L'Afrique, comme le monde entier, est confrontée aujourd'hui à des situations extrêmement brûlantes, qui mettent souvent en jeu la vie humaine. D'une beauté exotique pour les Européens ou tout à fait normale pour les Africains, ces pays de sables ou d'oasis vertes ont dû traverser des siècles de luttes : entre les communautés et les castes, contre les envahisseurs, contre eux - mêmes... Une histoire de violences comptabilisées en guerres dont la mise était le territoire, les richesses du sol et du sous - sol, les influences politiques ou la simple survie. Bourreaux ou martyrs, l'histoire a retenu ou oublié leur nom ; un acte de rappel nous semble nécessaire. Affirmer son identité par cris et colères s'est ajouté à l'entreprise plus délicate des artistes, dormeurs éveillés transformés en écrivains engagés, prêts à utiliser le français pour faire connaître, par leur plume, les problèmes mouvants que leurs pays devaient affronter. Leurs livres sont fortement ancrés dans la réalité politique, économique et sociale, et ils ne gardent d'idéal que le désir de dénoncer une réalité souvent terrible. Si leur style passe facilement de l'absurde à l'ironie, de l'humour au tragique, c'est qu'au - delà du délire et des mirages que savent montrer avec virtuosité les anciens et actuels griots, il y a un continent qui peine parfois à maintenir des régimes politiques démocratiques, qui milite pour améliorer la condition de la femme et de l'enfant, qui cherche ailleurs, par son destin de migrant, une vie meilleure.
L'Afrique (et ses conflits) se raconte en mille et une formes. Certains la disent à haute voix, certains par écrit. Certains avec l'exigence et l'objectivité de l'historien, du sociologue et du journaliste. D'autres avec la subjectivité du romancier, du dramaturge, du dessinateur ou de quelque autre forme artistique. Le présent volume réunit des textes multiformes pour dire, raconter, peindre et dessiner le destin d'une Afrique mutilée, souillée et déchirée par les conflits politiques depuis son accession à la souveraineté nationale. L'Afrique se raconte en rythme de tambours, en modulations de muezzin, en cris de guerre, en rires et en pleurs. Tout cela tissé en discours politiques, sociaux ou littéraires. Au regard de la production romanesque et dramatique africaine, depuis ses origines jusqu'à nos jours, la littérature africaine de ces catégories n'a jamais cessé d'être la voix des sans voix. L'Afrique continue de dire son histoire passée et présente. Simona Ji ? a est maître de conférences à la Faculté des Lettres de l'Université Babes-Bolyai de Cluj-Napoca, en Roumanie. Elle s'intéresse à la littérature française et francophone des XXe et XXIe siècles. Sergiu Miscoiu est professeur des universités en sciences politiques à la Faculté d'études européennes de l'Université Babes-Bolyai et directeur du Centre de coopérations internationales et du Centre d'études africaines de cette université. Il est aussi professeur associé et directeur de thèses à l'Université Paris-Est. Modibo Diarra est maître-assistant à l'Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB) au Mali et spécialiste de l'étude du roman africain francophone".
La Traduction Oecuménique de la Bible (TOB), publiée en 1975, a marqué un tournant dans la longue histoire de la traduction de la Bible. Pour la première fois au monde, des biblistes catholiques, protestants et orthodoxes travaillaient ensemble pour produire une traduction moderne dont la fiabilité et le sérieux sont aujourd'hui reconnus par tous. La Bible TOB a bénéficié depuis d'importantes révisions, en 1988 et 2004, proposant un texte plus précis et harmonieux et prenant en compte les avancées de la recherche biblique. Cette édition 2010 comprend de nouvelles actualisations des notes et introductions, avec quelques corrections de la traduction. Elle porte la même exigence de clarté de la langue et de fidélité au texte source. La TOB 2010 constitue aussi un événement éditorial et oecuménique sans précédent: pour la première fois dans l'histoire de la Bible en langue française, elle intègre un ensemble supplémentaire de six livres deutérocanoniques en usage dans la liturgie des Eglises orthodoxes 3 et 4 Esdras, 3 et 4 Maccabées, le Psaume 151, la Prière de Manassé. Avec des introductions générales, une introduction à chaque livre, des notes essentielles sur les particularités du texte, un tableau chronologique, un tableau synoptique, un glossaire et huit cartes couleur, la TOB 2010 est tout indiquée pour se plonger dans les récits plusieurs fois millénaires de la Bible, tels qu'ils ont été reçus dans les diverses traditions juives et chrétiennes.
Résumé : Pour commémorer ses douze années passées sur le siège de Pierre, voici un livre photos retraçant les grands moments du pontificat de François : le pape apparaissant au balcon de Saint-Pierre de Rome, à Lampedusa avec les migrants, les cérémonies de Pâques pendant la période du confinement, l'ouverture des portes saintes du jubilé. Autant d'événements, heureux ou graves, dont il faut se souvenir. Ouvrir ce livre consacré au pape François, c'est se rappeler son immense action pastorale : l'intérêt consacré aux Eglises d'Amérique du Sud, d'Afrique ou d'Asie, le souci des pauvres retrouvé, l'attention portée aux périphéries... Autant de choses qui révèlent la préoccupation du pasteur, que chacun trouve sa place dans l'Eglise. François, c'est aussi un héritage théologique majeur : la prise de conscience, au sein de l'Eglise, de la crise écologique et l'initiation d'une réflexion théologique ; l'accueil fait aux divorcés-remariés. Tout cela, c'était François. Pour ne pas oublier.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.