Le philosophe doit-il "descendre dans la rue" , doit-il se préoccuper des problèmes politiques de l'heure ? "Oui, répond Karl Jaspers, sans doute ; de tous temps il y a eu de grands exemples : Kant en est un, et Hegel, et Nietzsche. Dès les temps anciens, ceux qui ont visé le Tout se sont mêlés de politique". Ainsi s'ouvre ce dialogue avec Thilo Koch, cette interview télévisée qui fit tant de bruit en Allemagne et se trouve à l'origine de cet écrit sur la liberté et la réunification. Sans vouloir se comparer à ses devanciers, Jaspers dit simplement que dès sa jeunesse, la philosophie l'attirait. Il n'imaginait pas, cependant, qu'on pût en faire un "métier" , ni davantage une distraction de dilettante. Ce qui lui paraissait essentiel, c'était d'abord la vie, l'expérience, et ensuite la fréquentation des grands esprits afin d'y trouver une orientation. Ainsi a-t-il consacré une part importante de son oeuvre à scruter l'actualité de façon à y découvrir les dangers et les chances qui s'offraient à notre civilisation. La bombe atomique et Liberté et réunification témoignent de cette vigilance. Selon lui, la réunification des deux parties de l'Allemagne séparées par la dernière guerre n'a d'importance que relative. L'essentiel, c'est la liberté, c'est que l'Allemagne de l'Est dispose d'elle-même, que l'idée de liberté guide les démocraties, c'est le refus de tout totalitarisme, c'est, dans l'immédiat, l'éducation politique du peuple, l'organisation d'une Europe solidaire, c'est l'abandon d'un concept fatal : celui d'Etat national. Dans ce court volume, chaque chapitre apporte des idées, des suggestions, des mises en garde et un appel pressant à tous les hommes, afin qu'ils prennent à nouveau conscience de leur situation et de leurs responsabilités. L'histoire de l'Allemagne, la catastrophe où la précipita le nazisme, le relèvement de la République Fédérale grâce aux Alliés, le rôle d'Adenauer, maints épisodes de ces dernières années, donnent lieu à des points de vue riches d'intérêt.
Nombre de pages
236
Date de parution
02/11/1962
Poids
250g
Largeur
118mm
Plus d'informations
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EAN
9782070233731
Titre
Liberté et réunification
Auteur
Jaspers Karl
Editeur
GALLIMARD
Largeur
118
Poids
250
Date de parution
19621102
Nombre de pages
236,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Celui qui est resté passif sait qu'il s'est rendu moralement coupable chaque fois qu'il a manqué à l'appel, faute d'avoir saisi n'importe quelle occasion d'agir pour protéger ceux qui se trouvaient menacés, pour diminuer l'injustice, pour résister. Même lorsqu'on se soumettait par impuissance, il restait toujours du jeu permettant une activité, certes non exempte de danger, mais que la prudence pouvait pourtant rendre efficace. On se reconnaîtra, en tant qu'individu, moralement coupable d'avoir par crainte laisser échapper de telles chances d'agir. L'aveuglement devant le malheur des autres, cette absence d'imagination du c?ur, et l'indifférence intérieure au malheur même qui frappe la vue, tout cela constitue une culpabilité morale. "
Jaspers incarne, en Allemagne, l'existentialisme chrétien. Partant de la constatation primordiale de l'existence, le philosophe, échappant au réalisme matérialiste, doit rechercher les conditions du salut de l'homme, c'est-à-dire l'accomplissement de sa liberté. Cet accomplissement, Jaspers le situe en Dieu. Récusant donc la primauté de la science sur la métaphysique et la foi, Jaspers montre comment ont peut, depuis Platon, déduire et construire un humanisme philosophique de la liberté.
Cette Initiation à la méthode philosophique a pour origine une série d'émissions radiodiffusées, d'où son caractère très vivant et accessible. C'est une initiation à la philosophie en général, mais aussi à la pensée originale d'un des penseurs les plus marquants de notre temps.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.