Jitkov Boris ; Coldefy-Faucard Anne ; Catteau Jacq
CALMANN-LEVY
37,05 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782702138700
Etudiants et étudiantes en révolte, attirés par le terrorisme; ouvriers séduits par le marxisme et la lutte révolutionnaire; libéraux contestataires, rêvant simplement de réformer la Russie; autorités qui, conscientes que quelque chose couve, veillent au grain... C'est dans cette atmosphère de sourde effervescence que s'ouvre le roman-fresque de Boris Jitkov, considéré par Pasternak comme "le meilleur sur la révolution de 1905". La roue de l'histoire, en effet, et avec elle la narration, ne tarde pas à s'emballer: grèves, manifestations, combats de rue, répression, réaction débouchant sur des pogromes d'une violence inouïe constituent la trame de ce Viktor Vavitch aussi chaotique, animé, fracassant que les événements qu'il évoque. Sur ce fond d'agitation empreinte d'espoir, mais se soldant par un noir désespoir, Boris Jitkov sème ses personnages dont les destins, pleins de promesses, avorteront pour la plupart, à l'image de la révolution manquée de 1905: il y a Viktor Vavitch qui rêve de galons d'officier mais se retrouve dans la police; il y a Bachkine qui se veut "un type bien" mais devient indicateur; il y a le jeune Sanka Tiktine qui n'est guère convaincu par la révolution: le roman s'achèvera pourtant sur son envoi en relégation à Viatka; il y a sa soeur, Nadienka, amoureuse d'un ouvrier au coeur de l'action clandestine; il y a la jeune Taïnka, soeur de Vavitch, qui aime à la folie le flûtiste juif Israëlson... Foisonnement de personnages, chaos de couleurs et de sons, Boris Jitkov livre ici le film de 1905, transformant le lecteur en spectateur et auditeur. L'écriture, très cinématographique, joue à merveille de la suggestion, de l'ellipse. Constamment au plus près de son sujet, Boris Jitkov ne décrit pas, il saisit des images, s'y arrête un instant, nomme parfois, pour aussitôt se hâter ailleurs. Le "dernier grand roman russe", a-t-on dit de Viktor Vavitch. Le dernier, en tout cas, à offrir cette écriture qui place la langue et la poésie au-dessus de tout, à l'instar des oeuvres d'un Gogol, d'un Biély ou d'un Zamiatine. Viktor Vavitch est écrit entre 1929 et 1934, puis imprimé en 1941. La censure stalinienne le juge alors "inconvenant" et "inutile". L'ouvrage est envoyé au pilon. Mais l'imprimeur décèle le chef-d'oeuvre et en conserve quelques exemplaires. C'est donc un manuscrit miraculeusement sauvé de l'oubli que le lecteur est invité à découvrir. Biographie de l'auteur Né dans une famille juive aux environs de Novgorod, Boris Jitkov (1882-1938) a tous les talents. Il est chimiste, marin au long cours, il voyage beaucoup et ne commence à écrire qu'à l'âge de quarante ans, essentiellement des ouvrages pour la jeunesse encore très prisés, aujourd'hui, en Russie. Avec son roman Viktor Vavitch, dont il ne verra jamais la parution, il entre dans la grande littérature russe.
Jitkov Boris ; Coldefy-Faucard Anne ; Catteau Jacq
Étudiants en colère attirés par le terrorisme, ouvriers séduits par le marxisme et la lutte révolutionnaire, libéraux contestataires, rêvant simplement de réformer la Russie, autorités sur la défensive, c?est dans cette atmosphère de sourde effervescence que s?ouvre le roman-fresque de Boris Jitkov, considéré par Pasternak comme « le meilleur sur la révolution de 1905 ». Sur ce fond d?agitation empreinte d?espoir, l?auteur sème ses personnages dont les destins, pleins de promesses, avorteront pour la plupart, à l?image de cette révolution manquée ? À l?instar des oeuvres d?un Gogol ou d?un Zamiatine, Viktor Vavitch, sans doute un des derniers grands romans russes, est servi par une écriture qui place la langue et la poésie au-dessus de tout. Écrit entre 1929 et 1934, imprimé en 1941, l?ouvrage est jugé « inconvenant » et « inutile » par la censure stalinienne, qui ordonne qu?on l?envoie au pilon. Mais l?imprimeur en conserve quelques exemplaires: c?est donc un texte miraculeusement sauvé de l?oubli que le lecteur est invité à découvrir.
Il s'est passé quelque chose. Quelque chose qui t'a volé ta sensibilité, ta tendresse, ton coeur, et qui t'a transformé en ce pauvre petit paquet de mépris, d'arrogance et de préjugés pour lequel tu te fais désormais passer". Gregory et Terence sont frères, mais ils sont radicalement opposés. Au premier, la fortune, le prestige et une assurance teintée d'arrogance semblent ouvrir toutes les portes, tandis que le second, marqué par une blessure d'enfance, accumule échecs professionnels et déceptions sentimentales. Issus de la même éducation, ils n'en poursuivent pas moins des chemins divergents, guidés par des valeurs et une vision du monde irréconciliables. C'est pourtant la même femme qui les captive et devient le catalyseur de cette tragi-comédie littéraire. Récit à deux voix, l'histoire se déploie tantôt sous le regard de Gregory, tantôt sous celui de Terence, dévoilant peu à peu la violence de leur rivalité au point de bouleverser l'image qu'on croyait avoir d'eux. Avec sa verve caustique et sa lucidité implacable, Martin Amis dissèque ici nos travers les plus sombres, offrant une fresque cruelle et jubilatoire.
