Commentaires Entretien exclusif avec Barbara Kingsolver Barbara Kingsolver a remporté des prix pour 14 de ses ouvrages de fiction et de non-fiction, dont Les yeux dans les arbres, qui fut finaliste du prix Pulitzer. Son dernier roman, Dans la lumière, a été sélectionné par les éditeurs d'Commentaires pour figurer parmi les Meilleurs livres du mois et compte parmi les Meilleurs livres de l'année 2012. Nous nous sommes rendus à New York pour rencontrer Barbara Kingsolver, parler de son nouvel ouvrage, du lien qui existe entre fiction et science et de pourquoi la littérature ne devrait être porteuse d'aucun "commandement". Mia Lipman : J'ai un ami, professeur de lycée, qui parle de vos ouvrages comme de "factions" - une combinaison entre fiction et faits - et qui dit que lui et ses élèves ont beaucoup appris de vous. Lorsque vous écrivez des romans, votre intention est-elle d'apprendre quelque chose au lecteur ou cet enseignement est-il simplement un "produit dérivé" en bonus ? Barbara Kingsolver : Je dirais qu'il s'agit plutôt d'un corollaire. Si les gens en apprennent sur le monde en lisant mes romans, cela me rend très heureuse. Ce n'est probablement pas ce qui me motive à écrire en premier lieu. Généralement je suis plutôt poussée à l'écriture par des questions existentielles sur le monde et la nature humaine, auxquelles je ne trouve d'ailleurs pas nécessairement de réponses au cours de la rédaction du roman. Mais je mets un point d'honneur à ce que les faits que j'avance soient véridiques. Je n'ai pas appris à écrire à l'université. J'ai étudié la biologie. De ce fait, j'écris mes romans de manière très scientifique. Il est clair que j'aime les inventions, et que donc j'aime créer des personnages. Mais je me sens aussi très ancrée dans le monde réel, même dans ma façon de créer mes personnages. Je commence par penser aux thèmes, puis aux intrigues qui vont révéler ces thèmes aux lecteurs... et enfin je pense aux personnages et à leur psychologie. C'est un peu comme une thérapie inversée, je dois leur construire un passé, et même des épreuves, pour qu'ils aient l'air crédibles dans ce qu'ils font. J'essaie donc d'inventer mes personnages de la manière la plus réaliste et factuelle qui soit. Si les faits dont je parle ou le thème de mon roman sont inconnus à un lecteur, j'espère qu'il y apprendra quelque chose. Je tiens à préciser que je porte une grande attention à la véracité des faits que j'avance dans mes romans, et que par conséquent les lecteurs peuvent croire ce qu'ils y lisent. Je fais beaucoup de recherches pour m'assurer que ce que j'avance est vrai, que je ne leur parle pas de quelque chose inventé de toute pièce. Je n'écris pas de science fiction. Dans la lumière aborde vos passions bien connues pour l'environnementalisme et le développement durable, comme vous l'avez fait remarquer, vous êtes biologiste de formation. Le fait d'intégrer la responsabilité sociale dans les univers que vous créez est-il intentionnel ou cela vous vient-il inconsciemment ? Je dirais que c'est probablement complètement accidentel. Ce n'est pas la raison pour laquelle j'écris. Je n'essaie pas d'inculquer à qui que ce soit la bonne façon de penser ou, dieu nous en préserve, la bonne façon d'agir, ce serait absolument malvenu dans ce genre de roman. En réalité l'une des choses que j'aime particulièrement dans les romans de fiction, c'est que c'est l'un des rares styles littéraires qui ne vous dira pas comment penser, quoi acheter ou comment vous habiller. Nous sommes entourés de publicité, de commandements, oui, de commandements ! C'est exactement le mot que je cherchais. Nous sommes entourés de commandements, et je pense que la littérature ne devrait pas en être porteuse. J'en suis persuadée. Mais comme j'écris des fictions inspirées de faits réels, mes lecteurs sont