Le Soudan français de 1939 à 1945. Une colonie dans la guerre
Joly Vincent
KARTHALA
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EAN :9782845867789
La guerre constitue un moment de vérité pour le régime colonial car elle permet de mesurer la réalité de son contrôle sur les hommes et sur les espaces. Déjà mis à contribution entre 1914 et 1918, le Soudan français qui correspond en partie à l'actuel Mali, est appelé à deux reprises à participer à l'effort de guerre entre 1939 et 1945. Cette étude cherche à mesurer cette participation d'un double point de vue économique et militaire et à comprendre, d'une part, comment l'administration coloniale l'a organisée et, d'autre part, quelles réactions elle a suscitées chez les Soudanais. On peut ainsi dégager les limites d'une mise en valeur tant vantée en métropole après cinquante années de présence mais aussi les premiers craquements d'une domination de plus en plus en plus rejetée. La contestation vient de ceux que l'administration coloniale appelle les "évolués" qui se sont révélés au moment du Front populaire et que l'on retrouve lors du bouillonnement politique des années 1943-1945. Leurs espoirs d'intégration ont disparu avec Vichy, perçu comme un retour en arrière démontrant l'impossible transformation du régime colonial. A la fin de la guerre, le mot indépendance n'est plus tabou. Mais, pour le colonisateur, ces hommes ne constituent pas la menace principale; celle-ci est plutôt représentée par les musulmans proches de Cheikh Hamallah, que l'on cherche à briser avec le soutien de la Tijaniyya "officielle" aulendemain des tragiques événements de Nioro-Assaba en août 1940. C'est au nom de la lutte contre cet homme et ses fidèles mais aussi d'une meilleure administration des nomades que la frontière entre le Soudan français et la Mauritanie est rectifiée à l'été 1944. Comme à l'occasion de la Grande Guerre, on demande au Soudan en 1939 et en 1943 des hommes, travailleurs et soldats, des denrées vivrières et du bétail. Le rôle de la colonie doit se comprendre dans le cadre de l'AOF car le mil, le riz, la viande et les travailleurs réclamés sont destinés aux territoires voisins et en particulier au Sénégal. Ainsi, se dessine une spécialisation dans le cadre de ce vaste ensemblemalgré les réticences des autorités locales qui y voient la remise en cause de leurs politiques de développement. En envoyant des navétanes au Sénégal, elles doivent renoncer à faire du Soudan un grand producteur d'arachides. Le Soudan de 1945est bien éloigné de celui de 1939. En à peine quelques années, l'administration coloniale a perdu l'initiative, ce n'est plus elle qui a le tempo des transformations, elle est désormais sur la défensive.
Nombre de pages
653
Date de parution
01/12/2006
Poids
900g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845867789
Auteur
Joly Vincent
Editeur
KARTHALA
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20061201
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653,00 €
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Dans le journal Le Monde du 9 avril 2008, on peut lire sous la plume de Laurent Zecchini: "Alors qu'ils s'efforcent de stabiliser l'Afghanistan, les chefs militaires de l'Otan pourraient relire Lyautey..." Ce rappel du passé colonial suggère que les armées françaises qui ont combattu outre-mer depuis 1830 ont acquis un savoir-faire particulier dont témoignent leurs théoriciens comme leurs praticiens. Cette courte synthèse a pour objet de s'interroger sur cette expérience et de tenter d'en mesurer l'originalité comme les limites à partir d'exemples pris principalement en Afrique. Au-delà, il s'agit aussi d'examiner les caractéristiques des guerres coloniales et de tenter d'en comprendre les singularités. Vincent Joly est professeur d'histoire contemporaine à l'université Rennes 2, ses recherches portent sur les colonisations et les décolonisations en Afrique.
Du Soudan colonisé par la France au Mali indépendant. " Le Mali est revenu dans son berceau ", écrit Bakari Kamian, jeune enseignant d'histoire-géographie dans le journal de Bamako, L'Essor , le 22 septembre 1960, jour de l'indépendance. L'assujettissement du Mali à la France commence à partir de la conquête du pays dans les années 1880. Conquête longue ‒ elle dure plus de vingt ans ‒ et violente. La colonisation " invente " le Soudan, qui deviendra le Mali indépendant, encadré de frontières et découpé en circonscriptions administratives. L'édifice, fragile, connaît de rudes révoltes au cours de la Première Guerre mondiale. L'entre-deux-guerres est marqué par le véritable lancement de l'exploitation économique du pays, ainsi que par l'émergence d'une élite indigène nouvelle, laquelle rompt avec les hiérarchies traditionnelles et cherche sa place dans la société coloniale. Ce sont ces hommes et ces femmes qui deviennent les acteurs de la vie politique et syndicale désormais autorisée après 1945. Certes, le mot indépendance n'est plus un tabou, mais il ne s'impose pas avant 1956. Pour les responsables qui prennent progressivement en main les affaires du pays, l'horizon est alors celui de l'unité africaine. Après la fin de l'Afrique occidentale française, l'échec de la Fédération du Mali (qui rassemblait le Soudan, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey) en août 1960 les conduit à repenser le pays comme un État-nation dans ses frontières héritées de la colonisation.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.