Je l'imagine, flottant au-dessus des prairies, dansant au coeur des clairières. Je me raconte des histoires parce qu'elle en est devenue une elle-même". Un soir de neige, un couple se dispute dans sa voiture. Les enfants dorment sur la banquette arrière. Après vingt ans de complicité, Marie a trompé Julien. Le ton monte. Marie descend, claque la portière. Julien feint de poursuivre sa route, mais il fait nuit, c'est la tempête, alors il rebrousse chemin. La forêt s'étend, impénétrable. Julien ratisse les environs pendant des heures : aucune trace de Marie. Une enquête est lancée ; elle ne donnera rien. Sept ans s'écoulent, sept ans pendant lesquels Julien et les enfants doivent apprendre à vivre avec le mystère absolu de cette disparition. Jusqu'à ce qu'un soir, on frappe à la porte... Un monde sur le point de basculer, des enjeux intimes bouleversants... Fabrice Colin se penche avec délicatesse sur ceux qui restent, leur deuil impossible, leurs blessures, leurs amitiés, leurs amours. Au fond : leur humanité.
Philippe Torreton a passé quelques nuits avec le Samusocial. Des nuits de maraude dans Paris, aux côtés des infirmiers, des travailleurs sociaux et des gens qui vivent dans la rue. Les signalements, les déplacements en ambulance, les conversations : Philippe Torreton a tout enregistré, pour ne rien trahir, pour restituer au plus près ce qu'il a pris comme une claque. De ces heures transcrites, il tire un long poème en prose qui n'a rien d'emprunté ou d'artificiel. Il raconte au contraire avec une vivacité saisissante la misère, la spirale infernale, la folie parfois, ou l'exil, mais aussi l'engagement, l'espoir, l'amitié et l'impuissance de ceux qui se battent, la colère de ne pouvoir faire plus. L'inanité de la parole politique aussi. Un texte singulier qui nous met aux prises avec la réalité de la pauvreté, celle qu'on croise tous les jours sur les trottoirs.
Autrefois, nous étions tous inoffensifs. Nous avions tous ou presque ces visages un peu niais, dénués de caractère. [... ] Nous étions inoffensifs et nous aurions dû le rester pour demeurer des hommes". Un homme parle. Il raconte sa fuite hors de Paris, avec ses deux enfants. La ville, en proie à la guerre civile, est en feu. Il veut rejoindre une République du Jura sans doute illusoire. Dans un pays dévasté par le conflit, sa seule mission doit être de préserver les siens de la cruauté. La route, parcourue en voiture, à dos d'âne et souvent à pied, sera longue. Elle sera semée de dangers mortels, illuminée par la beauté de certaines rencontres. A travers champs, à travers bois, il tâche de se raccrocher à ce qu'il peut conserver d'humanité et d'amour. Ce roman haletant aux allures de conte ou de rêve évoque autant notre pays que l'itinéraire d'un homme vers l'essence de la vie.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste". Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
Une découverte aussi impressionnante que glaçante. S'appuyant sur des faits historiques réels, porté par le rythme haletant d'une écriture expiatoire, un premier roman stupéfiant, qui dévoile le passé fasciste de la Hongrie et éclaire les montées de l'extrême droite en Europe. Jusqu'ici, Renner était un petit patron d'usine à Budapest. Profitant de son statut de notable, il avait réussi à se soustraire à ses obligations militaires. Mais nous sommes en 1944. Les nazis ont laissé la ville aux mains des miliciens des Croix-Fléchées. Ces derniers, ivres de violence et assoiffés de pouvoir, jurent de rendre la Hongrie aux Hongrois. Or Renner est marié à une Juive. Et il a caché de nombreux Juifs de son personnel. La torture et la mort l'attendent. Sauf que Renner possède un bien précieux dont les miliciens ont grand besoin : son camion. Commence alors pour Renner, étroitement surveillé par son geôlier Robi, un atroce périple au coeur de la capitale exsangue, un chemin de croix morbide sur les traces des corps martyrisés des victimes des Croix-Fléchées.
- Vous avez vu une feuille - sur un arbre, une feuille? - Oui. - J'en ai vu une, l'autre jour, une jaune, encore un peu de vert, un peu moisie déjà sur les bords. Le vent qui la portait. J'avais dix ans, l'hiver, exprès, je fermais les yeux et je m'imaginais une feuille - verte, brillante, avec ses nervures, et le soleil qui brille. J'ouvrais les yeux, je n'y croyais pas, parce que c'était très bien, et je les refermais. - Qu'est-ce que c'est? une allégorie? - Non... pourquoi? Pas une allégorie, non, je dis une feuille, tout simplement, juste une feuille. Une feuille, c'est bien. Tout est bien. (Kirillov et Stavroguine) Veules, médiocres, obscurs, les acteurs de ce drame - une sombre conspiration nihiliste dans une quelconque ville de province - gravitent autour de la figure de Stavroguine, démon baudelairien, "homme de l'orgueil, homme du défi - mais d'un défi dans le vide". Car ce roman (c'est le traducteur qui souligne) "n'existe finalement que pour semer le trouble, égarer, emporter, faire tournoyer, tournoyer, attraper des éclairs, et, à la fin, après plus de mille pages de cyclone, par une espèce de bouffonnerie indifférente, pas même grinçante, non, grotesque, abandonner le lecteur, essoufflé, avec rien. Possédé."