Soldats en permission, femmes abandonnées, adolescents en quête du père, flagellants en procession : les personnages qui peuplent ces onze nouvelles expriment une vérité profondément irakienne. Celle d'un monde tragique, écrasé par des difficultés de toutes sortes, et qui semble un moment s'en échapper en basculant dans l'étrange et le merveilleux. Ici, les graffitis sur les murs d'une vieille maison se muent en chevaux qui galopent, les chiens errants sont doués d'imagination, une jeune fille parle le langage des tortues et, de l'eau qui ruisselle sur le dallage du mausolée d'Al-Husayn, dans la ville sainte de Karbala, surgissent soudain l'arche de Noé et la baleine de Jonas... L'originalité de Mohammad Khodayyir, l'une des figures marquantes de la littérature irakienne, tient autant à sa vision intense de l'existence qu'à son écriture lyrique, voire flamboyante. Ses personnages dégagent une telle charge d'humanité qu'ils instaurent d'emblée une lecture fondée sur la sympathie, quand ils n'appellent pas une sorte d'identification secrète.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.