Michel Houellebecq est-il un écrivain-prophète ? En quoi La Possibilité d'une île réinterroge-t-elle l'existence du divin ? Comment l'islam est-il perçu dans Plateforme et Soumission ? Scientifique de formation, positiviste par conviction, l'écrivain semble avoir cru un moment que la science pourrait se substituer aux religions traditionnelles. Et pourtant, toute son oeuvre est hantée par cette question, héritée d'Auguste Comte, de la religion comme unique ciment possible du corps social. Cet ouvrage, auquel ont participé plusieurs spécialistes de Michel Houellebecq, se donne pour but de sonder l'horizon religieux de son oeuvre. A l'évidence, religion et littérature apparaissent comme deux espaces de résistance face à la perte de sens qui afflige le monde contemporain. Et si la littérature, en proposant d'atteindre une forme de vérité, nous permettait d'accéder à une certaine transcendance ?
Nombre de pages
384
Date de parution
05/01/2022
Poids
264g
Largeur
108mm
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EAN
9782080273178
Titre
Misère de l'homme sans Dieu. Michel Houellebecq et la question de la foi
Résumé : La littérature fait, par nature, appel au jugement. De la qualité littéraire de l'oeuvre d'abord, des personnages, ensuite. Un roman suscite toujours un débat, où l'on discute des droits et de la légitimité de chacun, des crimes, des méfaits, des raisons et des prétextes. Le lecteur se fait alors juge et s'acquitte de cette tâche comme il le peut, souvent instinctivement. Dans cet ouvrage, vous allez vous exercer à assumer dignement ces hautes fonctions que vous confère le pouvoir de la fiction, en examinant un cas particulièrement difficile. Vous allez rouvrir un procès dont l'accusé a, depuis plus d'un siècle et demi, bénéficié d'un non-lieu pour cause de popularité. A la barre des prévenus, Edmond Dantès, dit comte de Monte-Cristo, jeté en prison à la suite d'une dénonciation calomnieuse, et qui fait justice lui-même... atteignant quelques innocents au passage. Dans quelle mesure ses actes sont-ils moralement répréhensibles, voire juridiquement condamnables ? La vengeance peut-elle être juste ? Le héros, d'innocent persécuté, ne devient-il pas aussi criminel que ceux qu'il prétendait punir ? Examiner son cas sous l'angle du droit, c'est arracher la lecture au prisme de la réaction immédiate. C'est démontrer que la mise en doute du schéma mythique du Surhomme fait partie intégrante du projet romanesque. L'enjeu, non seulement moral, mais aussi politique, est ici essentiel : le roman à succès constitue une référence commune, propice au débat démocratique sur les normes et valeurs fondant notre société.
Avant Dostoïevski, le personnage du Grand Inquisiteur, qui fait aujourd'hui partie de notre imaginaire collectif, a pris racine dans les représentations littéraires du XIXe siècle en France. Les romantiques, rompant avec la tradition des Lumières, qui présente les inquisiteurs comme des hypocrites, inventent cette figure moderne, et mettent en scène un personnage profondément sincère, persuadé de sauver les âmes par le bûcher et la torture. Ce postulat de sincérité, rendant l'Inquisiteur contradictoire, fait de lui un personnage complexe, mystérieux, qui permet notamment d'exprimer indirectement les angoisses provoquées par la Terreur, ce que prouve l'analogie récurrente, à l?époque, avec les jacobins. Ainsi, plus qu'une référence à un pouvoir archaïque, ce personnage devient vite un miroir du pouvoir contemporain, de ses méthodes « douces » de coercition comme de son rapport au divin, jusqu?à devenir, au XXe siècle, le symbole du totalitarisme.
Accusé à tort de trahison, le jeune Edmond Dantès se retrouve enfermé le soir de ses fiançailles au château d'If, forteresse imprenable au large de Marseille. Il s'y lie d'amitié avec un autre prisonnier qui lui confie l'existence d'un trésor enfoui sur l'île de Monte-Cristo. Après de longues années de captivité, Dantès réussit à s'évader, et le voilà de retour dans la société, sous le nom du richissime comte de Monte-Cristo. Obsédé par l'idée de punir les responsables de son funeste destin, il ne reculera devant rien pour faire triompher sa justice.