amenés à se questionner sur certains dilemmes et préoccupations modernes, et même sur les catastrophes, qu'ils ne percevront plus de la même façon une fois leur lecture achevée... Je ne suis pas là pour leur dicter leur manière de penser, je veux simplement leur montrer dans quel pétrin nous sommes actuellement. C'est le cas dans ce roman - il apprend au lecteur certaines choses sur le monde dans lequel nous vivons tous, et sur la façon dont le climat a déjà changé. Écrire un roman contemporain demande donc d'aborder des sujets contemporains ? Exactement. Mais je ne dirai jamais à mes lecteurs quoi penser ou qui croire. J'essaie simplement de leur présenter des personnages qui pensent différemment, et j'examine leurs raisonnements. Quelles raisons nous poussent au déni ? Ça dépend du déni ! [rires] C'est certain. Mais c'est une part vraiment importante de l'humanité. En un sens, c'est ce qui nous motive à aller de l'avant. Jusqu'ici j'ai évité de parler de l'intrigue, mais dans ce roman où l'action se situe dans une région rurale au sud des Appalaches, quelque chose se passe. Je ne donnerai pas plus de détails mais c'est quelque chose de magnifique qui retourne du miracle et qui pourrait prendre des allures de catastrophe. Cela attire l'attention de beaucoup de monde, mais les personnes qui vivent réellement au cœur de cette "catastrophe magnifique", doivent trouver une solution . C'est par là que commence le roman. Il est question de la psychologie humaine et du monde qui nous entoure. Et des scientifiques dans le roman cherchent à comprendre ce qui est en train de se passer réellement. […] En plus d'écrire des romans, vous êtes également l'auteur d'essais, de poèmes et de non-fiction. Est-ce que vous vous inspirez de votre propre vie pour écrire, ou est-ce que d'autres faits vous inspirent ? Une fois, j'ai assisté à une lecture de Lucille Clifton, une excellente poétesse. Et quelqu'un dans le public a demandé : "Pourquoi les poèmes sont-ils toujours aussi courts ? Ils ne font jamais plus de 14 ou 16 lignes". Et sa réponse fut "J'ai élevé 6 enfants. C'est le nombre de lignes que j'arrivais à mémoriser chaque jour. J'attendais simplement le moment où je pourrais m'asseoir à mon bureau et les écrire". Je comprenais ce qu'elle voulait dire, surtout qu'à cette époque, j'avais un enfant en bas âge. J'avais payé une babysitter pour garder mon bébé pendant 1 heure pour aller l'écouter. Donc oui, indéniablement, tous les auteurs, et plus encore les femmes auteurs qui élèvent des enfants, ont des contraintes de vie qui affectent leurs choix d'écriture. Et je ne fais pas exception. Mais j'ai la chance d'avoir une famille très conciliante qui m'autorise à écrire des romans entiers en m'interrompant rarement. [rires] Mais j'ai également le sentiment qu'avoir une vie de famille qui a immensément enrichi la personne que je suis aujourd'hui et m'a donné toute la sagesse dont je dispose. En parlant de sagesse : En 1999 vous avez créé le prix Bellwether, destiné aux jeunes écrivains qui n'ont pas encore écrit d'œuvre majeure. Lorsqu'un écrivain de cette catégorie vous demande des conseils, ce qui doit être fréquent, quelle est la première chose que vous leur répondez ? Arrête de fumer. [Mia rit] Parce que je pense que lorsque les gens lisent des romans, ils recherchent une certaine forme de sagesse. C'est ce que je fais. Et c'est ce que la plupart d'entre nous aime à faire. Si un roman nous plaît vraiment c'est parce qu'il nous a appris quelque chose que nous ignorions jusqu'alors. Pas seulement un simple fait, mais un réel savoir, quelque chose qui donne du sens à ce que l'on sait déjà. Et la sagesse vient de l'expérience, donc... Donc il faut vivre longtemps pour acquérir de l'expérience et de la sagesse. Tout à fait. Plus un auteur vit longtemps, plus il a à dire.
