Extrait Le monsieur à la blouse blanche passe quand les petites filles sages sont dans leur lit et rêvent de poupées parlantes, dring, un coup de sonnette si bref que le son glisse et s'éloigne et on dirait que les fées qui vivent du côté des garages gloussent, crash, dans le noir le bruit d'une bouteille qui se brise devant un pub, loin, très loin, on risque rien au fond du lit, c'est chaud et douillet, clic, le monsieur à la blouse blanche referme doucement la porte derrière lui, il entre dans le salon sur la pointe des pieds, Ben est étendu sur le canapé, sa bonne grosse tête posée sur les genoux de maman, il s'est assoupi, il rêve qu'il chasse des lapins dans des prairies vertes et ensoleillées, des lapins tout doux qu'il n'a jamais vus et qu'il ne pourrait pas attraper même s'il le voulait parce que, voilà, Ben c'est plus un chiot, c'est un grand, c'est la vie qui l'a usé, sa dernière promenade l'a fatigué, les articulations de ses genoux enflent, son ventre se fait bouffer par un cancer, il a comme des boulettes sous sa fourrure tachetée de gris qui brillait, avant, tellement elle était noire, ça a toujours été un beau chien, et très affectueux avec ça, même là, sa queue frétille presque pour l'inconnu, Ben qui ne ferait pas de mal à une mouche, qui aime ses promenades, qui aime l'air frais, qui aime renifler, faire son pipi et faire sa crotte, qui aime l'été, qui aime s'allonger au soleil, aujourd'hui il s'est traîné dehors, son corps chaloupait, il pleurait doucement, comme pour lui-même, il boitait, il voulait sa promenade comme quand c'était un petit chiot, c'est son corps le problème, son âge, là il est tout cassé et il reste sur le canapé, il sourit, il fait que ça. Ben ne voit au fond que des formes, ses yeux qui pleurent et sa cataracte ça le ramène à quand il venait de naître et qu'il essayait de comprendre ce que pouvaient bien renfermer les contours, en tout cas c'est ce que dit maman, la gueule de Ben tout chiot encadrée aux quatre coins de la pièce, sa truffe on dirait du caoutchouc, elle s'agite quand il renifle le monsieur, ça sent l'après-rasage et l'antiseptique, Ruby parie que c'est goût fraise, elle est assise tout en haut de l'escalier, personne ne peut la voir, maman a lu l'histoire, elle a dit : «le marchand de sable va passer», elle lui a fait la caresse sur les yeux et les cheveux, et d'habitude Ruby est une petite fille sage mais ce soir elle n'arrive pas à dormir, les yeux de maman sont rouges comme si elle avait pleuré, et c'est pour ça que Ruby épie à travers la rampe de l'escalier, les longs doigts de maman caressent la tête de Ben, survolent ses paupières, tout doucement, le son de sa voix qui murmure, c'est un bon chienchien ça, un beau chienchien, les yeux de Ben se referment, il soupire du fond de sa poitrine, dans son coeur, il est content, si content de ne pas être obligé de bouger, il a pas mal quand il se tient tranquille, la chaleur du feu électrique et la main de maman, il a besoin de rien d'autre, et Ruby regarde le monsieur dans sa drôle de blouse blanche qui parle tout bas, elle n'entend pas ce qu'il dit, il a la raie sur le côté, il porte une cravate, il se penche en avant et touche Ben, Ruby ne voit aucun des jouets de Ben qui traînent, pas de baballe, pas d'os en plastique, en fait elle comprend pas ce qu'elle voit, c'est qu'une môme.
Qui n'a pas connu l'été 1977 à Slough n'a pas connu la douceur de vivre. C'était l'époque des premières Doc Martens, du punk rock et du reggae, des bastons avec les Teds et des nuits électriques au pub, quand toutes les filles s'appelaient Debbie Harry. Pour Joe, quinze ans, tout s'est terminé une nuit, lorsque Welles et sa bande l'ont jeté dans Grand Union Canal après avoir tabassé Smiles, son meilleur ami. 1988. Joe a vingt-six ans. Il traverse la Mandchourie à bord du Transsibérien, de retour de Hong-Kong où il a travaillé dans un bar pendant trois ans. Il fait l'amour avec une Russe, il rêve à sa jeunesse, au pauvre Smiles, au principal du collège que tout le monde appelait Staline. Et à Gary, qui s'est suicidé. 2000. Joe est DJ et la vie est douce à nouveau. Jusqu'au jour où, dans un cimetière, il croit reconnaître Gary. (Mais Gary est mort.) A moins qu'il ne s'agisse... de son fils? Dur et mélancolique, réaliste et lyrique, Human punk - dédié à George Orwell - est le meilleur livre de John King. Il éclaire de manière crue "les règles qui gouvernent le comportement masculin et la genèse de la violence mâle" (The New Stateman) dans une des villes-satellites proches de Londres. Mais c'est aussi un roman universel, dont l'écriture s'envole dans des riffs époustouflants.
