Le siècle des quatre empereurs. Sun Yat-sen, Chiang Kai-shek, Mao Zedong, Deng Xiaoping
Kauffer Rémi
PERRIN
24,00 €
Epuisé
EAN :9782262040239
Extrait Extrait du prologue Le vieil homme va mourir, il le sait, il le sent. Alors, comme tant d'autres broyés avant lui par cette attente sans espoir, il rembobine vaille que vaille le film de sa vie. Une succession d'images noyées dans la brume du temps passé. Quelques-unes restent néanmoins d'une surprenante netteté. Celles-là datent à peine d'hier, dirait-on. Sa vie ? Neuf décennies sous le signe du défi, du risque. Une lutte ininterrompue où, même aux pires moments, et Dieu sait s'il y en a eu, ce vétéran n'a jamais écopé de la moindre blessure physique. Sans doute était-il né sous une bonne étoile. Mais, même agonisant, lui ne croit pas à cette forme de déterminisme : c'est l'action qui crée les hommes, la pratique plus que la théorie, même indispensable ; le mouvement plus que le but, même nécessaire. Oh ! ils furent légion - comment l'oublier ? -, les jours de détresse morale. Passons sur le danger de la torture et de la mort, accepté dès l'adolescence. Mais à plus de 60 ans, cet âge où le sage aspire à davantage de sérénité, encore lui fallut-il endurer coup sur coup la disgrâce, les insultes, les brimades, les dénonciations, les accusations, les humiliations, la relégation. A quelque chose malheur est bon, doit-on pourtant croire. Car, grâce au vieillard qui livre désormais son dernier combat contre la mort, à son courage, à sa persévérance, à son pragmatisme aussi, le grand malheur chinois du XXe siècle a fini par déboucher sur l'immense satisfaction d'un retour dans le concert des grandes nations. Cette pugnacité intacte en dépit des rides et des douleurs de l'âge, cette vitalité intellectuelle, ce besoin de lutter encore et toujours, sans doute le mourant les doit-il à ses ancêtres Hakkas, vieille minorité issue de la région du fleuve Jaune, berceau de la civilisation chinoise. Fiers de leur identité, de leurs coutumes et, de ce fait, adversaires irréductibles des empereurs mandchous de la dynastie Qing, régnante depuis le milieu du XVIIe siècle, les Hakkas refusaient de bander les pieds de leurs femmes, tradition barbare à leurs yeux. Ils furent de tous les soulèvements contre le pouvoir impérial. Avec en point d'orgue ce séisme meurtrier qui devait laisser la Chine pantelante dans la seconde moitié du XIXe siècle : la sanglante rébellion de la Société des adorateurs de Dieu, les Taiping, et ses vingt millions de victimes. Maître de la grande cité de Nankin jusqu'à sa mort mystérieuse en 1864, Hong Xiuquan, le «roi céleste» des Taiping, était en effet un Hakka. Comme beaucoup de ses frères d'armes et compagnons de massacre, justement. Le rang du pays avant tout : sans doute l'homme qui meurt doit-il cette obsession à son père, impliqué autrefois dans le combat pour une Chine plus puissante et plus moderne. Membre de l'organisation secrète antimandchoue de sa province natale du Sichuan, la Société des Frères sous la même robe, ce petit notable local allait être assassiné en 1938 soit par des brigands de grand chemin, soit, autre version moins édifiante, par des rivaux avides de vengeance. A moins qu'il n'ait été tout bonnement victime d'un accident, peut-être même d'un accident de santé. Mais aptitude incroyable à rebondir, pied de nez aux destins les plus contraires, confiance absolue dans le bien-fondé à long terme de l'action engagée : tout cela, le nonagénaire allongé sur le lit d'un hôpital militaire pékinois en ce début février 1997 le doit avant tout à la force de ses propres convictions. La congestion cérébrale qui paralyse son organisme rabougri annonce certes une disparition prochaine. Mais le vieillard n'a vraiment rien oublié, ou si peu. Sa vie, pense-t-il, s'est identifiée dès sa jeunesse avec cet objectif suprême : le renouveau de la Chine.