Sur fond de crise économique et spirituelle, la résilience follement inventive de deux femmes libres et puissantes, à près de 150 ans d'écart. De la fin du XIXe siècle à l'Amérique de Trump, "Des vies à découvert" met habilement en miroir deux époques de profonds bouleversements et pose la question : comment se réinventer quand les vieilles certitudes n'ont plus cours?Lucide, caustique, profondément humain, férocement politique, le grand retour au roman de Barbara Kingsolver.Notes Biographiques : Barbara Kingsolver est née aux Etats-Unis en 1955. Journaliste, poète et romancière, elle a écrit une dizaine de livres, tous publiés chez Rivages. Connue pour son engagement écologiste, elle tient une place à part dans la littérature américaine. En 2010, elle a obtenu le prestigieux Orange Prize pour Un autre monde.
Résumé : D'une enfance en zigzag dans les bagages d'une mère volage à la consécration littéraire, l'épopée galopante de Harrison William Sheperd, jeune homme hors du commun au sens de l'observation aigu. Une vie au coeur des tempêtes artistiques et politiques de son temps, du Mexique des années 1930 - en cuisine avec Frida Kahlo et Diego Rivera, dans l'intimité de Léon Trotski en exil - à l'Amérique du maccarthysme. Construit sur une somme de documents retrouvés, le roman trace le portrait à facettes, vif et mouvant, d'un éternel témoin, comme une enquête menée par le lecteur lui-même à un moment de bascule de l'histoire.
Prenant, enlevé, ambitieux. La Libre Belgique Eté 1959, Nathan Price, un impitoyable pasteur baptiste, part pour la mission de Kilanga, au Congo belge, avec sa femme et ses quatre filles. Débarquées de l'Amérique provinciale et sudiste, Orleanna, Leah, Ruth May, Adah et Rachel sont confrontées à la réalité d'un pays dont elles ignorent tout, et où résonne désormais la voix de Patrice Lumumba, futur leader de l'Indépendance. Sous la coupe d'un patriarche manipulateur, ces cinq femmes doivent apprendre à survivre sur une terre en plein bouleversement. Tour à tour, elles se confient, et leurs voix bousculent une certaine vision du monde autant qu'elles dévoilent l'implosion d'une famille au destin lié à la marche de l'Histoire. Avec plus de cinq millions d'exemplaires vendus en une quarantaine de langues, le livre phare de Barbara Kingsolver reparaît ici dans une traduction entièrement révisée. Près de trente ans après sa parution, Les Yeux dans les arbres reste un grand roman humaniste et politique, résolument féministe et anticolonialiste. "D'une main infiniment sûre, Barbara Kingsolver a tissé les fils épineux de la religion, de la politique, de la race, du péché et de la rédemption pour en faire une oeuvre d'une beauté terrible". The Los Angeles Timespo
Résumé : Quand Turtle Greer, six ans, est témoin d'un accident insolite près d'un barrage, son insistance à raconter ce qu'elle a vu et la confiance que sa mère a en elle sauvent un homme et font d'elle... une vedette de télé. Cette célébrité va obliger Turtle et sa mère, Taylor, à fuir. Kentucky, Oklahoma, jusqu'à Las Vegas. Passé et futur s'entrecroisent pour la petite fille cherokee adoptée. La grand-mère, Alice, déjà présente dans l'Arbre aux haricots, aura là une place indispensable et chaleureuse, comme Jax, l'ami de Taylor, et Cash, l'Indien cherokee qui donnera la clef du mystère de la naissance de Turtle. Le lecteur est entraîné dans un monde d'amour quelquefois douloureux où l'idée de famille est mise à mal. Où est le vrai, où est le faux dans les liens familiaux ? semble se demander l'auteur avec un humour implacable.
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs pérégrinations, parfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir. Portée par une écriture magnétique, Emilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.
