Ce premier livre d'une jeune romancière irakienne s'attache à transcrire le destin d'une jeune fille écartelée entre deux cultures : le père de la narratrice est irakien, sa mère écossaise. Son enfance se déroule à la campagne. Malgré l'interdiction maternelle, elle passe beaucoup de temps avec Khaddouja, la fille de paysans voisins, avec qui elle joue au bord du Tigre. Cette vie simple en plein air fait son bonheur, d'autant qu'à la maison ses parents s'affrontent sur tout : la mère s'ennuie, demande à pouvoir travailler et à donner une éducation occidentale à sa fille, le père leur interdit même de parler anglais. Avec l'adolescence vient la guerre Iran-Irak. La famille habite maintenant Bagdad, et la narratrice se consacre surtout à ses cours de danse classique pour essayer d'oublier la pénurie et les bombardements, alors que les relations entre ses parents se sont encore dégradées. Elle vit sa première relation amoureuse avec un peintre chrétien, qui finit lui aussi par partir au front.Quelques années plus tard, après la mort du père, elle travaille comme traductrice à Londres, où sa mère se meurt d'un cancer. Au moment même de la mort de cette dernière, la jeune femme se découvre enceinte...Roman de formation intimiste et émouvant, Un ciel si proche apporte aussi au lecteur occidental un éclairage passionnant sur la guerre Iran-Irak (près d'un million de victimes entre 1980 et 1988) et sur la société irakienne vue de l'intérieur.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.