Dimanche 25 mars. Voilà bien quatre mois que je n'ai plus coupé une natte. Les flics doivent être furieux. Tant mieux si ça freine leur enquête. Mais il m'arrive toujours de suivre des femmes, pour la beauté du geste. Comme cette rousse croisée hier soir devant le Royal-Saint-Germain. Sa tresse délicatement modelée retenue à son extrémité par un n'ud jaune canari... un peu criard à vrai dire, mais pourquoi pas ? Je l'ai escortée jusqu'à la gare d'Orsay, puis je suis revenu sur mes pas sereinement. Mon énergie est concentrée ailleurs. Changer ma vie ? Renoncer aux nattes ? Dans le Paris des années 60, les tresses portées par de belles passantes sont l'unique obsession d'un étudiant en philosophie. La Solitude du coupeur de nattes est le journal de cette chasse singulière, le carnet de bord d'un aventurier fétichiste et amoureux.
Nombre de pages
213
Date de parution
09/01/2003
Poids
274g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782207253847
Titre
La solitude du coupeur de nattes
Auteur
Keller Jean-Pierre
Editeur
DENOEL
Largeur
140
Poids
274
Date de parution
20030109
Nombre de pages
213,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Et si le Coca-Cola n'était pas une boisson ? S'il ne l'était qu'accessoirement ? S'il fallait dire en somme : peu importe l'ivresse pourvu qu'on ait le flacon ? Au fil des ans, le fameux breuvage s'est effacé derrière ses signes : la bouteille, le nom, l'écriture en pleins et en déliés, la ligne dansante. Et ceux-ci de pastiches en parodies, de citations en détournements - mènent une vie parallèle, aux antipodes de leur vocation première. Tout nous porte à croire que le centre ne commande plus entièrement l'immense configuration symbolique. Il est encore en mesure d'en infléchir la course, mais sa marge de man?uvre devient étroite. Toutes amarres rompues, la galaxie Coca-cola court dès lors le risque d'emprunter une trajectoire qui n'est pas celle que les spécialistes d'Atlanta ont calculée et de dériver à l'infini. A nous de comprendre en quoi cela nous concerne. " Toute l'histoire y est, les origines, la conquête du monde, la différence entre Coca-Cola et Pepsi-Cola (enfin !), le mythe ", écrivait Willem dans Charlie-Hebdo lors de la première parution de cet essai. Cette nouvelle édition a été revue et augmentée d'une postface : " Les enfants de Marx et de Coca-Cola ".
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...