Jihad. Expansion et déclin de l'islamisme, 2e édition
Kepel Gilles
FOLIO
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EAN :9782070429318
L'universitaire Gilles Kepel, directeur de recherche au CNRS et responsable des études sur le monde musulman à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris publie chez Gallimard une étude passionnante intitulée : Jihad, expansion et déclin de l'islamisme. 1970-2000 : il fallait que ces trente ans soient écoulés pour que le regard du chercheur puisse saisir avec netteté le phénomène historique particulier qu'a constitué l'expansion, puis le déclin, de l'islamisme, dans la fin du vingtième siècle. Gilles Kepel a accompagné de très près le développement des premiers mouvements qui se réclamèrent du "jihad", et voulurent instaurer l'Etat islamique. Il en analyse les succès, en décryptant leurs ressorts politiques et sociaux : alliance d'une classe moyenne désireuse d'acquérir une liberté politique et de classes populaires en quête de révolution pure et dure. Il en analyse également l'entrecroisement avec les intérêts des grandes puissances et des puissances régionales : le jeu des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite pour soutenir un islamisme sunnite conservateur, notamment par une surenchère en matière de m?urs, qui fasse pièce à l'islamisme révolutionnaire et anti-capitaliste des responsables chiites de Téhéran, puis l'émancipation des dirigeants Talibans d'Afghanistan qui, grisés de leur victoire contre les forces de l'Union soviétique, échappent aux desseins de leurs protecteurs pour décider eux-mêmes du destin de leur pays, au risque de le faire régresser vers un moyen-âge fanatisé. La description des forces politiques et sociales qui s'affrontent et des logiques qu'elles emploient fait toute la force du livre de Gilles Kepel, qui se lit aussi comme une grande fresque historique du dernier demi-siècle. Où l'on mesure que l'un des phénomènes les plus spectaculaires de cette période, à l'échelon de nombreuses nations du monde musulman, comme à l'échelle des relations internationales, fut représenté par la diffusion, l'apogée, puis la mise en échec et le reflux, d'une pensée politique radicalement nouvelle fondée sur le recours exclusif à l'Islam comme mode d'organisation de la société. Cette pensée politique et religieuse à la fois répondait d'un même mouvement au malaise identitaire des jeunes nations musulmanes rejetant l'épisode sombre de la colonisation, et aux revendications sociales et politiques vécues de manière de plus en plus violentes dans des régimes autoritaires constitués, dans les premières années de leur indépendance, par la consolidation nécessaire du monde bipolaire hérité de la guerre froide. La conclusion que Gilles Kepel tire de son analyse minutieuse de l'évolution des événements et des doctrines, dans l'ensemble du monde musulman, de l'Indonésie à la Mauritanie, en passant par le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iran, les Pays du Golfe, l'Egypte, l'Algérie et le Maroc, est relativement optimiste : il perçoit dans les remises en cause actuelles l'ébauche d'un mouvement cohérent vers une "démocratie musulmane" où les aspirations que traduisait l'islamisme pourront être satisfaites par des évolutions civiques et des réformes sociales, à condition bien sûr que les élites actuelles en comprennent l'urgence? "En ce tournant de siècle et de millénaire, il leur revient d'intégrer les groupes sociaux qui avaient été tenus à l'écart depuis les indépendances, et de favoriser l'enfantement d'une sorte de démocratie musulmane, sachant mêler de manière inédite culture, religion, et modernité politique comme économique. Ce scénario suppose que les élites rajeunies qui accèdent au pouvoir, du Maroc de Mohammed VI à la Jordanie d'Abdallah II, de l'entourage technocratique et militaire du président algérien Bouteflika à celui du président indonésien" Gusdur "Wahid, soient capables de se projeter dans l'avenir, et de" partager le gâteau "aujourd'hui pour le faire croître demain. Si ces élites se contentent de tirer un profit immédiat et égoïste de la décrue de l'islamisme, sans s'engager dans la réforme, le monde musulman sera confronté, à court terme, à de nouvelles explosions, que leur langage soit islamiste, ethnique, racial, confessionnel ou populiste." -- Khaled Elraz--
Résumé : Prophète en son pays est un récit de formation qui couvre les quatre décennies pendant lesquelles Gilles Kepel a parcouru le monde arabe et musulman, de l'Egypte au Levant, ainsi que les "banlieues de l'islam" de l'Hexagone et de l'Europe. Kepel fut en effet le premier à identifier et à étudier les mouvements islamistes, lors de l'assassinat de Sadate en 1981, et à observer la naissance de l'islam en France. Contre les idéologies dominantes - du tiers-mondisme d'hier à l'islamo-gauchisme d'aujourd'hui - et les politiques à courte vue des dirigeants français, ses réflexions sur le "djihadisme d'atmosphère" font désormais autorité et alimentent le débat public en France comme à l'international. Il en éclaire ici la controverse face à la déferlante woke qui menace les études circonstanciées de l'islam contemporain et obère la libre réflexion sur notre société fi-ançaise. Avec humour et érudition, Gilles Kepel revient sur quarante ans d'intuitions prémonitoires.
