Extrait Introduction Dieu est en tout, mais le diable éteint tout. Il écorne goguenard chaque détail du quotidien afin de fignoler son nébuleux dessein : noircir l'existence pour y faire rayonner une constellation de gênes successives et crispantes. La vie démarre à la première tuile qui dégringole du ciel, prophète d'une armée d'autres déconvenues coalisées pour cimenter le règne de l'énervement sur Terre. La vie pourrait être belle, si les raisons légitimes de grogner ne se bousculaient pas autant que le nombre de Wolfgang Schmitt en Allemagne. À la naissance, je demeurai muet, aucun tapage vocal et baveux en guise de mécontentement. Allô maman ici ronchon. Aussi loin que ma mémoire peut rembobiner, j'ai toujours râlé envers le moindre détail provocateur. Enfant, la vérité sur ce monde cruel m'apparut sous la forme d'un buisson pileux ardent, au fond d'une rame de métro échauffée par l'été. Submergés dans la mer de passagers comprimés, mes cheveux proprets caressèrent sans mon consentement l'aisselle d'un énergumène à l'odeur de poireau périmé. Une auréole maligne s'étendit sur son t-shirt, illumina le sommet de mon crâne : l'esprit malin dégoulinait sur mon être à la vitesse du blanc d'un oeuf cassé. Les effluves de transpiration harcelèrent mes narines et enflammèrent ma cervelle. Je courbai la tête pour tenter de comprendre et vis l'auréole se brouiller. Elle devint étincelante, l'ange de l'énervement m'apparut, qui me chuchota : «Je te salue, toi à qui des crasses seront faites.» Je m'affalai sur les genoux et, sous l'effet anesthésique de la fragrance de transpiration, plongeai dans un bref coma peu comique. Je devins spectateur d'une expérience d'énervements imminents. Tous les tracas futurs du quotidien défilèrent à vitesse grand V devant mes rétines, chacun soudé à l'autre : gravir un escalator en panne pour se meurtrir les genoux, des genoux couronnés de croûtes douloureuses, des croûtes de pain solides comme du ciment, du ciment frais troué de traces de pattes de souris, une souris d'ordinateur décorée de crasse collante, la colle qui emménage sous les ongles, les ongles de pied qui poignardent les chaussettes, trier des chaussettes au cours d'une soirée célibataire-cacahuètes, une cacahuète en acier qui fissure la dent, un fragment de chocolat couleur charbon coincé toute la journée entre deux dents, dégrafer un paquet de chocolats moisis, un cafard en vadrouille dans un paquet de corn-flakes, des corn-flakes mous, ramasser une crotte de chien molle, les chiens à poils jaunis, les hommes à touffes de poils sur les épaules, les deux poils qui stationnent sous le nez après le rasage, des poils plus bien qui trônent sur un drap immaculé, secouer des draps gavés de poussière, une poussière qui se dépose sur la lentille fraîchement installée, faire avaler des lentilles à un enfant, l'enfant qui lèche la barre du métro, le souffle des postérieurs dans le métro, un pet de bébé, le bébé qui vous tire les cheveux, les cheveux gras, un steak haché constellé de gras, du chocolat pas gras, la sauce chocolat qui usurpe l'identité du chocolat chaud, le gobelet incandescent du chocolat chaud en hiver, les mains arides en cette même saison, se sectionner les phalanges avec la tranche d'une feuille de papier, la photocopieuse qui ne reconnaît pas le bon format papier, les photocopies illisibles, la photo du permis bien visible, l'objectif qu'on perd de vue... Je me réveillai englué aux draps d'un lit d'hôpital. Un bol de soupe en verre orange translucide, qui couvait une mixture à poils de poireaux, me narguait. Il y avait bien une embrouille dans le potage. Ce film accéléré ne fut qu'une goutte d'eau, la bande-annonce du tsunami qui grondait, et c'était moi le chariot. Je dégoupillai la perfusion et sautai du lit. Je me postai à la fenêtre, les pieds frigorifiés par le sol d'où émergeaient les moqueries de bactéries dorées. Je distinguai la ville morose, convaincu d'incarner l'unique guide qui pourrait écarter les eaux tumultueuses de la mouise organisée, le seul prophète prompt à alerter la planète sur le complot qui vise à l'écraser comme une balle de ping-pong. Indiana Jones et le royaume des gênes éternelles. Voici l'Évangile selon saint Râleur.