L'inspecteur principal Claude Schneider, héros du Carré des indigents vient d'être appelé sur un incendie : une ancienne ébénisterie a été réduite en cendres. Les premières constatations révèlent la présence de trois corps calcinés dans le sous-sol. Très vite l'origine criminelle est confirmée et la police ne tarde pas à recevoir le témoignage d'un maçon, qui aurait été contacté pour allumer l'incendie contre une rétribution substantielle. Schneider et le Groupe Criminel se lancent sur la piste du commanditaire...
Pour le juif, qui voit dans l'immanence le lieu de la création, de la justice et de la rédemption divine, Dieu est éminemment le seigneur de l'Histoire, et c'est là qu'Auschwitz met en question, y compris pour le croyant, tout le concept traditionnel de Dieu. A l'expérience juive de l'Histoire, Auschwitz ajoute en effet un inédit, dont ne sauraient venir à bout les vieilles catégories théologiques. Mais quand on ne veut pas se séparer du concept de Dieu - comme le philosophe lui-même en a le droit - on est obligé, pour ne pas l'abandonner, de le repenser à neuf et de chercher une réponse, neuve elle aussi, à la vieille question de Job. Dès lors, on devra certainement donner congé au seigneur de l'Histoire. Donc : quel Dieu a pu laisser faire cela ? " (Hans Jonas)
Jay Gardiner s'est lancé dans une quête insensée : retrouver la dépouille de son père disparu dans l'océan Pacifique, au large de Monastery Beach. La seule façon, pour lui, de se libérer du poids de la culpabilité. La plongée commence bien, mais l'apparition d'un calmar géant le met en danger, danger aggravé par l'arrivée d'un cachalot. Soudain, Jay est entraîné dans l'estomac de la bête. Il lui reste une heure avant que ses bouteilles ne se vident, une heure pour vaincre ses démons et s'échapper du ventre du cachalot.
Année 1984 en Océanie. 1984 ? C'est en tout cas ce qu'il semble à Winston, qui ne saurait toutefois en jurer. Le passé a été réinventé, et les événements les plus récents sont susceptibles d'être modifiés. Winston est lui-même chargé de récrire les archives qui contredisent le présent et les promesses de Big Brother. Grâce à une technologie de pointe, ce dernier sait tout, voit tout. Liberté est Servitude. Ignorance est Puissance. Telles sont les devises du régime. Pourtant Winston refuse de perdre espoir. Avec l'insoumise Julia, ils vont tenter d'intégrer la Fraternité, une organisation ayant pour but de renverser Big Brother. Mais celui-ci veille...Notes Biographiques : George Orwell (de son vrai nom Eric Blair) est né aux Indes en 1903 et a fait ses études à Eton. Sa carrière est très variée et beaucoup de ses écrits sont un rappel de ses expériences. De 1922 à 1928 il sert dans la police indienne impériale. Pendant les deux années suivantes il vit à Paris puis part pour l'Angleterre comme professeur. En 1937 il va en Espagne combattre dans les rangs républicains et y est blessé. Pendant la guerre mondiale il travaille pour la B.B.C., puis est attaché, comme correspondant spécial en France et en Allemagne, à l'Observer. Il meurt à Londres en janvier 1950.
Un jour de juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule-de-Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : "Tout ce qui marche sur deux pieds est un ennemi. Tout ce qui marche sur quatre pattes, ou possède des ailes, est un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d'alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux". Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : "Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que d'autres".
Voyage dans l’histoire de Murano et ses souffleurs de verre à travers l’histoire d’Orsola Rosso et de son entourage. Une véritable immersion dans la vie quotidienne d’une famille de verriers, une belle promenade dans ses ruelles étroites, ses canaux et sur ses gondoles. Un roman richement documenté sur la travail du verre, les liens complexes entre Venise et sa voisine. Soyez attentif, le temps s’écoule différemment dans la Lagune ... Une fresque familiale et historique fascinante !