À cet instant précis, j'entends résonner les mots en moi. Ils gagnent mon coeur, mon esprit, ils envahissent tout mon être: «Si tu savais...» Mercredi 1er mars. Un jour ordinaire, une fin d'hiver qui s'étire à Paris. La salle d'attente, où nous sommes depuis vingt minutes déjà, est coincée entre deux entrées du service de neurologie d'un hôpital pour enfants. De là, nous pouvons voir passer tout le monde. Chaque fois qu'une porte s'ouvre, ma respiration s'arrête. J'espère, autant que je le redoute, voir apparaître le visage de la neurologue; et savoir, enfin. Depuis son appel hier, le temps paraît interminable. «Nous savons de quoi souffre votre fille. Venez demain à quinze heures, pour que l'on vous explique. Venez avec votre mari, bien sûr.» Depuis, nous attendons.Loïc est là, tout près, pâle, tendu. Il se lève, marche, revient, s'assied, prend un journal, le repose. Attrape ma main et la serre de toutes ses forces. Mon autre main caresse mon ventre arrondi. Un geste qui se veut apaisant pour la petite vie qui grandit là depuis cinq mois. Un geste instinctif de protection.C'est là que je l'entends. «Si tu savais...» Cette phrase vient se graver au plus profond de moi. Je ne l'oublierai jamais. Et surtout, jamais je n'oublierai la manière dont je l'ai ressentie: elle portait la souffrance et le calme confiant de qui sait, de qui sait tout. Elle résumait à elle seule l'épreuve qui allait imprimer notre quotidien quelques minutes plus tard. A tout jamais.Le médecin arrive enfin. Elle nous salue, s'excuse de son retard et nous entraîne dans une petite pièce isolée au fond d'un couloir. Deux personnes nous suivent, dont une spécialiste des maladies du métabolisme que nous avons déjà rencontrée.Quand on nous présente la troisième personne, mon coeur se serre: c'est une psychologue. Et là, sans prévenir, les larmes me submergent. Avant même de savoir. Parce que d'un coup, j'ai compris. «Si tu savais...»Il n'y a pas de tonnerre, pourtant tout gronde. Les phrases me parviennent réduites à l'essentiel. «Votre petite fille... maladie génétique grave... leucodystrophie métachromatique... atteinte dégénérative... espérance de vie très limitée...»Non.Mon cerveau refuse de comprendre, mon esprit se rebelle. On ne parle pas de ma Thaïs; ce n'est pas vrai; je ne suis pas là; ce n'est pas possible. Je me serre contre Loïc, mon rempart.Alors que tout s'emmêle dans ma tête, mes lèvres formulent une phrase craintive: «Et pour notre futur bébé?- Il y a un risque sur quatre qu'il soit atteint lui aussi. Vingt-cinq pour cent de chances...»La foudre tombe. Devant nos pieds, un effrayant trou noir. L'avenir est réduit à néant. Pourtant, à cet instant terrible, notre instinct de survie prend le dessus durant quelques secondes, brèves mais décisives. Non, nous ne voulons pas de diagnostic prénatal. Nous voulons ce bébé. C'est la vie! Une minuscule petite lumière dans un horizon d'ébène.
L'histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sapetite fille marche d'un pas un peu hésitant, son pied pointant versl'extérieur. Après une série d'examens, les médecins découvrent que Thaïsest atteinte d'une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deuxans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. Alors l'auteur fait unepromesse à sa fille: "tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme lesautres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu nemanqueras jamais d'amour."Ce livre raconte l'histoire de cette promesse et la beauté de cet amour.Tout ce qu'un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables demobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu'on nepeut pas ajouter de jours à la vie.