Résumé : Ludwig est un compagnon parfait. Affectueux. Le rayon de soleil de sa maîtresse Hannah dans leur quotidien assombri par l?Occupation. Le jour où elle est jetée dans un wagon à bestiaux en partance vers une destination inconnue, Ludwig se lance à la poursuite du train. Sans jamais s?arrêter, sans jamais quitter les rails. L?espoir de retrouver Hannah lui fait traverser une France ravagée par les ténèbres, exsangue et suffocante. Une terre où les menaces surgissent le long du chemin de fer, où la sauvagerie rôde. Pris au piège des parfums de la guerre, épuisé et meurtri, Ludwig court entre les deux bras d?acier. Sa fidélité bravera les enfers. A travers le regard de Ludwig se dessine sous nos yeux le paysage de la France occupée, où le bien et le mal sont à la fois l?oeuvre des hommes et celle des bêtes.
Résumé : C'est à l'hôpital que les destins de ces deux hommes se croisent. L'un est condamné. L'autre est convaincu de l'être. Parce qu'ils n'ont plus rien à attendre, ils s'interrogent sur la meilleure façon d'utiliser le temps dont ils disposent. Le romancier nous questionne : que ferions-nous si nous étions voués à ne plus rien espérer pour nous-mêmes ? Antoine et Madji tergiversent peu : ils vont faire le Bien. Démarre ainsi une quête peu banale, qui consiste à offrir une victoire aux victimes et aux perdants de la vie. Chaque nuit, ils " empruntent " une ambulance et partent à l'assaut de la misère, de l'injustice et de la vilenie : donner une leçon au type valide qui se gare sur une place réservée aux handicapés, exaucer le dernier voeu d'un mourant, retrouver un amour perdu... Plus rien à perdre ! est leur mantra. On a envie de leur répondre Tout à gagner à lire ce livre, qui évoque une solidarité collective, éclairée et joyeuse.
Pourquoi l'héritage de Charles Trenet est-il placé sous le feu des projecteurs? Par son testament daté de décembre 1999, le "Fou chantant" a fait de son secrétaire particulier son légataire universel, devenant ainsi propriétaire des droits moraux du chanteur et poète, disparu en 2001. Mais en juin 2008, la demi-soeur et le neveu de Charles Trenet se lancent dans une bataille judiciaire autour de la succession de l'artiste: ils estiment que le testament de l'inoubliable interprète de La Mer et Douce France n'aurait pas été rédigé dans les conditions les plus favorables. C'est tout le débat qui alimente cet affrontement judiciaire, entre deux parties qui, si elles s'affrontent avec passion par médias interposés, restent néanmoins animées par un dessein commun: celui de faire perdurer son image et préserver sa mémoire. Mais, au-delà de Charles Trenet, le dossier interpelle tous ceux qui ont vu l'héritage d'un proche leur échapper. Une affaire qui concerne des milliers de familles, célèbres ou anonymes... Biographie de l'auteur Né en 1980 et diplômé de Sciences Po Lyon, Julien Jouanneau est journaliste au Monde Interactif, pour le site LePost.fr, tout en effectuant des enquêtes pour Paris Match et d'autres magazines. Il a publié en 2008 son premier roman, Confessions d'un pigiste.
Résumé : 1916. Un champ de bataille dans la Meuse, en pleine horreur et sous la canicule. Le soldat français Jules Récarte, dix-sept ans, veut en découdre. Pendant un assaut, l'énorme explosion d'un obus le piège au coeur d'un cratère profond. Une arène colossale, une prison à ciel ouvert quelque part sur le no man's land. Blessé, Jules entame une opération survie, au rythme d'un bidon de deux litres d'eau qui s'amenuise et de l'attente de secours. Au fond de l'enfer, il lutte contre la soif et la montre. Lors de son aventure presque hors du temps, le jeune combattant oscille entre peur et souhait de la mort, entre illusions et vérités, entre menaces et surtout, espoir. Le début d'une guerre... dans la guerre. Julien Jouanneau est romancier. Il a publié Le Voyage de Ludwig chez Flammarion en 2019, La Dictature du bien aux éditions de l'Aube en 2016, ou encore L'Effet postillon chez Rivages en 2014.
