L'auteur, Manuel Joseph, a quarante-quatre ans. Depuis 2003, il s'est intéressé, avec Hocine Titouni, aux guerres menées aux Proche et Moyen-Orient. Spécialiste de Ernst Jünger, Manuel Joseph vit et enseigne à Saint-Denis. Je n'ai jamais eu l'intention d'écrire un roman dense et étincelant, une fresque flamboyante. Je me suis contenté de décrire, de rapporter les faits et de faire supporter au lecteur le poids de la réalité du conflit israélo-palestinien. Ce n'est pourtant pas une étude mais une réflexion, une dissection et une interrogation. En temps de guerre, ces dernières sont malmenées, malléables et vaporeuses. Cela nous ramène à notre propre société : qui sommes-nous pour juger, plutôt "où" et d' "où" sommes-nous pour prendre parti ? Dans cet orage s'abritent les insectes et les soldats. Dès que la lumière verte et saumâtre les inondera, ils sortiront des arbres, traversant la plaine, foulant de leurs bottes les sillons laissés par le passage des chars, vers le village de Qibya, et avec, martelant leurs têtes, les images des matelas de la famille Kanias souillés de sang, les chaussures de la fillette Soshana éventrée, placées au bas de son lit, ainsi que le lui a appris sa maîtresse au jardin d'enfants.
Nombre de pages
100
Date de parution
17/05/2010
Poids
154g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782846822015
Titre
La Tête au carré
Auteur
Joseph Manuel
Editeur
POL
Largeur
155
Poids
154
Date de parution
20100517
Nombre de pages
100,00 €
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Heroes are heroes are heroes est le premier livre de Manuel Joseph. Il essaie de faire entrer dans le texte et dans la poésie ce qui leur est en principe le plus étranger : l'image, le son, leurs dérèglements, le bruit, la fureur et la violence contemporaines : l'holocauste et la guerre du Golfe, toutes les guerres et tous les massacres, la publicité, le mensonge politique, l'oppression sous toutes ses formes : soft et hard. Ce livre étonnant, qui porte en lui, très certainement, les ferments de l'un des renouvellements possibles de la littérature, procède par montages, collages et court-circuits.
Résumé : Amilka aime Pessoa. Il s'agit bien ici d'un récit qui s'évertue à ne pas s'agiter. 1. Idolâtrie de l'hétéronymie : peu de choses à en dire à l'heure où Brandt équivaut à Siemens qui équivaut à Hoechst qui possède Roussel-Uclaf (Fance/RU-486). 2. Banalité de la dépendance : nulle gloire à ti(t)rer de quelque "conduite addictive" que ce soit. Patauge en Weston ou Pataugas dans ton vomi, tu dépends. De ceux qui vendent (cf. supra). 3. Prosopopée de la psychiatrie : psittacisme suffira. Et / ou ataxie. Les psys, des tétraplégiques de la conscience. 4. Farewell, ma lovely : le roman est noir, par essence ; quand le sens est unique. 5. Arrêtons de noyer le poisson. Ce texte a été écrit sous la pulsion de l'ennui provoqué par un sevrage brutal quand (encore) les membres suivent : il est ici (encore) entendu la main droite. 6. Immunité de l'identité. La victime, Sophie, a coupé ses cils et, la coupable, a aéré la poiscaille. L'information ne se dilue pas, elle délite.
Inutile, libre, grand, généreux. Ce sont ces traits de l'ailante (Ailanthus altissima) que Zhuangzi évoquait pour illustrer sa philosophie Tao. Aujourd'hui, ces mêmes caractères sont reprochés aux spécimens de cette espèce qui évolue dans les régions tempérées de tous les continents. Simon Boudvin a suivi le développement des populations d'ailantes pendant dix ans sur un territoire de l'Est parisien, entre les communes de Bagnolet et Montreuil. Il partage ici un extrait de son relevé photographique, complété par le récit de l'histoire, des voyages, de l'intégration et du rejet de l'ailante dans nos sciences et cultures. Cette monographie située interroge notre capacité à accueillir l'apparition d'une forme de vie spontanée et à relâcher notre maîtrise exclusive sur l'espace de nos villes.
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
Quand j'ai débarqué à Tours (Indre-et-Loire) au printemps 1968, c'était pour enquêter sur ce que mes parents y avaient vécu pendant la guerre. J'étais très loin d'imaginer que, ce printemps-là, tout le pays serait secoué par une révolte étudiante et paralysé par une grève générale, que je tomberais amoureuse, et que mon histoire d'amour me transporterait en 1942, dans la France de l'Occupation ! Vous allez peut-être trouver surprenant que je me décide à raconter mon histoire d'amour, de résistance et de voyage dans le temps à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Mais je crois que c'est le bon moment : en 2026 comme en 1942, il ne faut pas laisser les discours de haine et les mensonges devenir les récits dominants.
Je ne cherche pas ailleurs. Rahmat, le Kabuliwalla, c'est moi. Je ne le filme pas comme un autre, je n'écris pas pour fuir. Je raconte mon histoire à travers lui. Car ce que je poursuis, ce que je veux sauver, ce que je veux comprendre - c'est moi-même, dans ce regard d'exilé, dans ce corps en marche, dans ce silence d'avant la parole.