Revue de presse Extraits d interview : Pourquoi, deux ans après votre premier livre, «Deux petits pas sur le sable mouillé», avez-vous éprouvé le besoin d'écrire à nouveau sur votre douloureuse expérience de mère qui perd sa petite fille malade ? Anne-Dauphine Julliand. Une journée particulière constitue la suite de mon témoignage. Dans mon premier livre, je racontais une course contre l'inéluctable et j'avais surtout en tête l'envie de donner quelques pistes aux gens qui vivaient un drame similaire au mien. Cette fois, j'ai articulé mon récit sur « la vie après », autour de cette journée particulière du 29 février 2012. Cette « photo instantanée » de notre vie de famille entre mon mari, mes deux garçons, ma seconde fille et le souvenir de Thaïs, m'a permis de transmettre ce que je voulais encore dire. Pourquoi le 29 février est-il si particulier ? Ma petite fille, Thaïs, est née un 29 février, si bien que son anniversaire ne devait revenir que tous les quatre ans. Or, elle n'a vécu que trois ans trois quarts... C'était si dur, lorsque le 29 février suivant est arrivé, quatre ans plus tard, que je me suis offert une journée différente, une vraie parenthèse dans le quotidien, en sa mémoire. Dans votre nouvel ouvrage, vous expliquez assez longuement que vous êtes croyante alors que vous l'évoquiez à peine jusque-là. Pourquoi ? Cette fois, les mots me sont venus naturellement. Je pense qu'avec le recul, j'ai davantage réfléchi au rôle de ma foi dans ces événements. Et j'avais sans doute aussi envie de me confier un peu plus. Croire en Dieu n'empêche absolument pas de souffrir. Je suis comme les autres. Si j'avais pu éviter ces épreuves, je l'aurais fait avec allégresse. Mais ce qui me permet de vivre quand même, c'est la certitude de ce qu'il y a au bout du chemin. J'ai en moi une aspiration à relever la tête qui s'appelle l'espérance et qui change tout. Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Anne-Dauphine Julliand dans Pèlerin n°6811, du jeudi 13 juin 2013. --Le Pélerin --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
J'ai perdu mes deux filles. Je le dis le coeur habité par deux sentiments que l'on croit souvent contraires : la douleur et la paix. La douleur de celle qui pleure. Et la paix de celle qui est consolée". Comment accepter et surmonter sa peine après un deuil ou une épreuve de la vie ? Comment s'autoriser à ressentir de nouveau le bonheur ? Comment consoler un proche ou comment savoir prendre les mains qui nous sont tendues ? A travers sa propre expérience, Anne-Dauphine Julliand nous accompagne sur le chemin de la consolation - en osant pleurer, en osant parler, en osant vivre de nouvelles joies - et nous livre un récit plein d'humanité et de délicatesse.
Thaïs est une petite fille de deux ans sans histoire jusqu'au jour où sa démarche intrigue sa mère. Les médecins découvrent alors une maladie incurable qui l'emporte en quelques mois. Enceinte, Anne-Dauphine apprend peu après que son bébé est atteint de la même maladie. Greffée à sa naissance, Azylis grandit jusqu'à ce que la maladie la rattrape. Elle meurt à dix ans. " J'ai beaucoup souffert et je souffre encore. Mais j'ai appris la consolation. Ce délicat rapport à l'autre : s'approcher, toucher, parler. "Ce livre parle de ceux qui consolent et de ceux que l'on console. Grâce à des scènes vécues, Anne-Dauphine partage ses réflexions qui touchent juste. Elle évoque ses deux filles, Thaïs et Azylis, mais aussi Loïc, son mari, Gaspard son fils aîné et enfin Arthur, le petit dernier. Son récit est aussi un bel hommage à tous les consolants : une s?ur qui vous prend dans les bras, une infirmière qui s'assoit sur le bord du lit et prend juste le temps " d'être-là ", un peu de vernis à ongle qui aide à aimer la vie malgré tout. Elle a le don de ces scènes courtes qu'elle rend inoubliables.Anne-Dauphine Julliand sait que la souffrance se passera pas mais qu'elle peut s'apprivoiser. Quand on lui demande comment fait-elle quand elle est triste, elle répond qu'elle a un truc imparable : elle pleure. Avec simplicité et profondeur, Anne-Dauphine nous guide sur le chemin de la consolation. Les lecteurs de ce livre n'hésiteront plus jamais à serrer dans leurs bras celui ou celle qui souffre." J'ai perdu mes filles. Je le dis le c?ur habité par deux sentiments que l'on croit souvent contraires : la douleur et la paix. La douleur de celle qui pleure. Et la paix de celle qui est consolée. "
Et si la richesse n'était pas une question de chance... mais d'état d'esprit ? Napoleon Hill, l'auteur du best-seller mondial Réfléchissez et devenez riche, révèle ici son plan en 52 étapes pour transformer vos pensées en succès concret. Chaque semaine, découvrez une clé. Chaque clé devient un levier pour penser plus clair, agir plus juste et réussir vraiment. Ce livre n'est pas une théorie de plus, c'est un déclencheur. En y consacrant seulement quelques minutes par semaine, vous activerez une force déjà présente en vous : le pouvoir de créer votre richesse et votre réussite.