Février 1944. Les forces allemandes occupent Rome depuis six mois. Les combattants alliés ont débarqué à Anzio mais peinent à progresser. La Résistance s'organise autour de la filière d'évasion mise en place en plein coeur du Vatican par Hugh O'Flaherty et ses comparses. En première ligne : la Contessa Giovanna Landini, libre et intrépide, offrant un souffle féminin, flamboyant et plein d'humour à cette aventure haletante, où chaque ruelle cache un piège... et chaque choix peut coûter la vie. Excellente suite de "Dans la maison de mon père", nommé au Walter Scott Prize et au prix Historia, "Les Fantômes de Rome" confirme l'immense talent de conteur du maître du roman historique, Joseph O'Connor.
L'inspecteur principal Claude Schneider, héros du Carré des indigents vient d'être appelé sur un incendie : une ancienne ébénisterie a été réduite en cendres. Les premières constatations révèlent la présence de trois corps calcinés dans le sous-sol. Très vite l'origine criminelle est confirmée et la police ne tarde pas à recevoir le témoignage d'un maçon, qui aurait été contacté pour allumer l'incendie contre une rétribution substantielle. Schneider et le Groupe Criminel se lancent sur la piste du commanditaire...
Une journaliste déterminée et un agent du FBI récalcitrant affrontent des éléments fascistes dans ce thriller historique qui se déroule à Boston durant la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle saga de Thomas Mullen dans la veine de la trilogie d'Atlanta, qui aborde cette fois-ci l'antisémitisme et les fake news.
Au coeur de Tokyo, la Gaijin House : une pension bohème réservée aux étrangers. Voyageurs, expatriés et paumés s'y rencontrent au hasard de leurs pérégrinations, parfois d'un accident de parcours. Il y a là Camille, jeune épouse en fuite qui ignore tout d'elle-même, Flavio, l'érudit solitaire, Lénine qui s'invente des vies. Ensemble, ils tissent les fils d'une existence commune, oscillant entre le désir de s'ancrer et la peur de l'avenir. Portée par une écriture magnétique, Emilie Desvaux explore un Japon hors des sentiers battus.
Résumé : Rire : verbe fondamental de la langue et de l'attitude belge (prononcez bèlchhh). Et ce ne sont pas les occasions de plaisanter (de soi et des autres) qui manquent en Belgique. Il y a Magritte, "peintre belge, grand amateur de pipes", des plats improbables comme le poulycroc (sorte de poulet reconstitué) et des expressions d'une truculence insoupçonnée. Français de France, savez-vous que raclapoter signifie "rafistoler" ? Qu'un enfant cucuche est tout simplement crasseux ? Et qu'à Bruxelles, on dit "non, peut-être" pour "oui, sûrement" ? Ne vous y trompez pas : n'est pas belge qui veut !
Le Baraki, cékoidon ? Le "beauf" version belge et tout son art de vivre : boire beaucoup de bière, fumer sans arrêt, regarder les matches de foot en jogging fluo, manger des frites, passer ses vacances au camping, se passionner de tuning? Son plus grand dieu sur terre est, sans conteste, le personnage de "The Dude" dans The Big Lebowski. Grâce à cette encyclopédie d'un drôle de genre, vous saurez tout sur le Baraki ! Philippe Genion est né il y a 0,21 tonne à Charleroi. Gros et fier de l'être, il est épicutout. Belge, Européen, il a été, dans le désordre : rocker industriel, artificier, critique gastronomique, acteur, animateur, organisateur, sommelier, winebarman, etc. Il est également l'auteur de Comment parler le belge et de l'Inventaire des petits plaisirs belges (disponibles en Points "Le Goût des mots").
La minute belge est une série courte animée, diffusée à la télévision et sur le Web. Chaque épisode explique, sur le ton de l'humour, la signification d'un belgicisme. Avec ce dico, tu vas savoir parler le belge comme un king, fieu ! J'te jure ! Tcheu dis, c'est tof !
Mieux connaître la Belgique sous toutes ses facettes à travers les mots utilisés par ses habitants, qui reflètent la réalité spécifique et savoureuse du plat pays. Un dictionnaire devenu un classique ! Edition revue et augmentée. 2000 belgicismes pour mieux connaître la Belgique d'aujourd'hui, humer sa gastronomie, vibrer avec ses traditions et son histoire, s'immerger dans son quotidien. Pour tous les Belges qui parlent un français aux couleurs de la Wallonie et de Bruxelles... Et pour tous ceux qui pensent que les Belges parlent belge et que chacune de leurs phrases se termine par oufti ou une fois... Parce que la langue vit, cette 3e édition s'est enrichie de nouvelles entrées.