Le désir est le nouveau pouvoir. Il gouverne nos vies. Son autorité à peu près insensible s'exerce partout. Du lit à la table et du corps aux songes, elle se nourrit du consentement qu'elle suscite et du contentement qu'elle assure. Il fallait analyser ce mode inédit de gouvernement. Provoquer et orienter le désir est le moyen de tenir l'individu, de le diriger et de disposer de lui, au plus intime et au plus profond. En apparence, ce système du désir nous tient plus étroitement qu'aucune idéologie, qu'aucune religion n'a pu le faire. Mais les promesses s'épuisent. Mais la déception délie ceux que leur désir des mêmes choses réunissait. Quand la croissance n'est plus là, quand le progrès n'est plus partagé par tous, le désir de richesse, de confort, de plaisir apparaît pour ce qu'il est : le simulacre du désir vital, celui du pouvoir sur soi, de la liberté politique, de la survie de la communauté. Nous vivons ce moment extraordinaire où il s'agit de se libérer de nos libérations, où l'instinct de survie appelle à la renaissance du désir politique et du choix de notre destin". Hervé Juvin.
Nombre de pages
276
Date de parution
28/11/2016
Poids
290g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072697234
Titre
Le gouvernement du désir
Auteur
Juvin Hervé
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
290
Date de parution
20161128
Nombre de pages
276,00 €
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Si la crise qui frappe le monde entier est certes une crise bancaire et financière, c'est d'abord la première crise de l'unification planétaire, affirme Hervé Juvin, qui cherche à montrer les logiques, les intérêts et les passions à l'oeuvre derrière le désordre des systèmes, des actions et des comportements. Le système occidental dominait le monde, mais c'en est fini. Il n'a plus le monopole du bien ni des certitudes. Nous vivons le renversement du monde. Cette crise le rend sensible avec acuité, si elle n'en est pas la cause: elle révèle que l'économie ne peut constituer le fondement, hors marché, des sociétés.
La grande séparation constitue le troisième et dernier volet d'une trilogie entamée avec L'avènement du corps en 2005 et poursuivie avec Produire le monde en 2008. Hervé Juvin y soulève une question dérangeante, celle de «l?écologie humaine».
Pour la première fois, en 2005, l'espérance de vie moyenne des Françaises et des Français dépasse 80 ans. Elle était de 46 ans en 1900. Une petite Française sur trois née depuis 2000 vivra plus de cent ans. La perspective d'assurer à 80 % d'une classe d'âge quatre-vingts ans de vie sans maladie, déficience ou handicap graves, est proche. Le corps humain est la plus grande invention de ce début de millénaire. La médecine l'a délivré de la souffrance. La richesse et la paix l'ont doté d'un capital d'années sans précédent. La nouvelle morale de la beauté et de la séduction lui promet une jeunesse qui n'en finit plus. La révolution des m?urs non seulement l'autorise à chercher partout son plaisir, mais lui en fait un devoir. Et il rêve d'immortalité sur les décombres des religions et des idéologies. Délivré de la peur des dieux, de la guerre et de la mort, ce corps s'installe en surplomb de nos choix individuels et collectifs. Pour la santé, la sécurité, le bien-être, contre la dégradation de l'environnement, une demande durable et forte de régulation, de contrôle, de pouvoir, se fait jour. De sorte que c'est à une nouvelle centralité sociale, économique et politique que renvoie l'avènement du corps. Il réinvente le pouvoir, la transmission, l'argent. Sans doute vivons-nous l'émergence d'une nouvelle condition humaine. Après l'avènement du corps, jamais plus être homme et femme, mère ou père, amant et amante n'auront le même sens.
Raymond Guérin est fasciné par la lettre, qu'il s'agisse de la forme littéraire qui structure certains de ses récits ou d'une véritable correspondance. A tous les titres, de la pratique de l'échange à l'exercice de l'imagination, il est un épistolier. Les Lettres à Sonia sont certes une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu'il aime, séparés par la guerre et la captivité, mais elles sont aussi et au moins autant un journal, et encore une projection, une mythologie, bref c'est un récit qui se donne. Journal ou récit qui est adressé à l'autre, destinataire et matière sacrée de l'écriture. En contre-point, Guérin brosse son portrait intérieur, il évoque le quotidien du prisonnier dont la vie personnelle, comme celle du monde, est soumise aux ruptures de l'histoire. Ecrivant ces Lettres qui sont un roman, Guérin s'inscrit dans une fièvre d'expression que son étrange disponibilité ne peut qu'aviver. Digne dans l'épreuve, répondant par les mots à la misère du temps, il dresse au jour le jour un monument de résistance à la barbarie, fondé sur l'amour et la foi dans le verbe. Le monde de l'intelligence le nourrit plus que jamais et s'érige en rempart contre la sottise. Dans les Lettres à Sonia, Guérin se montre bouleversant de droiture et de lumière.