J'étais persuadé à l'avance de retrouver le même univers que lors de mon premier séjour à Saint-Paul. J'allais pénétrer sur un campus peuplé de gosses de riches, et observer que les quelques élèves noirs et latinos pauvres y étaient tenus à l'écart dans une résidence réservée. j'allais constater que les élèves qui à leur arrivée ici savaient déjà qu'ils étaient les élites de demain bénéficiaient d'avantages sociaux et culturels par rapport aux autres. Mais j'ai réalisé que l'endroit avait bien changé. L'arrogance des nantis avait laissé la place à l'aisance, qui est ta marque du privilège. Ce livre en forme d'immersion dans l'univers d'une élite en devenir permet de mieux comprendre le problème des inégalités dans une Méritocratie. Ethnographie de Saint-Paul, lycée d'élite américain par lequel sont passées nombre de figures de premier plan du monde politique et administratif actuel, ce livre remet en cause de nombreux préjugés sur le fonctionnement des élites d'aujourd'hui. L'auteur, d'origine pakistanaise et issu d'un milieu comparativement modeste, a lui-même étudié à Saint-Paul avant de revenir y enseigner dans le but d'y mener cette enquête. Mesurant les changements réels qu'a connus ce pensionnat (où, voilà trente ans, les élèves dits "de couleur" dormaient dans des dortoirs à part), il montre comment, au-delà de la revendication d'une distinction fondée sur la maîtrise de la culture WASP, l'aristocratisme américain proclame désormais son ouverture d'esprit envers les minorités : une forme de cosmopolitisme au service du maintien des inégalités sociales.
Nombre de pages
405
Date de parution
24/11/2015
Poids
424g
Largeur
120mm
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EAN
9782748902402
Titre
La Nouvelle Ecole des élites
Auteur
Khan Shamus ; Audollent Marie-Blanche ; Audollent
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
424
Date de parution
20151124
Nombre de pages
405,00 €
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Khan Sarah ; Tudhope Simon ; Barber Lizzie ; Baggo
Extrait Chenilles affamées Cherche les chenilles. Si chacune d'elles mange six feuilles, combien de feuilles restera-t-il ... Concours de chiots Ralph, Boxer, Charlie, Daisie et Elmo font la course dans un concours de chiots. Ralph arrive avant Boxer, mais derrière Charlie. Daisie arrive avant Elmo, mais après Boxer. Donne son prix à chaque chien.
L'empire des Indes, le Raj, a été au XIXe siècle un terrain d'action pour les plus grands photographes. John Burke et William Baker furent de ceux-là, témoins, comme l'a été dans le registre de l'écriture Rudyard Kipling, des guerres de conquête britanniques, de la vie coloniale, des découvertes des grands monuments hindous ou moghols, de la diversité humaine enfin de cet immense espace. Ils ont principalement travaillé entre Cachemire et Afghanistan, englobant ainsi tout le nord de l'Inde - le Pakistan d'aujourd'hui. Une région sans cesse dans la tourmente, fief de féodaux indomptables, la seule que les Anglais n'aient jamais pu véritablement intégrer, malgré leur puissance. Ces années voient la révolte des Cipayes, les guerres Sikhs et les dramatiques guerres afghanes, déjà un échec des forces européennes devant des guerriers invincibles. Elles sont le théâtre de négociations de frontières, d'arrangements avec les émirs et maharadjahs, dont les conséquences éclatent au grand jour aujourd'hui, avec les revendications de l'Inde et du Pakistan sur le Cachemire. Personne jusqu'ici n'avait rassemblé suffisamment d'éléments pour retracer la carrière de ces deux photographes irlandais et replacer leurs photographies dans l'espace agité des ces marches du Raj. Omar Khan vient d'y consacrer dix ans de recherches, à travers les sources pakistanaises et les archives occidentales. La puissance évocatrice de leur ?uvre devient ainsi sujet d'histoire.
Paradoxalement, depuis que Freud a montré dans les Trois essais que tout enfant était un "pervers polymorphe" et que la sexualité humaine était, en son fond, perversion de l'instinct, la perversion proprement dite a été relativement négligée par la psychanalyse. S'il y a du pervers en chacun, alors qu'est-ce que la perversion ? Pour renouveler la question, il fallait aborder la perversion dans ses figures concrètes - fétichisme, masochisme, pornographie - et surtout en termes de relation plutôt que de "pulsions partielles". Telle est la perspective adoptée par Masud Khan dans ce livre qui traite donc de la relation perverse. Cette relation peut s'effectuer avec un partenaire - et la volonté de pouvoir, l'obtention d'une complicité sont alors déterminantes - ou avec un objet, ou encore avec un fantasme généralement stéréotypé. Dans tous les cas, le sujet est aliéné de lui-même et de l'objet de son désir : un "objet-collage interne" est toujours interposé et l'autre n'est qu'une absence. D'où les égarements et la souffrance du pervers qu'on trouvera ici évoqués de manière saisissante, à travers de nombreuses histoires de cas - autant de contes cruels - où s'affirme un exceptionnel talent de narrateur.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Françoise Thirionet a rencontré Silvio Marra, ouvrier italien émigré en Belgique, au début des années 1970. Pendant trente ans, ils militent ensemble en discutant des problèmes rencontrés par Silvio aux Forges de Clabecq où il travaille. Ce livre est issu de leurs entretiens. Pour Silvio et ses collègues, le quotidien à l'usine, c'est d'abord s'atteler à déconstruire certaines règles qui règnent dans l'entreprise. Notamment les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne des luttes qui ont eu lieu pendant trente ans pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Les ouvriers de Clabecq se fient à leurs propres forces et à leur connaissance de leur métier pour mener leurs combats. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il a déclaré ne plus rien pouvoir pour eux. Dans la forge, l'émancipation doit être une ?uvre collective. Son poste syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l?« esprit de Clabecq » : « Chaque fois qu'on voulait balancer quelqu?un, chaque fois qu'on voulait attaquer les faibles, tout le monde se portait à leur secours. Ce combat contre le licenciement, le chômage, le racisme, les bas salaires, nous le menions tous les jours sur le terrain. » Par la confiance qu'il affirme dans sa classe sans la théoriser à l'absurde, ce livre donne des leçons salvatrices d'optimisme militant.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?