Evénement majeur de notre siècle, le nazisme demeure également une énigme majeure posée aux historiens. Tour à tour, ceux-ci l'ont expliqué par le phénomène général du fascisme - mais sans rendre raison de la question raciale, périphérique dans le fascisme italien, centrale dans le régime hitlérien ; par le totalitarisme antibourgeois - mais, entre le nazisme et le stalinisme, les différences de buts, d'idéologie, de structures économiques et sociales l'emportent sur les similitudes d'apparence ; par la personnalité de Hitler, décidant tout et tout seul, du génocide comme de la guerre - mais au risque de ne pouvoir dire pourquoi le régime hitlérien consista en une polycratie, multiplicité de centres de pouvoir et d'initiatives bureaucratiques, plus ou moins autonomes et rivaux. Entre l'omnipotence diabolique de Hitler et la description de son pouvoir comme celui d'un "dictateur faible", face à un appareil d'Etat tout-puissant, Ian Kershaw risque une vision nouvelle. Ce qui devient objet d'histoire, ce n'est plus Hitler, mais sa position exceptionnelle, réelle, immense et qui excédait la mesure d'un individu sans qualité, tribun de brasserie, déclassé social, artiste raté. L'autorité charismatique qu'il exerça n'était pas une autorité traditionnelle, héréditaire ou hiérarchique, ni celle, légale, de la bureaucratie ; elle se fondait sur la perception - toujours renouvelée - par la masse de qualités, d'une mission, d'un héroïsme supposés du chef. Le charisme permet enfin de penser ensemble tous les traits que les interprétations précédentes avaient jusqu'alors séparément soulignés : le pouvoir de Hitler résultait de la collaboration, de la tolérance, des faux-espoirs ou de la faiblesse de tous ceux qui, en Allemagne, occupaient une position de pouvoir ou d'influence - tous reportèrent leurs attentes ou leurs ressentiments sur la personne du dictateur. Il devint l'emblème de l'activisme, la source de l'autorité légitime, l'instance de confirmation ou de sanction des faits et gestes de quiconque agissait selon les intentions qu'il prêtait au Führer. De cela résultait une combinaison sans précédent d'instabilité institutionnelle et de dynamisme hors du commun, qui, incapable de stabilisation dans des formes légales, finit dans l'autodestruction.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
413
Date de parution
10/10/2001
Poids
210g
Largeur
107mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070419081
Titre
Hitler. Essai sur le charisme en politique
Auteur
Kershaw Ian
Editeur
FOLIO
Largeur
107
Poids
210
Date de parution
20011010
Nombre de pages
413,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : L'époque contemporaine a vu l'émergence de conflits planétaires, bouleversant des sociétés entières. A la tête de ces pays se trouvaient des dirigeants capables de galvaniser les foules par leur charisme, détenant un terrifiant éventail d'instruments de contrôle, de persuasion et de mort. Qu'est-ce qui chez ces individus, et à l'époque où ils vivaient, leur a permis d'exercer un pouvoir aussi illimité et meurtrier ? Et qu'est-ce qui a mis fin à cette ère de terreur ? Rassemblant un groupe de figures contrastées (Staline, Hitler, Churchill, de Gaulle, Adenauer, Gorbatchev, Thatcher et Kohl), Ian Kershaw utilise sa connaissance unique du champ politique pour réfléchir à la manière dont des chefs politiques, en tout point différents, ont exercé le pouvoir et changé le monde.
Résumé : Après l'accumulation d'horreurs de la première moitié du XXe siècle qui avaient conduit " l'Europe en enfer ", les années 1950 à 2018 apportèrent la paix et une prospérité relative à la majeure partie de l'Europe. D'immenses progrès économiques transformèrent le continent. Le souvenir des guerres mondiales s'éloigna peu à peu, même si leur ombre a continué de planer sur les esprits. L'Europe était désormais un continent divisé, vivant sous une menace nucléaire, qui prit parfois des contours terrifiants. Ses habitants perdirent la maîtrise de leur destin, dicté par la guerre froide qui opposait les Etats-Unis et l'URSS, et se trouvèrent " précipités " dans une série de crises qui menaçaient de les faire basculer dans la catastrophe. Il y eut des succès éclatants : la dissolution du bloc soviétique, la disparition des dictatures et la réunification de l'Allemagne. L'accélération de la mondialisation, la dérégulation financière, la naissance d'un monde multipolaire, la révolution des technologies de l'information ont produit de nouvelles fragilités. L'enchevêtrement de crises qui ont suivi 2008 a été l'avertissement le plus clair adressé aux Européens : la paix et la stabilité ne sont aucunement garanties et le continent pourrait bien connaître de nouvelles fractures. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère d'incertitudes. Dans ce livre remarquable, Ian Kershaw brosse un ample tableau du monde dans lequel nous vivons. Puisant ses exemples à travers tout le continent, Des temps d'incertitudes / L'Age global éclaire puissamment l'histoire du temps présent et jette un regard prudent sur notre futur. Ian Kershaw est l'auteur d'une monumentale biographie de Hitler (Flammarion, 2000 et 2001) et a publié au Seuil : Choix fatidiques. Dix décisions qui ont changé le monde (2009, " Points Histoire ", 2012), La Fin, Allemagne 1944-1945 (2012, " Points Histoire ", 2014), et L'Europe en enfer, 1914-1949 (2016, " Points Histoire ", 2018).
Il est difficile de trouver un sujet qui ait donné lieu à des controverses plus nombreuses et plus brûlantes que le Troisième Reich. Les points de vue sont si variés et si divergents qu'il est parfois impossible de s'y repérer. C'est pourquoi Ian Kershaw, spécialiste mondialement reconnu, a brillamment entrepris de faire le point sur les principaux problèmes posés par la dictature nazie et les interprétations qui en ont été données : quelles sont les origines du nazisme ? S'agit-il d'un fascisme, d'un totalitarisme ou bien d'un phénomène unique en son genre ? Quel rôle a joué la grande industrie dans l'avènement de Hitler ? Celui-ci contrôlait-il tous les rouages du régime ? Quand a-t-il conçu l'Holocauste ? L'objectif de cet ouvrage clair et concis n'est pas de donner des réponses définitives à ces questions fondamentales, encore largement ouvertes, mais de permettre à tout un chacun de se forger une opinion informée sur le régime à la fois le plus monstrueux et le plus difficile à déchiffrer de notre temps. --Thomas Ferrier
Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."Notes Biographiques : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal "Combat" à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment "L'étranger" (1942) et "La Peste" (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.
Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.4e de couverture : Emma est une jeune femme atteinte d'anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu'expliquer : "Je l'ai fait pour qu'on m'arrête." Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. "Sobibor", ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses. Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.Notes Biographiques : Jean Molla est né en 1958 à Oujda, au Maroc. Il a fait des études de lettres à Tours et à Poitiers puis, un peu par hasard, des études de tourisme. Il a été successivement apiculteur, professeur de guitare classique et guide dans un musée pour finalement devenir professeur de lettres. Après avoir enseigné dans de nombreux établissements de la Vienne et du Nord de la France, il exerce aujourd'hui dans un collège de ZEP, à Poitiers. Ce n'est qu'en 2000 que Jean Molla a commencé d'écrire, juste avant la naissance de son troisième garçon.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs". Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.