A 61 ans, Thierry Beccaro compte parmi les animateurs de télévision les plus populaires auprès du grand public, notamment comme présentateur du jeu Motus sur France 2 depuis 1990 ou comme joker de William Leymergie pour Télématin. Depuis plus de 20 ans il s'illustre également comme comédien, notamment au théâtre où il accumule les grands succès populaires à Paris comme en province. Thierry Beccaro, apprécié pour sa bonne humeur et sa gentillesse, a en réalité toujours cherché à lutter et à enfouir un terrible secret qu'il confie pour la première fois : celui d'un enfant battu. Victime de terribles violences dont le souvenir aura constitué un traumatisme profond jusqu'à ces dernières années, il témoigne aujourd'hui afin de libérer la parole sur ce fléau dont souffrent des milliers d'enfants dans notre pays. Afin de leur montrer qu'il est possible, un jour, d'y échapper et de passer de l'autre côté de la rive...
Quand Reece, sept ans, est confié à Cathy Glass, mère d'accueil, le petit garçon est déscolarisé et a déjà été renvoyé de nombreux foyers. Dernier d'une famille de six enfants, tous placés, il est extrêmement violent. Portée par son désir de secourir cet enfant en détresse, Cathy va tenter de comprendre son histoire. Mais Reece, lui, ne parle pas : sa mère lui a fait promettre de ne rien dire. A force d'obstination, Cathy va pourtant découvrir. un abominable secret de famille. A partir de là, elle pourra désormais aider Reece à combattre les démons qui le hantent.
Quel désarroi pour Cathy quand elle se voit confier Donna par les services sociaux ! La fillette de 10 ans semble porter sur ses épaules toute la tristesse du monde. Elle a le regard vide et ne dit pas un mot. Mais Cathy possède un don, celui de redonner confiance aux enfants qu'elle accueille chez elle. Avec Donna, le chemin sera long. Elle mettra du temps à révéler l'horreur que les siens lui ont fait subir. Une vraie vie de souffre-douleur ! Sa mère la battait, l'humiliait, la traitait en esclave et buvait l'argent des allocations... Comment dès lors ne pas se laisser étouffer par la colère et la rage ? Et, surtout, retrouver le sourire et l'espoir ?
Cathy Glass, mère d'accueil, se voit confier la petite Beth, 7 ans, lorsque Derek, son père qui l'élève seul, est hospitalisé. Beth est une enfant facile, qui ne pose aucun problème. Mais, à certains détails troublants que lui livre la fillette, Cathy soupçonne très vite une relation malsaine entre le père et son enfant. Un lien si exclusif que la compagne de Derek l'a quitté. Cathy, comme toujours généreuse et maternelle, saura accompagner Beth dans les bouleversements qu'elle va vivre. "Accueillir un enfant qui ne peut pas vivre avec sa famille naturelle, c'est lui donner une vie de famille aussi normale que possible. Certains enfants ont terriblement souffert, et vous vous trouvez souvent en train de pleurer avec eux. Mais, s'ils vous quittent en ayant un tant soit peu retrouvé le sourire et la joie de vivre, alors la satisfaction est énorme".