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Reportages, Romans
Kessel Joseph ; Heuré Gilles
GALLIMARD
29,00 €
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EAN :9782070128709
Édition établie et dirigée par Gilles Heuré.4e de couverture : Lisez la presse, écoutez les bruits du monde : vous entendrez l'écho de ce journaliste-écrivain qui fit deux guerres comme combattant, sillonna tous les continents pour ses reportages et fut surnommé «L'Empereur» par tous ses confrères. Une résonnance évidente quand on réalise à quel point il fut aussi le témoin de bien des fureurs qui se prolongent aujourd'hui. Il est pourtant, d'abord, salué comme un romancier, auteur de multiples best-sellers dont L'Équipage, belle de jour, Le Lion, L'Armée des ombres¿ Pourtant, ce sont bien les reportages qui sont à l'origine de tout : la matrice, la source d'inspiration et la matière brute de ses nouvelles et de ses romans. Il suffit de lire les reportages qui les inspirèrent pour non seulement se convaincre de leur intérêt, mais plus encore se laisser entraîner dans des histoires dont l'on ressort souvent les yeux pleins de poussière. Et de se convaincre que l'écriture du Kessel journaliste a cette vertu première : nous informer et, même, nous faire rêver. Le croisement perceptible entre reportages et nouvelles, entre vie intime et roman, c'est la manière Kessel. Il se sert de ses reportages pour nourrir sa production littéraire, change parfois les titres, injecte ici ou là, laisse mûrir. Mais, quoi qu'il fasse, il n'oublie rien ni personne. Et qui a dit qu'un article ne survivait pas à la date de sa parution ? Ceux de Kessel sont vivants, colorés, vibrants d'une curiosité et d'une générosité salutaires. La lecture de ses articles ne doit donc pas attendre : ils sont la matière même du siècle tourmenté qui fut le sien et qui est encore le nôtre.Notes Biographiques : Joseph Kessel naît en Argentine en 1898. Ses parents sont russes. Il passe une partie de son enfance en Russie, à Orensburg, au pied de l'Oural, fait ses études au lycée Louis-le-Grand, à Paris, puis à la Sorbonne, et suit des cours de comédie. Au cours de la Première Guerre mondiale, il s'engage dans l'aviation et a l'occasion d'observer, en témoin, certains épisodes de la révolution russe de 1917. Il voyage aux États-Unis, en Chine, en Inde, à Ceylan, en Indochine. Il publie alors ses premiers livres : «L'Équipage» (1923), «Les Rois aveugles» (1925), couronné en 1927 par le grand prix du roman de l'Académie française. Il participe à la guerre d'Espagne ; en 1940, il est correspondant de guerre. Il rejoint en 1941 les rangs de la France libre et écrit le Chant des partisans avec son neveu Maurice Druon. Grand voyageur, il arpente le monde et rapporte de nombreux documentaires et des livres inspirés de ses expériences. C'est ainsi qu'il publie, en 1967, «Les Cavaliers», à la suite d'une expédition en Afghanistan. Le Lion paraît en 1958. En 1963, Joseph Kessel entre à l'Académie française. Témoin parmi les hommes, comme l'indique un de ses titres, il a fait partie de l'Organisation mondiale de la santé. Joseph Kessel est mort en 1979.
Quatrième de couverture King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée.
Résumé : " L'accusé avait pour nom Adolf Eichmann. Son crime dépassait toute mesure humaine. Il avait pris part - et une part majeure - à l'anéantissement de six millions de vies. Les victimes, hommes, femmes, adolescents, enfants à la mamelle - étaient juives. De 1939 à 1945, Adolf Eichmann, officier SS, avait eu pour travail de traquer et déporter les populations israélites de tous les pays occupés par les soldats d'Hitler. Il s'était acquitté de sa charge avec un zèle si enthousiaste et si monstrueux, que les Alliés l'avaient inscrit sur la liste des grands criminels de guerre." En 1961, comme Hannah Arendt, Joseph Kessel assiste en tant que reporter au procès d'Eichmann, à Jérusalem. Lors de ce "procès exceptionnel, extraordinaire, dans ses origines, ses formes, sa signification et sa résonance", il écrit.
«Ce que j'ai tenté avec Belle de Jour, c'est de montrer le divorce terrible entre le c?ur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour amour et l'exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelques rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe.»Joseph Kessel.
Des scènes de la vie privée en Russie bolchéviste. Un professeur de mathématiques calme et pondéré devient communiste et commissaire du peuple, maltraite sadiquement un village; il meurt chef d'une bande antisoviétique après avoir brûlé vifs dans la grange où ils dorment ses compagnons prêts à le trahir. Une petite fille de treize ans, instruite de ses droits et débauchée par un vieillard, échoue sur le trottoir à Moscou: elle tue un client ivre pour lui voler son portefeuille et s'achète une poupée; arrêtée, elle demande qu'on lui rende le jouet acheté avec l'argent du crime. Un père et son petit garçon de dix ans sont fusillés; mais le petit garçon n'a pas été tué, il revient chez sa mère et sa soeur qui soignent sa blessure; une cousine le dénonce; la mère empoisonne l'enfant avec du laudanum plutôt que de le rendre à ses bourreaux. Une mère ne trouve plus son fils chez elle en rentrant; quelques jours plus tard, elle apprend son exécution en voyant le bourreau chinois vendre au marché le chandail vert pomme de l'adolescent. Un jeune bourgeois poursuivi est caché dans une cellule de fou furieux par son ami médecin aliéniste; il passe une nuit entière à se défendre contre le dément qui occupe avec lui la cellule: quelques mois plus tard, parvenu à se mettre en sûreté, il rencontre dans la ville où il a trouvé refuge... le dément, autre bourgeois en parfaite santé mentale et qui, de son côté, durant la terrible nuit, l'avait cru fou furieux. Ce livre, le premier de Joseph Kessel, a révélé d'emblée un écrivain formé à l'école de la vie.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.