Jean-Philippe Rameau. Splendeur et naufrage de l'esthétique du plaisir à l'âge classique, 3e édition
Kintzler Catherine
MINERVE
23,00 €
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EAN :9782869311299
Jamais Rameau n'a été aussi actuel, dans son art comme dans sa science. Hautain, insolent, herculéen, admirablement obstiné, méditatif, hyperactif, magnifiquement dissonant et magnifiquement silencieux, il vous râpe les oreilles tout en vous enchantant. Il lut Descartes pour y apprendre à lire comme les bienheureux dont parle Alain, il tint tête dans sa folie spéculative aux plus grands esprits de son siècle, écrivant une musique que parfois il était le seul à entendre; il fut un de ces très grands musiciens pour qui la musique n'a pas pour fonction d'adoucir les moeurs mais de réveiller la pensée. Ce Rameau-là, c'est aussi celui que Jean-Jacques Rousseau éclaira par une aversion lumineuse qui ne peut se réduire à un mouvement d'humeur. Pour comprendre, il n'est pas nécessaire d'aimer: il faut remonter aux principes et en déceler l'organisation afin de mieux les démonter. Parce qu'il travailla son aversion pour en faire une pensée et une contre-pensée, Rousseau fut et reste ici le meilleur instituteur, malveillant et extralucide.
Nombre de pages
240
Date de parution
21/10/2011
Poids
366g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782869311299
Titre
Jean-Philippe Rameau. Splendeur et naufrage de l'esthétique du plaisir à l'âge classique, 3e édition
Auteur
Kintzler Catherine
Editeur
MINERVE
Largeur
155
Poids
366
Date de parution
20111021
Nombre de pages
240,00 €
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La loi a-t-elle besoin d'une forme de foi? La laïcité suppose-t-elle une façon de penser l'association politique? La laïcité est-elle une valeur, une doctrine, une théorie? Pourquoi la question de l'école est-elle centrale dans la pensée laïque? La laïcité engage-t-elle un rapport à la culture?
C'est à l'époque où le théâtre trouve en France son apogée, le XVIIe siècle, qu'apparaît l'opéra. Si beaucoup de traits, et des plus évidents, les rapprochent, leur coexistence pose question et c'est sur leur rapport: une familière étrangeté, que s'interroge Catherine Kintzler au travers de cet essai. Elle oppose les fonctions respectives de chacun de ces genres scéniques: si le théâtre relève de la métaphysique des m?urs, l'opéra illustre plutôt la métaphysique de la nature et il éblouit, grâce à la musique, aux décors, aux machines, les yeux et les oreilles. Cette surenchère qui s'adresse aux sens lui a valu, de la part des moralistes férus de théâtre, de féroces critiques. La première partie de cet ouvrage, consacrée au théâtre, explore le trouble qu'il exerce sur le spectateur, confronté au sublime mis en ?uvre dans le théâtre classique. La seconde, portant sur l'opéra, montre comment celui-ci, évacuant la question morale, s'incarne dans la musique et la danse pour constituer un monde, celui du merveilleux. La troisième partie enfin sonde la fascination réciproque que nourrissent les deux scènes. En une réflexion qui chemine à travers tout le répertoire et sollicite Corneille, Racine, Lessing, Voltaire, Molière, ainsi que Rameau et Mozart, l'auteur dégage les enjeux esthético-philosophiques qui, dans la relation des deux scènes, fondent leur opposition, expliquent leur attirance et participent à leur splendeur.
L'école est faite pour la société ; l'enfant est un être à part devant lequel on ne s'incline jamais assez ; la femme peut réclamer des droits spéciaux ; les opprimés ont forcément raison ; toute communauté est respectable et forme un peuple ; la prévention vaut toujours mieux que la répression ; la cohésion sociale est une valeur suprême. Autant d'évidences qui tiennent lieu aujourd'hui de pensée en matière politique et morale dans bien des démocraties. Autant de sujets de colère que l'auteur, au cours de la dernière décennie, s'est efforcée de traduire en questions. Pour montrer que ces évidences sont des préjugés, il a fallu remonter au comble de la pensée, remettre en question le statut de l'intellectuel dans son rapport à l'objet politique, remettre en question l'idée quelque peu ancienne que nous nous faisons de la forme républicaine et esquisser ce qu'on appelle ici l'idée moderne de république. Idée étrange et paradoxale qui, en produisant des êtres abstraits appelés citoyens, fait de la dissolution du lien social le fondement même de l'association politique.
Parce que l'opéra est un théâtre, il s'impose comme objet littéraire. Est-il raisonnable qu'une furie s'envole? À quoi ressemblent les aboiements de Cerbère? Pourquoi est-il normal qu'un personnage arrive sur un nuage, mais inadmissible qu'Achille vive cent ans? Pour que des questions aussi frivoles deviennent sérieuses, il fallait les hisser, comme le fit la France classique, à la hauteur d'objets intellectuels. C'était faire voir que l'opéra se pense comme, et selon, le théâtre classique dont il épouse la poétique et les principes philosophiques. En s'emparant du domaine du fabuleux qui l'affranchit des contraintes ordinaires, l'opéra classique ose ce que le théâtre s'interdit. Au-delà des règles, il met à nu les lois de ce monde possible que se propose toute mise en scène. Révélation et trahison de son homologue dramatique, cet hyper-théâtre construit un monde pensable, avec sa logique, sa physique et son éthique. Aussi faut-il, pour le débrouiller, recourir aux plus grands penseurs. Sans Corneille (qui ne croit pas à l'opéra français), sans Rousseau (qui n'y croit plus), Lully et Rameau sont orphelins.