Tout fait de la philosophie de Gilles Deleuze une pensée indisciplinée. Or, s'il est bien difficile de lui assigner aujourd'hui un lieu dans l'histoire récente de la pensée, quelle n'est pas pourtant la surprise de la voir irriguer, tantôt explicitement, parfois tacitement, une multiplicité déroutante de terrains et de disciplines. Que nous a légué Gilles Deleuze, en effet ? Est-ce une philosophie nomade, où viennent prendre place les excursions les plus folles dans les champs de la non-philosophie, mais dont l'unité ne serait qu'apparente et reposerait moins sur un contenu intrinsèque que sur l'autorité maintenue de son style indirect libre ? Ou bien une doctrine métaphysique unifiée, dont les principes se seraient non seulement explicités, mais consolidés au con-tact d'autres systèmes philosophiques classiques ? Ou encore une pédagogie renouvelée du concept, ouverte et patiemment travaillée par un constructivisme radical dont les réorientations successives n'en accusent pas moins quelques abandons majeurs ? Réunissant les travaux de deux générations de chercheurs, parmi les meilleurs connaisseurs de l'oeuvre deleuzienne en France et à l'étranger, cet ouvrage collectif vise non seulement à éclairer une dimension politique de la pensée de Gilles Deleuze, au croisement de l'histoire de la philosophie, des sciences et des arts, mais aussi à vérifier ce qui se présente comme politique dans sa propre pratique philosophique, qualifiant à chaque fois un type bien spécifique d'intervention pratique du concept.
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Nombre de pages
342
Date de parution
28/03/2015
Poids
455g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782940406876
Titre
Gilles Deleuze. Politiques de la philosophie
Auteur
Jdey Adnen
Editeur
METISPRESSES
Largeur
142
Poids
455
Date de parution
20150328
Nombre de pages
342,00 €
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Sans doute, tout fait de la philosophie de Gilles Deleuze une pensée indisciplinée. Or, s'il est bien difficile de lui assigner aujourd'hui un lieu dans l'histoire récente de la pensée, quelle n'est pas pourtant la surprise de la voir irriguer, tantôt explicitement, parfois tacitement, une multiplicité déroutante de terrains et de disciplines ? Que nous a légué Gilles Deleuze, en effet ? Est-ce une philosophie nomade, où viennent prendre place les excursions les plus folles dans les champs de la non-philosophie, mais dont l'unité ne serait qu'apparente et reposerait moins sur un contenu intrinsèque que sur l'autorité maintenue de son style indirect libre ? Ou bien une doctrine métaphysique unifiée, dont les principes se seraient non seulement explicités, mais consolidés au contact d'autres systèmes philosophiques classiques ? Ou encore une pédagogie renouvelée du concept, ouverte et patiemment travaillée par un constructivisme radical dont les réorientations successives n'en accusent pas moins quelques abandons majeurs ? C'est autour de ces questions que s'organisent les études réunies dans ce livre qui réunit deux générations de chercheurs, parmi les meilleurs connaisseurs de l'oeuvre deleuzienne en France et à l'étranger. Il s'agit non seulement d'éclairer une dimension politique de la pensée de Gilles Deleuze, au croisement de l'histoire de la philosophie, des sciences et des arts, mais aussi de vérifier ce qui se présente comme politique dans sa propre pratique philosophique, qualifiant à chaque fois un type bien spécifique d'intervention pratique du concept. Adnen Jdey est chercheur en esthétique et philosophie contemporaine à l'université de Tunis. Il a publié et coordonné plusieurs ouvrages et numéros de revues académiques. Dernières parutions : Les Styles de Deleuze. Esthétique et philosophie, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2012 ; Gilles Deleuze et la logique du sensible. Esthétique et clinique, Grenoble, De l'incidence éditeur, 2012.