Pas de lignage plus noble que celui des quatre frères haché-mites, authentiques descendants du Prophète. Jaillissement de fureur et d'ambition, de combats et de complots, leur saga vraie parcourt au galop un siècle d'histoire du Moyen-Orient: l'Arabie, l'Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la fondation de l'état d'Israël, le sort des Palestiniens, les coups d'état militaires, le pétrole. Tout part de ce rêve démesuré: un grand royaume arabe uni-fié sous la bannière hachémite. Pendant la guérilla du désert contre l'Empire ottoman, les quatre frères côtoient une pléiade de figures de haut vol. Lawrence d'Arabie bien sûr, mais aussi Gertrude Bell ou Saint-John Philby. Et côté français, Chérif Cadi, Sidi Raho, Louis Massignon. Le destin des Hachémites, comme celui du Moyen-Orient, bascule après 1918. C'est Ali, l'aîné, qui doit abandonner les villes saintes de La Mecque et Médine à Ibn Séoud, fondateur de l'Arabie séoudite. C'est Fayçal qui, chassé de son trône de Syrie par l'armée française, en trouve un autre, à Bagdad. Abdallah, le cadet, se taille un royaume en Jordanie avant de tomber sous les balles d'un Palestinien à Jérusalem. Zaïed, le plus jeune, échappe, en 1958, au massacre de la branche hachémite d'Irak. Véritable continuateur de l'aventure hachémite, le petit-fils d'Abdallah, Hussein de Jordanie, disparaît à son tour en 1999.
Manipulation des milieux scientifiques et professionnels, déstabilisation des entreprises, intoxication des médias, mise en condition du public : la désinformation est de retour. Les techniques de guerre psychologique affûtées lors du grand affrontement Est-Ouest se sont muées en armes d'un combat industriel et commercial sans pitié. Coups tordus des Américains sur le front du médicament, grandes man?uvres autour des OGM, duel du ciel entre Boeing et Airbus, attaques dans le dos de Total en Birmanie : c'est la désinformation qui rythme le face-à-face économique entre les Etats-Unis et l'Europe. Industriels, syndicalistes, consommateurs, écologistes, défenseurs des droits de l'Homme, chercheurs, journalistes... cette guerre furtive nous éclabousse tous. Du bouche à oreille à la rumeur numérisée sur Internet, l'arme de la désinformation met en ?uvre une gamme impressionnante de moyens. Nos démocraties seront-elles en mesure de résister à cette puissance destructrice ...
L'espionnage international au XXe siècle : plus de cinquante " maîtres de l'ombre ". A sa manière, l'espionnage est un art. Comme tout art, il exige de ses pratiquants des dispositions spécifiques qui font de quelques-uns d'entre eux des virtuoses, des as. En un mot des maîtres. Ils se rattachent à des types différents, mais complémentaires : les grands patrons, les agents de terrain, les versatiles, les exécuteurs de basses oeuvres, les agents Action, les chasseurs de taupes et les fauteurs de troubles. Tous se sont adonnés en " seigneurs " à ce métier à risques entraînant parfois l'Histoire avec eux.
En couvrant plus de vingt siècles d'histoire du renseignement sur plus de vingt pays, Rémi Kauffer fait la lumière sur le milieu ô combien opaque et captivant des services secrets. Un monde sans pitié dont les arcanes sont enfin révélés pour la première fois. On y découvre les grands services de renseignements, les moins connus aussi, les agents secrets, les taupes et leurs techniques, ainsi que les succès et échecs des opérations qui rythment l'Histoire. Pas moins de trente-cinq années d'investigation auront été nécessaires à l'auteur pour livrer cette somme sans égale qui a été notamment distinguée par Le Point comme un des vingt-cinq livres de l'année 2015.
