Jean Giraudoux (1882-1944), grand nom de la littérature de l' entre deux-guerres, incarna en son temps l'humanisme républicain. Pourquoi cet héritier des Lumières est-il devenu suspect à la fin des années 1960 ? Pour ses propos, odieux mais isolés, sur les immigrés ashkénazes ? Cela n' explique pas pourquoi il commença à tomber dans l' oubli au moment où triomphait la "barbarie" de Céline. Nos mémoires imbriquées ? républicaine, laïque, vichyste, résistante, juive ? peinent à se reconnaître dans le miroir déformant de son oeuvre. Giraudoux fait sécession par rapport aux nonnes sociales. D'où sa méfiance à l'égard des formes du droit et son goût pour l'utopie. Il porte sur son temps tragique un regard éloigné, faussement indifférent. Il faut se méfier des lectures rétrospectives qui replacent une oeuvre antérieure à la Libération dans la lumière crue de l'après-Shoah et d'une France qui a du mal à se remettre de "l' étrange défaite" de juin 1940. Giraudoux n'a pas trahi ses idéaux républicains mais les a placés en tension entre la menace d'un effondrement et la nécessité d'un ressaisissement. Vue sous cet angle, et sans rien cacher de ses ambiguïtés, son oeuvre surprend par son tranchant : laïque, féministe et écologique, curieuse de l'Autre jusqu'à l'anxiété.
Nombre de pages
122
Date de parution
05/11/2019
Poids
130g
Largeur
116mm
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EAN
9782841869435
Titre
Giraudoux. L'humanisme républicain à l'épreuve
Auteur
Job André
Editeur
MICHALON
Largeur
116
Poids
130
Date de parution
20191105
Nombre de pages
122,00 €
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Surplombant l'oeuvre entière, Dans la solitude des champs de coton brille des feux de la rhétorique et retrace le cheminement des corps et des discours à l'orée du lien social, du désir et du rapport à la Cité. Koltès redécouvre le modèle antique de la sophistique pour en tester l'efficacité tragique. Le présent essai s'interroge sur le sens et la portée d'un tel retour. En croisant anthropologie, philosophie, psychanalyse et sociologie, l'analyse opère un salutaire coup de force, car elle délocalise le regard porté sur l'oeuvre et montre comment la torsion de l'écriture s'empare de cette forme supposée désuète pour la hisser sur la crête de la contemporanéité. La contrefaçon des procédures de discours empruntées au marché fait ainsi bon ménage avec une rhétorique érotisée qui manque son but mais élève les esprits et les coeurs. Partage difficile entre la « blague » et le sérieux, qui témoigne d'une très actuelle manipulation des valeurs.
Le narcissisme fait naître a priori le soupçon d'une esthétique artificieuse : les ruses de l'écrivain occupé à reproduire les jeux de l'enfance et fasciné par son " roman familial " peuvent en effet différer quelque peu le passage à la création authentique. Qu'en est-il chez Giraudoux ? Pour l'auteur de Siegfried et le Limousin, faire de la régression un apprentissage, c'est faire du narcissisme une composante dynamique de la création romanesque, faire de la crise d'identité le point nodal du récit. Giraudoux a certes puisé, pour ses premiers romans, dans un réservoir d'images, objet d'un culte narcissique. Bientôt pourtant, du fait de leur régime singulier, ces images n'ont plus en charge de dire les délices mais plutôt la difficulté et la souffrance d'être à soi. Prend corps ainsi un imaginaire somptueux qui, s'il se sait coupable, n'en mérite pas pour autant l'indignité philosophique ou esthétique que lui attribuait Sartre. Ouvrant sur un continent perdu, et fondant le roman d'une archéologie du sujet, l'aventure du récit, chez Giraudoux, se lit comme la biographie d'une écriture, quand esthétique et psychologie se rejoignent.
En 1944, Raphaël Lemkin est le créateur du concept juridique de génocide et des notions de « crimecontre l'humanité ». De la Société des Nations à l'Organisation des Nations Unies, en passant par le tribunal de Nuremberg, ce juif polonais réfugié aux Etats-Unis a été un acteur fondamental du développement d'un droit international humanitaire.
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