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Ma cabine téléphonique africaine
Joris Lieve ; Hooghe Marie
ACTES SUD
19,30 €
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EAN :9782742797202
?Son emprunt, il ne pouvait pas le rembourser, mais pour la télé et la vidéo de Dick, là, il avait de l'argent. Mais à quoi donc m?étais-je attendue ? Que je pourrais m'approcher de ce moderne Wangrin sans m'empêtrer dans sa toile ? Mon wagonnet était passé et Bina l'avait accroché au train des événements heureux de sa vie.? Avec l'histoire de Bina, courageux postier malien, débrouillard et opportuniste, qui a fait de Lieve Joris son sponsor et lui a dédié sa cabine téléphonique, s'ouvre une série de récits consacrés à l'Afrique (Mali, Congo, Tanzanie, Sénégal?), au Proche-Orient (Egypte, Syrie) ou à l'Europe de l'Est (Pologne, Hongrie). Comme toujours chez Lieve Joris, on est frappé par la densité des rencontres. La voyageuse n'est pas en quête de sujets de reportage, mais de compréhension des destins. Toujours hébergée chez l'habitant, elle laisse le temps la rendre familière, dissiper ?l?étrangéité? de sa présence. Elle observe, questionne, écoute. Les lieux où elle fait étape sont encore sous le choc de bouleversements violents. La survie, la débrouille ou la magouille sont de règle. Une attaque des rebelles touareg a forcé le postier Blina à recommencer sa vie plus au Nord, l'Etat lui a supprimé son emploi, il tente de tirer profit de son amitié avec Lieve. Au Congo, l'ancien étudiant en commerce, Salumu, tient un dépôt de marchandises, fait des affaires au gré des opportunités, se déplace sans cesse, s'attarde à une liaison extraconjugale? l'arrivée du nouveau régime de Kabila n'a en rien changé un mode de vie basé sur l'astuce et l'initiative. Au Caire, une dame de l'ancienne bonne société, ruinée par le régime Nasser, tient pension et préserve quelques habitudes dignes de la belle époque. En Syrie, l'avocat Ismaîl veut conduire Lieve dans le village de sa famille, mais lui pose un lapin. Elle le comprendra plus tard : être vu en compagnie d'une étrangère aux confins des territoires kurdes pourrait valoir à Ismaïl de graves ennuis?Partout, les régimes politiques passent ou reviennent, se succèdent et se ressemblent. Partout les fonctionnaires et les porteurs d'uniformes tentent de prélever leur dîme. Dans la Pologne de Kapuscinski, avec lequel Lieve Joris passe quelque temps, la fonction publique incarne souvent l'ancien ordre communiste, dont on ne sait plus s'il faut le craindre (parce qu'il pourrait revenir) ou le regretter (parce que la situation n'est pas meilleure qu'avant). Pour Kapuscinski, la Pologne n'en finit pas de ne pas surmonter les destructions de la guerre. A Lieve Joris qui le prend à témoin de la précarité, de la pauvreté ou des pénuries en tout genre, il lance avec irritation : ?Est-ce qu'on demandait à Sartre pourquoi le métro parisien était sale ?? Du Sud à l'Est, la voyageuse promène un regard sans préjugés, attentif, attachant, toujours infiniment respectueux de ses interlocuteurs. Elle n'est jamais dupe, mais elle n'est jamais juge. Elle semble nous montrer, par ce recueil, à quel point l'immense majorité des gens qu'elle croise s'ingénient à se construire une vie dans un champ d'obstacles, dispersés sous toutes les latitudes, mais finalement bien peu dissemblables.
A Zanzibar, au Zaïre, au Caire, à Trinidad, Lieve Joris rencontre et aborde les mêmes interrogations fondamentales : archaïsmes et modernité, conquête si difficile de la démocratie, pesanteur et force des religions, de la tradition et de la culture...
Du Sénégal en Mauritanie et au Mali, Lieve Joris nous invite à rencontrer des personnages attachants, contradictoires, en qui semblent singulièrement s'exprimer l'attachement aux origines, la connaissance de la modernité et le désenchantement à l'égard de tout modèle. Un voyage dans les contrastes les plus contemporains de l'Afrique, qui culmine avec le portrait du chanteur malien Boubacar Traoré.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
Un contrôle fiscal, un appartement fouillé dans ses moindres recoins, des lettres et documents personnels, accumulés depuis des décennies, épluchés : voilà qui réveille chez la narratrice colère et désir impérieux de revisiter sa propre existence, les histoires des vivants et les histoires des morts — des morts, surtout. Pour la première fois, celle qui se désigne comme "la dernière des Jelinek " assène au lecteur des éléments de sa biographie relatifs à sa famille juive exilée, déportée ou assassinée sous le nazisme. Parallèlement, elle mène une enquête implacable sur les flux mondiaux de capitaux, le profit que les Etats tirent encore aujourd'hui des biens juifs spoliés. Elle dresse un réquisitoire sévère contre les sociétés autrichienne et allemande, l'hypocrisie, le passé criminel non assumé, l'antisémitisme latent. Et, plus que jamais, contre le culte omniprésent de l'argent, qui favorise tous les stratagèmes de blanchiment, d'évasion fiscale et de fraude généralisée. Le récit, véritable tour de force d'écriture, maniant humour noir ravageur, jaillissement d'images et d'invectives, associations et jeux de mots virtuoses, renoue avec les oeuvres les plus virulentes de l'autrice.
Printemps 1945. Sur l'île d'Amrum, en mer du Nord, la guerre semble lointaine malgré les bombardiers qui sillonnent le ciel. Du haut de ses dix ans, Nanning n'a qu'une vague idée des orages d'acier que brave son père sur le continent. Les contours de son monde se résument aux dunes, aux prés-salés et aux vastes étendues de bruyère. Mais l'île, privée de ravitaillement, est minée par les tensions et sa petite communauté divisée par la guerre. Jour après jour, Nanning lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. Il chasse, pêche et troque, affrontant un quotidien toujours plus rude. Alors que la défaite du Reich devient inévitable, il découvre à ses dépens que les siens ne sont pas du bon côté de l'Histoire. Porté par la beauté sauvage d'Amrum, ce roman d'apprentissage résonne comme lm hymne aux paradis perdus.