Politiques de l'image Si la proposition essentielle qui anime depuis une quinzaine d'années les travaux de Jacques Rancière consiste simultanément à débusquer la tension entre les régimes éthique, représentatif et esthétique des arts, d'une part, et, d'autre part, à repérer les modalités du partage du sensible comme opération fondamentale du politique, c'est sans doute en fonction de ce nouage inextricable que l'image s'offre comme un terrain de prédilection pour penser, analyser et réarticuler le dicible, le visible et le pensable, les manières de faire et les manières d'être. Qu'il s'agisse de circuler à l'intérieur ou autour de l'image, de critiquer la société du spectacle, du règne du visuel et des emportements éplorés sur la fin des images ; de la définition d'un cinéma ? "politique" et de la prétendue coupure entre le cinéma classique et le cinéma moderne ; de la notion d'"irreprésentable" ; des spécificités médiatiques et techniques censées assurer une "pureté" de l'image conforme à sa non moins prétendue ontologie ; ou encore de la migration des images en mouvement des salles de projection vers les espaces d'exposition à la révolution numérique ou à la dématérialisation des oeuvres par l'image, la vigueur et la radicalité peu communes de la pensée de Jacques Rancière nous invitent, à chaque fois, à rendre l'image à ses opérations singulières comme à ses enjeux politiques.
En s?accordant aux multiplicités transversales de l?écriture et des opérations réflexives qui lui sont liées, le présent recueil pose le problème du style chez Deleuze suivant trois découpes connexes: entre philosophie et histoire de la philosophie, logique et esthétique, clinique et politique. L?ensemble des études ici réunies ont en commun de référer chaque fois la stylistique deleuzienne à un concept ou un cas d?analyse précis, susceptibles d?en cerner les présupposés théoriques et le mode de fonctionnement. La multiplication des perspectives devrait ainsi permettre de dégager les jalons de ce qui, dans cette pensée en acte, s?offre précisément comme méthode et pratique singulière du style, consignant par là un style de pensée spécifique: le style-Deleuze.
Ce n'est pas le moindre des mérites de la pensée de Gilles Deleuze que de penser l'individuation de l'art sous le signe d'une logique du sensible où esthétique et clinique sont en présuppositions réciproques. En explorant les coupes et les tensions névralgiques qui irriguent cette logique, les études ici réunies trouvent leur commune impulsion dans le souci de remettre en chantier la cartographie deleuzienne des arts, et d'interroger les écarts et les résonances internes qui l'animent. La spécificité de cet ouvrage est de croiser non seulement des lectures d'éminents spécialistes de la philosophie de Gilles Deleuze, venant sonder à nouveaux frais son rapport singulier aux variations du sensible, mais aussi des contributions de théoriciens de la théorie littéraire, de la musique, du cinéma ou encore de l'histoire de l'art, réinterrogeant depuis leur point de vue une pensée de la création dont on ne mesure pas encore pleinement la puissance et la fécondité.
Entre l'art et le témoignage, au moins quatre générations d'écrivains de langue arménienne ont pratiqué une écriture contrastée pendant tout le cours du XXe siècle. Partagés entre le Pays et la Dispersion, entre le reniement et la fidélité, entre le communisme et l'idée nationale, ces écrivains se sont débattus avec leur temps aussi bien qu'avec le singulier destin de leur langue déchirée. Dans le même temps, ils ont su inventer une modernité pour leur propre compte, où intervenaient la Catastrophe, le deuil philologique, le débat continuel avec le témoignage, la critique acerbe de la révolution nationale et, bien sûr, la question récurrente : comment la littérature est-elle encore possible dans ces conditions extrêmes, au bord (ou au-delà) de l'effondrement ? Le présent volume inaugure une série d'études monographiques sur ces écrivains du bout du monde. Il traite de quatre auteurs (Yeghishé Tcharents, Gourgen Mahari, Zabel Essayan, Vahan Totovents) qui ont produit l'essentiel de leur œuvre en Arménie ou qui ont émigré sur le tard pour se voir emportés par la tourmente stalinienne en 1937.