Avec une élégance consommée dans l'art de provoquer, des fictions d'une verve, d'une force et d'une fraîcheur entraînantes, qui tracent les contours d'un manifeste sexuel et politique.
Un enfant de rien, un petit grain de poussière qui par son destin, bouleversera le cours de son monde ... Le premier tome d’une saga de fantasy d’une rare qualité !
L'univers de Neil Gaiman est nourri par les légendes nordiques. Il revient à ses sources et nous raconte enfin la grande saga des dieux scandinaves qui l'ont inspiré pour son chef d'oeuvre American Gods. De la genèse des neuf mondes au crépuscule des dieux et l'ère des hommes, ils reprennent vie : Odin, le plus puissant des dieux, sage, courageux et rusé ; Thor, son fils, incroyablement fort mais tumultueux ; Loki fils d'un géant et frère d'Odin, escroc et manipulateur inégalable... Fières, impulsives et passionnées, ces divinités mythiques nous livrent enfin ici leur passionnante - et très humaine - histoire.
George Orwell's dystopian masterpiece, Nineteen Eighty-Four is perhaps the most pervasively influential book of the twentieth century, making famous Big Brother, newspeak and Room 101.'Who controls the past controls the future: who controls the present controls the past'Hidden away in the Record Department of the sprawling Ministry of Truth, Winston Smith skilfully rewrites the past to suit the needs of the Party. Yet he inwardly rebels against the totalitarian world he lives in, which demands absolute obedience and controls him through the all-seeing telescreens and the watchful eye of Big Brother, symbolic head of the Party. In his longing for truth and liberty, Smith begins a secret love affair with a fellow-worker Julia, but soon discovers the true price of freedom is betrayal.Eric Arthur Blair (1903-1950), better known by his pen-name, George Orwell, was born in India, where his father worked for the Civil Service. An author and journalist, Orwell was one of the most prominent and influential figures in twentieth-century literature. His unique political allegory Animal Farm was published in 1945, and it was this novel, together with the dystopia of Nineteen Eighty-Four (1949), which brought him world-wide fame. All his novels and non-fiction, including Burmese Days (1934), Down and Out in Paris and London (1933), The Road to Wigan Pier (1937) and Homage to Catalonia (1938) are published in Penguin Modern Classics. If you enjoyed Nineteen Eighty-Four, you might like Orwell's Animal Farm, also available in Penguin Great Orwell.'His final masterpiece... enthralling and indispensible for understanding modern history'Timothy Garton-Ash, New York Review of Books'The book of the twentieth century... haunts us with an ever-darker relevance'Independent
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.
Avant de s'engager dans l'armée iranienne pour combattre l'ennemi irakien, Amir Yamini était un playboy, qui passait le plus clair de son temps à séduire les femmes et exaspérer sa très pieuse famille. Cinq ans plus tard, sa mère et sa soeur le retrouvent, amputé de son bras gauche, dans un hôpital psychiatrique pour soldats traumatisés. Quasi amnésique, Amir est hanté par la vision d'une mystérieuse femme sans visage, au front orné d'un croissant de lune. De retour à Téhéran, le fils prodigue est tour à tour salué comme un martyr de la Révolution islamique et confiné dans sa chambre comme un fou dangereux. Avec la complicité de sa soeur, il s'évade en escaladant le mur de leur jardin et repart sur le champ de bataille à la recherche de celle qu'il surnomme "Front de lune" , accompagné dans ce périple au fil de la mémoire par deux scribes perchés sur ses épaules - l'ange de la vertu et l'ange du péché - qui consignent depuis toujours son histoire. Avec cette épopée amoureuse, guerrière et poétique d'une inventivité exubérante, porteuse d'un regard subtil sur la société iranienne contemporaine et empreinte d'une sensualité tout droit héritée de la grande tradition des contes persans, le grand romancier iranien Shahriar Mandanipour signe une oeuvre forte, envoûtante et pleine d'humanité.
Un roman puissant qui raconte la vie inimaginable et incroyable de Kya, une enfant abandonnée par les siens au cœur d'un marais. Ce lieu devient son refuge et sa seule famille. Une histoire passionnante, enrichissante et douce-amère. Un superbe hymne à la nature !