Lopez Jean ; Aubin Nicolas ; Bernard Vincent ; Gui
Une édition revue et actualisée de cet immense succès de librairie, sous un nouveau format encore plus adapté. Dirigé par Jean Lopez, avec la collaboration de Nicolas Aubin et Vincent Bernard, et superbement mis en scène par le data designer Nicolas Guillerat, ce livre exceptionnel, tant par sa forme que son contenu, est le fruit de l'association de compétences complémentaires réunies pour la première fois. Il part d'un constat : la masse de données disponibles sur la Seconde Guerre mondiale n'a jamais été aussi importante mais il est devenu difficile de lui donner du sens et, surtout, d'en rendre compte à un large public. Il fallait donc inventer, dans une démarche historienne et en puisant aux meilleures sources internationales, une forme permettant à la fois de traiter la masse de données (data) disponible et de les rendre intelligible au plus grand nombre. Cette forme, c'est l'infographie. Et le résultat est époustouflant, qu'il s'agisse de renouveler nos connaissances, de visualiser les grandes lignes du conflit, de comprendre aisément des phénomènes complexes ou tout simplement de relier des aspects de la guerre jusqu'ici éclatés. En quatre parties ? Mobilisations, productions et ressources, Armes et armées, Batailles et campagnes, Bilan et fractures ? rassemblant une soixantaine de grands thèmes ? l'équation pétrolière, l'opération Barbarossa, la logistique alliée en Europe, la reconquête américaine du Pacifique, le système concentrationnaire nazi, l'épopée de la France libre, les pertes allemandes, la guerre dans le désert... ? , c'est bien tout le second conflit mondial qui est ici repensé à travers une forme particulièrement accessible, profondément originale et non moins esthétique. Cette nouvelle édition a été revue et actualisée et paraît sous un nouveau format, pour offrir un confort de lecture idéal.
Depuis les antiques civilisations du plateau iranien jusqu'à l'actuelle République islamique née de la révolution de 1979, ce pays-continent, creuset bouillonnant au coeur d'un Moyen-Orient turbulent, a vu naître des religions et des systèmes aussi novateurs que le zoroastrisme, la quête d'un empire universel, l'émergence du modèle du despote éclairé, en même temps que des courants philosophiques et artistiques majeurs. Avec cette fresque se déroulant sur plus de 4 000 ans, puisant dans les récits historiques, les travaux les plus récents et les anecdotes issues de chroniques persanes, Houchang Nahavandi et Yves Bomati ravivent également le destin d'illustres personnages tels Cyrus, Darius, Avicenne, Reza Shah, Alexandre le Grand et, moins connus du lecteur occidental, ceux d'Hassan Sabbah l'Assassin, de Tâhéreh Qorrat ol-?Eyn la poétesse et d'Amir Kabir le réformateur. Croisant leurs regards, ils montrent combien l'actualité la plus récente et parfois la plus controversée plonge ses racines dans un passé marqué par la double emprise du rêve impérial et du sens religieux. Un livre essentiel pour connaître et comprendre un pays charnière et matrice de siècles de civilisations.
La découverte de la civilisation pharaonique : la plus grande aventure de notre temps !C'est à la Renaissance que les Européens redécouvrent l'Égypte ancienne. Dans un décor de sable et d'eau, des vestiges somptueux révèlent aux rares voyageurs un musée à ciel ouvert, un monde fascinant où semblent se confondre les morts et les vivants, les hommes et les animaux, les pharaons et les dieux. De 1798 à 1801, les savants et artistes emmenés par Bonaparte passent la vallée du Nil au peigne fin. La publication de leur monumentale Description de l'Égypte relancera l'égyptomanie dans toute l'Europe.Mais ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard que l'égyptologie scientifique voit le jour, avec le déchiffrement des hiéroglyphes. Se révèlent alors, peu à peu, les différents aspects d'une civilisation exceptionnelle. Et l'engouement du grand public pour le pays des pharaons s'envole au rythme des découvertes : le Serapeum de Saqqara, les momies royales, la tombe de Toutankhamon, le trésor de Tanis, la barque de Khéops...Amoureux et spécialiste de l'Égypte, Robert Solé se fait le grand ordonnateur de ces recherches, qu'il décrypte en retraçant notamment le parcours de leurs auteurs : Champollion, Lepsius, Wilkinson, Mariette, Belzoni, Brugsch, Carter, Desroches Noblecourt, Ahmed Fakhry... et tant d'autres. Ce récit, dans lequel les rivalités nationales ne sont pas absentes, illustre l'une des plus grandes aventures contemporaines, qui se poursuit aujourd'hui avec des techniques de pointe.