Résumé : La razzia qui a dévasté, le 7 octobre 2023, l'Etat juif où 1140 personnes ont été massacrées, violées, mutilées a été suivie d'une hécatombe lors de l'assaut sur Gaza en représailles, dans lequel ont péri plus de 25000 Palestiniens. Ces holocaustes - au sens religieux originel de sacrifices de masse - incarnent la malédiction de la Terre sainte dans notre période tragique. Engrenage de violence et d'aveuglement dont les logiques remontent loin dans l'histoire des deux peuples. Gilles Kepel montre comment les protagonistes de ce drame entremêlent, dans leurs actes et discours, mystique et politique. A l'islamisme radical du Hamas sunnite et de ses alliés chiites inspirés par l'Iran s'opposent les suprémacistes juifs qui assurent la survie d'un gouvernement Netanyahou aux stratégies ambiguës. Du Yémen au Liban, ce choc exacerbe les tensions régionales et connaît des répercussions mondiales. Il prend l'allure d'une guerre planétaire contre l'Occident et ses valeurs, opposant Apartheid et Shoah. En s'appropriant la notion de "génocide", certains Etats et organisations se réclament d'un "Sud Global" en lutte contre un "Nord" stigmatisé comme colonialiste et "islamophobe". L'auteur révèle ici les enjeux majeurs de ce conflit de civilisations.
Résumé : Bilan et perspectives du 7 Octobre. L'effet de souffle de la razzia pogromiste perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023, puis de l'hécatombe des Palestiniens à Gaza, a bouleversé l'ordre du monde instauré après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir proposé une analyse approfondie des logiques politico-religieuses qui déchaînent ces passions meurtrières, l'auteur d' Holocaustes livre ici une mise en perspective du basculement qui en résulte. Chamboulement géopolitique d'abord, avec l'émergence d'un " Sud Global " autoproclamé qui révoque l'hégémonie du " Nord ". Séisme moral ensuite, quand le terme de " génocide ", historiquement lié à la création de l'Etat d'Israël, est subverti jusqu'au sommet des instances de l'ONU. Fracture sociétale enfin, dans les démocraties du " Nord " taraudées par une polarisation identitaire inédite, entre wokisme d'extrême gauche et populisme d'extrême droite. Du blocage des campus à l'irruption des causes palestinienne et israélienne dans les élections majeures d'Europe et d'Amérique, Gilles Kepel revient sur les lignes de faille que le 7 Octobre approfondit dans notre actualité et notre devenir. Une histoire raisonnée du temps présent, nourrie par la profondeur de champ d'un spécialiste reconnu de l'islamisme politique et de ses conséquences planétaires.
Ce livre présente le mouvement islamiste issu de l?internationalisation du mouvement des Frères musulmans, tel qu?il s?est développé en Europe : Florence Bergeaud-Blackler le nomme frérisme. Elle explore ici, de façon factuelle et documentée, l?origine du mouvement, son fondement doctrinal, son organisation et ses modes opératoires, ainsi que ses méthodes de recrutement et d?endoctrinement. Elle montre comment il étend son emprise au ceur même des sociétés européennes en s?appuyant sur leurs institutions, en subvertissant les valeurs des droits de l?homme ou en « islamisant » la connaissance.Ni réquisitoire ni dénonciation complotiste ou militante, c?est le résultat d?une enquête de fond étayée et référencée, menée selon les méthodes des sciences humaines et qui cerne précisément un objet, l?islamisme frériste, qui construit un système-islam décliné dans trois directions : une vision, une identité, un plan. Le propos ne vise ni une religion ni une communauté de croyants, mais décrit un mouvement qui cherche à se servir d?eux pour imposer une stratégie d?islamisation des pays non musulmans dans toutes sortes de domaines, de l?économie à l?écologie, de l?école à l?université.Un document de référence, qui éclaire un phénomène souvent mal cerné. Un livre précieux pour sa mesure et sa lucidité, qui nourrit le débat de faits plutôt que d?anathèmes idéologiques.Notes Biographiques : Florence Bergeaud-Blackler est anthropologue, chargée de recherche CNRS (HDR) au groupe Sociétés, religions, laïcité à l?École pratique des hautes études.
Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."Notes Biographiques : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal "Combat" à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment "L'étranger" (1942) et "La Peste" (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.
Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.4e de couverture : Emma est une jeune femme atteinte d'anorexie. Appréhendée dans un supermarché pour vol, elle ne peut qu'expliquer : "Je l'ai fait pour qu'on m'arrête." Pourtant, Emma veut savoir, Emma veut comprendre. "Sobibor", ce nom, prononcé par sa grand-mère polonaise peu avant sa mort, lui apportera plus que de simples réponses. Dans ce récit mettant en scène une adolescente aux prises avec des réalités qui la dépassent, Jean Molla revient sur un des épisodes les plus tragiques du siècle dernier. Ce roman, au succès critique et populaire, a été récompensé par plus de dix prix littéraires et a été traduit en six langues.Notes Biographiques : Jean Molla est né en 1958 à Oujda, au Maroc. Il a fait des études de lettres à Tours et à Poitiers puis, un peu par hasard, des études de tourisme. Il a été successivement apiculteur, professeur de guitare classique et guide dans un musée pour finalement devenir professeur de lettres. Après avoir enseigné dans de nombreux établissements de la Vienne et du Nord de la France, il exerce aujourd'hui dans un collège de ZEP, à Poitiers. Ce n'est qu'en 2000 que Jean Molla a commencé d'écrire, juste avant la naissance de son troisième garçon.
Vous voulez vous venger de l'avarice de votre maître ? Faites-lui croire qu'une troupe imaginaire de spadassins est à sa poursuite et que vous avez trouvé un moyen de le sauver. Prenez un sac. Mettez l'homme dans ce sac et prenez soin de bien le fermer. Promenez-le un peu sur votre dos à travers la ville. Profitez-en pour le rouer de temps à autre de coups de bâton. Mais prenez garde que votre victime ne découvre la supercherie...
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs". Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Souvent condamnés avant tout procès par les effets conjugués de l'émotion collective et de l'extrême médiatisation, les suspects de terrorisme incarnent aujourd'hui la figure du mal. Défendre ces "ennemis publics" tient lieu de défi impossible. Vincent Brengarth s'est livré à cet exercice périlleux. Déshumanisation du lieu d'audience, prises de parole aseptisées, déroulé parfois arbitraire des journées, opinion publique acquise à la thèse de la culpabilité, tensions et crispations entre confrères, solitude des bancs de la défense - il livre le récit des huit semaines du procès en appel de l'attentat de Nice, au terme desquelles demeure une interrogation : dans ces procès où il est fait peu de cas de la parole de l'accusé, l'enjeu d'un avocat de la " terreur " est-il de défendre une cause individuelle ou les principes d'un Etat de droit qui vacille devant la menace terroriste ? Une plongée immersive dans l'envers du décor, au plus près d'un procès de justice antiterroriste.
Plus de deux décennies après les attentats du 11 septembre 2001, le terme jihad est entré dans le langage commun, mais généralement de façon caricaturale. Dévoyé de son sens premier, son usage s'est banalisé au gré des attaques terroristes, renvoyant dans l'imaginaire collectif aux combattants musulmans ultra-violents venus anéantir nos sociétés. Une vision portée par les jihadistes eux-mêmes, qui voient dans leur combat un véritable pilier religieux et une réaffirmation identitaire absolue. Cette polarisation des perceptions a conduit à d'intenses polémiques dans la sphère publique, entre pourfendeurs d'une islamophobie présumée et critiques acerbes de l'islam, toutes très éloignées des faits comme des sources, et brouillant une juste compréhension des bouleversements ayant pris place ces dernières décennies. Quelle signification accorder au jihad selon les époques ? Quels rapports entre jihad et jihadisme ? Pourquoi continuer d'évoquer le jihad alors que la violence qui s'en réclame a nettement décru ? Cet ouvrage creuse ces questions pour déconstruire bien des stéréotypes encore véhiculés sur le sujet et donner à voir la métamorphose d'une menace, pour proposer une perspective distanciée, critique et donc plus apaisée sur un objet d'étude sensible et complexe.
Le jihadisme est-il vraiment né en Afghanistan lors de la guerre contre les Soviétiques ? Comment fonctionnent les réseaux terroristes islamistes et en quoi sont-ils différents des précédents groupes qui nous ont frappés ? Quels sont les choix stratégiques des pays occidentaux contre le phénomène, et leurs limites ? Et tuez-les partout où vous les trouverez retrace l'histoire de la lutte contre le jihadisme, de sa découverte aux adaptations progressives des forces de sécurité françaises depuis le point de vue inédit d'un ex-cadre de la DGSE. A travers un essai riche et documenté, il explore les différents défis rencontrés ainsi que la manière dont la France a structuré sa réponse face à cette menace.
Résumé : Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume. A l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre "Vous n'aurez pas ma haine", publiée sur Facebook quelques jours après les attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.