Enfin, dira-t-on, la poésie de Paol Keineg est à présent lisible dans son empan ! Et ce volume prouve que pour avoir attendu on n'en est pas moins récompensé ; quelque chose en effet avait disparu du paysage prosodique contemporain puisque près de vingt années de publications manquaient au lecteur d'aujourd'hui - soit une dizaine de livres, et de ceux qui avaient fondé justement la réputation de ce poète, reconnu à 24 ans lorsqu'il publia ce qui sembla à certains un brûlot : Le poème du pays qui a faim (1967). Il s'agissait plus purement d'une entrée forte dans la poésie, dans l'aventure de la langue, et chez Keineg cela a un sens particulier puisqu'il se débat avec deux idiomes (sa revendiquée diglossie !) Mais quoiqu'il ait écrit et publié dans la langue de sa source finisterrienne (on en pourra lire dans cette anthologie), c'est malgré tout dans celle de Corbière, de Guillevic et de Perros qu'il s'échine au travail majeur. Comme en un combat qu'il croit toujours perdu d'avance (le peut pas grand-chose de la poésie ") mais dont les poèmes - ses preuves - attestent que des légendes exemplaires de la constellation celtique à l'affection reconnue pour le porc, les femmes et les oiseaux, c'est bien toujours le même bonhomme (le " plouc ", dixit) qui depuis la nuit des temps d'avant Arthur se botte l'arrière-train pour comprendre ce qu'il fait là ! D'où cette poésie qui renaude (parfois crûment), qui houspille (soi-même avant tout), qui se moque mais qui sait tout autant aimer - toutes ses humeurs par quoi le poète pense (et pèse) l'homme sous son monde. François Boddaert.
Nombre de pages
399
Date de parution
24/04/2008
Poids
758g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782868534804
Titre
Les trucs sont démolis. Une anthologie, 1967-2005
Auteur
Keineg Paol
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
167
Poids
758
Date de parution
20080424
Nombre de pages
399,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Accède au prestige quand il tient la reine sous lui - elle le mord, elle l'insulte elle en peut plus - il jouit, hostile - deux chiens collés l'un à l'autre au langage fait de pelures - j'ajoute un fou un nain un messager - dans les limites de mon possible.
La pièce de Paol Keineg réussit ce tour de force de parler de politique, de nationalisme, de minorités et de ne pas être pour autant récupérable par qui que ce soit. Parce qu'elle ne cesse de faire des pas de côté par rapport à toute parole politique figée, parce que chaque affirmation politique y est immédiatement bombardée d'ironie et de points de vue opposés, aucune idéologie, aussi puissante et bien intentionnée soit-elle, ne peut avoir de prise dessus. Terre lointaine est insaisissable. C'est d'autant plus fort que l'on peut assurément dire qu'il s'agit d'une pièce engagée. Mais elle est engagée dans un territoire où le politique et l'intime sont si poreux l'un à l'autre que toute tentative de séparer l'un de l'autre, et de conserver simplement le propos politique, en espérant pouvoir le réutiliser ensuite, s'écroule immédiatement. " (Laurent Quinton) Terre lointaine a été créée par la compagnie Théâtre de Folle pensée dans une mise en scène d'Annie Lucas.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.