Sur la Seconde Guerre mondiale ont été écrits des centaines de milliers d'ouvrages, dans des dizaines de langues. Nombre d'entre eux traitent certes des dimensions maritimes du conflit, de la place qu'ont occupée la Royal Navy, la Kriegsmarine et la marine des Etats-Unis, du rale des diverses forces navales sur tel théâtre d'opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique, mais aucun avant celui-ci n'avait évalué l'impact des forces maritimes de l'ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité. Du traité naval germano-britannique de 1935 à la signature de l'acte de capitulation japonais sur l'USS Missouri en septembre 1945, en passant par la bataille de l'Atlantique où se distinguèrent les U-Boote allemands, celle de Méditerranée, l'attaque de Pearl Harbor, les affrontements titanesques de la mer de Corail, de Midway, les opérations amphibies "Torch" et "Overlord" ou encore la bataille du golfe de Leyte et l'assaut sur l'île d'Iwo Jima, Craig Symonds dresse une synthèse inégalée du conflit, sans omettre l'étude des percées technologiques ? concernant les avions, les torpilles, le décryptage, le radar et finalement l'énergie atomique ? qu'il a induites. Fort de nombreuses sources inédites, il laisse en outre les acteurs historiques s'exprimer d'eux-mêmes, afin de raconter la Seconde Guerre mondiale en mer telle que les contemporains l'ont vécue : une seule histoire gigantesque et complexe impliquant des dirigeants nationaux, des stratèges, des commandants de flottes et des capitaines de navires, des mécaniciens, des servants de tourelles, des pilotes d'avions, des marins de la marine marchande, et un drame humain aux dimensions planétaires qui a exercé un impact durable, démesuré sur l'histoire du monde. Un grand livre déjà salué comme un futur classique.
Berstein Gisèle - Gauthier Yves - Guiffan Jean - B
Histoire du XIXème siècle, les événements qui ont transformé le monde, les acteurs qui ont transformé le siècle. - La référence indispensable pour comprendre les évolutions et les révolutions du XIXème siècle. - Révolution industrielle, essor du capitalisme, triomphe des nationalités en Europe et conquêtes coloniales sur les autres continents : un siècle d'histoire pour mieux comprendre les racines du XXème siècle. - Des résumés introductifs en début de chapitre, de nombreuses cartes et des schémas en font un outil facile à utiliser. - Un index des noms propres pour retrouver les personnages marquants du XIXème siècle.
Un ouvrage de référence en couleurs pour comprendre les évolutions historiques qui ont changé l'équilibre du monde. De nombreuses cartes et des schémas Des rubriques : citations, mises au point et "documents source"
Loin des clichés en noir et blanc sur l'homme du coup d'Etat, Pierre Milza est parti à la recherche d'un Napoléon III tel qu'en lui-même. Ayant enquêté su la jeunesse, la formation intellectuelle et les exils de Louis Napoléon Bonaparte, il s'intéresse à ce mélange si original de césarisme, d'audace individuelle et de légende napoléonienne qui envoûte à nouveau les Français de 1848 ; il démonte les mécanismes du bonapartisme et de l'idéologie impériale, et rend à la politique étrangère de l'empereur sa place majeure. Sans jamais statufier son héros ni l'instrumentaliser, Pierre Milza réussit à trouver la cohérence d'un grand homme.
La Commune, objet " chaud ", a longtemps divisé les historiens. Elle a eu sa légende noire, sitôt après l'événement, celle de la révolte sauvage des " barbares et bandits ". Elle a eu aussi sa légende rouge : toutes les révolutions et les insurrections socialistes du XXe siècle se sont dites filles de l'insurrection parisienne de 1871. Cette légende a pu se révéler redoutablement déformante mais, à présent, une histoire apaisée de la Commune de Paris est devenue possible. Replacée dans l'ensemble plus large d'une France provinciale, l'événement – ces soixante-treize journées de la révolution parisienne achevées dans une répression sanglante – n'en devient pas pour autant un objet froid.