Les Utopiques, 3, sous-titré Hout-Ka-Ptah, commencé en 2009 et achevé en 2025, est une réinvention, en même temps qu'une retranscription, dans une nouvelle prosodie modernisée et versifiée, de cinq poèmes classiques du Moyen Empire égyptien. Il ne s'agissait pas de les traduire à nouveau, mais de leur donner, dans l'ouverture d'un instant de remémoration, une nouvelle chance salutaire de vie. Un ressouvenir apparu à travers des millénaires de distance est venu réactiver le passé dans un présent en devenir, pour se réécrire à la lumière de l'utopie. L'identité utopique était omniprésente dans la littérature égyptienne, car elle constituait une victoire du « moi » sur la mort. Pour le héros-guerrier Sinouhay dans le poème épique du même nom comme pour le naufragé dans L'Île du serpent Ka, l'utopie prive la mort de son pouvoir d'anéantissement et ouvre une porte pour sortir vers le jour d'après. À l'inverse, dans les deux poèmes intitulés Débat entre un homme et son Ba et Monologue du C'ur, face aux désordres et à l'anarchie du monde réel, cet idéal utopique se trouve soudain menacé d'abolition et avec lui la survie du « moi » après la mort. Nous autres, scribes modernes, l'appelons « poème », et c'est en faisant revivre au présent [nunc] ces longs et grands poèmes de l'Égypte ancienne que nous permettons à l'utopie de ne pas s'arrêter et de poursuivre sa route. (extraits de l'Avant-propos)
Nombre de pages
180
Date de parution
18/06/2026
Poids
230g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782355774522
ISBN
2355774528
Auteur
Jallet Gilles
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
141
Date de parution
20260618
Nombre de pages
180,00 €
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Les Utopiques sont le jardin de Gilles Jallet où les rêves sont très réels Les Utopiques, comme il existe Les Pythiques (Pindare), Les Bucoliques et Les Géorgiques (Virgile), Les Tragiques (Agrippa d'Aubigné), et la comparaison s'arrête là. Les textes réunis sous cette bannière appartiennent à des espaces et à des époques indéterminés, autrement dit eux-mêmes utopiques. Ils ont été construits en l'absence de tout fondement solide, et ne se soutiennent que par eux-mêmes, comme des constructions de tours dans l'espace. Mais Les Utopiques, c'est aussi la trace des dieux disparus, la perte du Numen et du Genius loci. On y chercherait en vain le rêve du lieu où habiter, d'une maison qui penche et d'un jardin suspendu. Je ne puis m'empêcher ici de penser à tous les anges pauvres de Paul Klee. Même celui qui parvient au zénith de sa plénitude est encore un ange pauvre.
Par les chemins anéantis nous ne cessons d'aller (Miklos Bokor) QUOI ? La Spirale de l'histoire s'inspire formellement des fresques éponymes que Miklos Bokor a gravées et peintes dans la chapelle de Maraden durant les années 1998-2002, ainsi que des peintures sur toile datant d'une période plus ancienne à partir de 1988, au moment où l'homme réapparaît dans sa peinture, jusqu'en 2010, l'année où il peignit son dernier tableau. Les titres des poèmes sont empruntés aux titres des tableaux ou des dessins au bistre de Miklos Bokor qui pour certains se retrouvent dans la fresque de Maraden.
Langue incomparable de la tète de mort : elle unit l'absence totale d'expression (le noir des orbites) à l'expression la plus sauvage (la grimace de la denture). (Walter Benjamin, Sens unique) 1626, Weimar : Goethe fait exhumer les ossements de son ami Schiller, mort vingt et un ans auparavant. Comme une manière de prolonger le dialogue avec lui, il place le crâne de l'illustre poète sur sa table de travail. Puisant son inspiration dans cette dépouille macabre, il rédige un magnifique poème imité de Dante, qui fait entendre l'écho de la pensée divine que recèle encore cette muse lugubre. A partir de ce trait historique, Gilles Jallet propose un parcours original dans la littérature, de Goethe à Celan, en passant par Novalis, Hölderlin, Mallarmé, Joë Bousquet, Roger Laporte et André du Bouchet, afin d'étudier cette " langue incomparable " qui, de l'intérieur, vient ruiner, briser et désintégrer, comme une tête de mort, la belle totalité et l'ordonnance harmonieuse du poème goethéen. Un essai de critique littéraire alerte et fascinant.
Jusqu'à l'arrivée des Romains, la population autochtone qui occupait l'Afrique du Nord était les Berbères, appelés Numides par les Grecs, dont les différentes tribus étaient regroupées en plusieurs royaumes indépendants et autonomes. Aux IIe et Ier siècles avant J.-C., ils furent peu à peu mêlés aux conflits qui opposèrent les Romains aux Carthaginois puis aux guerres civiles romaines qui s'achevèrent sur le territoire africain. Alliés ou ennemis des Romains, les rois numides furent amenés à participer à la conquête de l'Afrique du Nord par les Romains, au cours de laquelle s'illustrèrent les plus grands généraux qu'ait connus Rome : Scipion l'Africain vainqueur d'Hannibal, Scipion Emilien conquérant de Carthage, Marius et Sylla victorieux de Jugurtha, César qui anéantit les partisans de Pompée réfugiés sur le territoire africain. Ce sont les " vies " de ces derniers rois numides, connues uniquement par les textes des écrivains latins et grecs, qui sont évoquées dans ce livre. Syphax, Massinissa, Jugurtha, Juba I, Juba II et Ptolémée y revivent avec leurs heurs et malheurs.
Pourtant parfois quelque chose demeure dans ce qui tombe / quelque chose reste de ce qui se perdLE CONTENU. 12 Pas (De 1 à 12) suivis de Pour ne pas finir V I ICe quelque chose flottait sur les décombres, toujours se dérobant, quelque chose comme l'indéfinissable beauté au-delà des ruines d'un sacré profane qui comblait fugitivement la réalité. Un au-delà de tout, inexprimable qui tenait aux quatre coins du ciel, de la terre, des hommes absents et du grand ciel vide Cet esprit du lieu comme une buée musicale, un air coloré que je respirais.Je suis resté là longtemps. Assis et comme égaré.
Je vais à la fenêtre, avec un sac plastique, je ne sais plus, ce que je devais y mettre, alors je le tends, au ciel, vide, ou plein, ça dépend des jours".