Dans Double exil, Yannis Kiourtsakis - comme son frère dont le destin tragique est au centre de son premier roman Le Dicôlon - quitte la Grèce pour venir étudier "en Europe". Il choisit Paris et la faculté de droit; il y rencontre une Française, Gisèle, qui deviendra sa femme. Le roman les accompagne à travers les années sombres de la dictature des colonels (1967-1974), puis aux premiers temps du retour à la démocratie. Si l'exil est double, pour le héros de ce livre, c'est qu'il se découvre deux patries (la France et la Grèce) sans appartenir pleinement à l'une ni à l'autre, en même temps qu'il se sent étranger à son époque. Mais l'écriture opère chez le romancier une métamorphose qui, pour finir, fera de lui un écrivain grec, trouvant dans la culture populaire de son pays un moyen de se comprendre. La quête d'identité qui forme le fil conducteur de cette magistrale autobiographie aboutit alors à ce constat : "Il faut que nous apprenions un jour à dire nous-les-autres, puisque les autres ne cessent de nous habiter et de nous transformer."
Nombre de pages
332
Date de parution
09/01/2014
Poids
408g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782864327486
Titre
Double exil
Auteur
Kiourtsakis Yannis ; Bouchet René
Editeur
VERDIER
Largeur
140
Poids
408
Date de parution
20140109
Nombre de pages
332,00 €
Disponibilité
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Le lecteur verra comment l'apprentissage d'un écrivain a coïncidé avec son initiation aux mystères de son pays, la Grèce : l'exaltation de vivre dans sa lumière, les tragédies de son histoire, sa langue plusieurs fois millénaire encore porteuse d'un message pour l'avenir.
« Faire l'Europe sans la Grèce c'est jouer Hamlet sans le prince du Danemark. » Ce petit pays périphérique demeure au c'ur de notre culture, présent dans nos modes de concevoir et de penser. Dans La Grèce, toujours et aujourd'hui, l'auteur montre aussi bien la présence de la Grèce dans notre langue , nos représentations et notre imaginaire que sa solitude douloureuse dans une Europe où elle cherche encore son rôle et son identité.
Le Dicôlon - figure qui hante le narrateur et l'engage à raconter son histoire - est ce personnage à deux corps du théâtre populaire grec, ce héros de carnaval qui porte en permanence sur son dos le corps mort de son frère. Le conflit intime du même et de l'autre va jeter Haris, le frère, dans un désenchantement qui touche aussi bien la terre d'origine - une Grèce mythique - que la terre d'accueil - une Europe idéalisée -, et aboutit à l'échec amoureux puis au suicide dans la solitude de l'exil. Mais le mort que l'on porte en soi, au point que les deux corps n'en forment qu'un, se révèle, au fil du récit, comme le signe de la fraternité fécondante de la vie et de la mort, capable d'engendrer du sens, une parole et une existence renouvelées. " C'est toujours ainsi que les choses se passent : toutes nos idées ne sont-elles pas toujours dues à des morts, que nous devons ramener à la vie et pousser plus avant ? Et si nous étions tous d'une certaine manière Dicôlon ? ".
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.