Sous le règne de Charles VIII et quelques années seulement avant sa disparition annoncée par le concordat de Bologne de 1516, la vitalité de l'élection épiscopale, par laquelle les chanoines d'une cathédrale choisissent leur évêque, est surprenante. Rituel permettant l'expression de l'autonomie des chanoines et la participation des fidèles, on comprend qu'elle présente des aspects incompatibles avec la volonté centralisatrice des pouvoirs pontifical et royal, soucieux de maîtriser la désignation de ces prélats, hommes forts de l'Eglise et du royaume. Ce faisceau de volontés contradictoires engendre de nombreux conflits entre plusieurs candidats, souvent portés devant la justice, et provoquant des schismes à l'échelle des diocèses. Le déroulement et l'efficacité des rituels épiscopaux, l'implication des différents acteurs de la désignation épiscopale, la prégnance toujours plus forte de la justice dans les affaires ecclésiastiques, le mode de résolution des conflits: en s'appuyant essentiellement sur des sources de la pratique canoniale et des sources judiciaires, l'auteur donne un éclairage nouveau sur ces aspects essentiels de la vie de l'Eglise, et dresse le tableau d'un chaos organisé qui a sans aucun doute eu sa part de responsabilité dans le déclenchement de la Réforme protestante. Biographie de l'auteur Véronique Julerot est agrégée, docteur en histoire et membre du LAMOP (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris).
Date de parution
23/10/2006
Poids
776g
Largeur
160mm
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EAN
9782859445485
Titre
Y A UNG GRANT DESORDRE
ISBN
285944548X
Auteur
JULEROT
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
160
Poids
776
Date de parution
20061023
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Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.