique dure six minutes. C'est court... En les lisant, vous pourrez enfin tout comprendre.
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