Somnambules, hallucinés, haschichins, visionnaires, médiums, extases, apparitions, états seconds, dédoublements de la personnalité, tout le XIXe siècle français est parcouru par une interrogation insistante : où situer la frontière entre la folie et la raison? Jusqu'où peut-on céder aux séductions de l'imaginaire sans courir le risque de méconnaître la réalité? Faut-il maintenir une séparation radicale entre ces deux mondes ou admettre un continuum entre les visitations du songe et nos perceptions du jour? Notre "moi" ne serait-il plus ce que nous aurions tant voulu qu'il soit : un, permanent, maître en sa demeure? Plus inquiétant encore : Je serait-il un autre... L'originalité de l'enquête attentive ici menée tient à ce qu'elle ne cesse d'entrelacer les points de vue des " aliénistes " de l'époque - Esquirol, Lélut, Moreau de Tours -, des philosophes - de Maine de Biran àTaine, auteur de la fameuse formule : "la perception est une hallucination vraie" -, et des romanciers, conteurs et poètes - Balzac, Nodier, Baudelaire, Hugo, jusqu'à Rimbaud. C'est alors tout le paysage d'une réalité autre qui se découvre, toute une chronique troublante des "vies secondes" qui nous est transmise à travers l'analyse de quelques oeuvres exemplaires et la reconstitution de débats scientifiques aujourd'hui oubliés. L'ouvrage s'achève avec la venue de Freud marquant la fin du siècle et le début du nôtre, Freud qui fera éclater ce que l'auteur nomme le "paradigme" hérité du cartésianisme, un paradigme déjà mis à mal par l'imagination créatrice et aventureuse de quelques-uns.
Nombre de pages
308
Date de parution
23/10/1997
Poids
338g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070745692
Titre
Vies secondes
Auteur
James Tony
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
338
Date de parution
19971023
Nombre de pages
308,00 €
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Descartes n'est pas toujours "cartésien". Il s'intéressait à ses rêves et y prenait plaisir, au point de conserver toute sa vie le cahier sur lequel il avait consigné, en 1619, le récit des trois rêves venus "d'en haut". Sachant les observer au moment même où ils se déroulaient, il pouvait aussi influencer leur contenu. C'est ainsi qu'en 1631 il goûte "tous les plaisirs qui sont imaginés dans les Fables" en faisant des rêves imprégnés de ses lectures de romans de chevalerie. L'interrogation sur le rêve n'est pas de la philosophie de cabinet pour Descartes, car ses imaginations lors de son sommeil sont souvent "plus vives et expresses" qu'éveillé. La question "Puis-je savoir que je dors ?" peut recevoir, paradoxalement, une réponse affirmative. Quant à cette autre : "Comment savoir que je ne dors pas ?", Descartes apporte une réponse originale et exigeante. Avec cet essai, Tony James propose une lecture qui va à l'encontre des stéréotypes et fait ressortir un visage moins connu du philosophe.
Tony Buzan a créé le concept du Mind map. Depuis plus de 35ans, il est une autorité incontestée dans le monde entier pourses recherches sur le fonctionnement du cerveau. Il a publié denombreux best-sellers vendus dans plus de 200 pays et traduitsdans 35 langues.
Best-seller du développement personnel, "Une tête bien faite" vous propose de libérer les formidables capacités cognitives que recèle votre cerveau. Tony Buzan vous apprendra comment tirer parti des mécanismes cérébraux pour utiliser au mieux vos aptitudes intellectuelles.
Buzan Tony ; Harrison James ; Jones Anne ; Bouvier
Lisez deux à quatre fois plus vite! Grand classique de l'efficacité personnelle, La lecture rapide vous propose de faire le point sur vos capacités actuelles de lecture et à les améliorer de façon spectaculaire. Que vous souhaitiez: gagner un temps précieux, penser plus rapidement, développer votre sens de l'analyse et votre créativité, aiguiser votre mémoire, améliorer votre concentration...
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.