Il est impossible de résumer une telle somme, ouvrage d'une vie. Disons à très larges traits que la "théorie de la bicaméralité" développée par Julian Jaynes affirme que l'esprit humain était autrefois constitué de deux parties, l'une qui "parlait" et formulait les décisions à prendre, l'autre qui écoutait et obéissait. Aucune de ces deux parties n'étaient véritablement conscientes au sens où on l'entend aujourd'hui, et précisément la conscience serait apparue progressivement, au fur et à mesure que "l'esprit bicaméral" , comme Jaynes nomme cet état antérieur, disparaissait. Le lecteur suit le psychologue américain retrouvant dans les traces archéologiques des plus anciennes civilisations, dans l'histoire antique et religieuse (la littérature mésopotamienne, l'Illiade, les poètes grecs, l'Ancien Testament...), les preuves de l'existence de cet esprit bicaméral qu'il postule, et dans la poésie, la musique, l'hallucination du schizophrène, et ultimement dans la méthode scientifique, ce qu'il interprète comme ses vestiges...
Nombre de pages
544
Date de parution
04/02/2021
Poids
558g
Largeur
148mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782849755341
Titre
La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit bicaméral
Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur.
L'exposition de La maison rouge réunit pour la première fois en France plus de cent cinquante oeuvres de l'artiste rom Ceija Stojka, née en Autriche en 1933. Déportée à l'âge de dix ans, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen. C'est à cinquante-cinq ans, qu'elle rompt le silence et se lance dans un fantastique travail de mémoire, lequel donne naissance à plusieurs récits et à plus d'un millier d'oeuvres, encres, gouaches et acryliques sur toile ou papier, alors qu'elle est autodidacte. Elle devient ainsi la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l'oubli et le déni, contre le racisme anti-rom ambiant en Autriche et en Europe. L'ensemble de ce qu'elle laisse à sa mort en 2013, donne la sensation d'un grand journal sans chronologie, où peintures et écrits, s'entremêlent pour restituer les souvenirs cauchemardesques d'une enfant sur ce qu'on appelle Samudaripen ou génocide tsigane. Ce catalogue, réalisé à l'occasion de l'exposition, s'attache à restituer fidèlement l'esprit de l'artiste, sa singularité, sa force de vie et dévoile un travail pictural hors du commun.